Coup de poing

Usine Résolu d'Alma... ((Archives))

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Usine Résolu d'Alma

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François St-Gelais
Le Quotidien

La nouvelle est tombée comme un coup de masse, hier matin, en exclusivité dans Le Quotidien. Plus d'une centaine d'emplois syndiqués sont abolis à l'usine Résolu d'Alma. À quelques semaines de Noël, l'annonce fait mal. C'est un autre choc pour l'économie de l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La papeterie, rénovée au coût de plus de 200 M$ en 2004, a finalement été rattrapée par la dure réalité de l'industrie forestière. Jusqu'à maintenant, les quelque 400 travailleurs des installations almatoises avaient été épargnés par les contrecoups de la crise. Certes, une fermeture temporaire avait été confirmée pour la fin de 2012, mais l'affaire n'était pas inhabituelle. Bref, malgré les nuages noirs qui s'accumulent au-dessus de l'industrie forestière, le ciel semblait relativement dégagé au-dessus de l'usine d'Alma. La papetière faisait peu parler d'elle. C'était tant mieux... Ce qui explique que l'effet de surprise s'en trouve, aujourd'hui, décuplé.

Coûts

La direction de Produits forestiers Résolu (PFR) explique que sa décision est motivée par une nécessaire réduction des coûts d'opération de l'usine. La concurrence est forte. De nouvelles papetières viennent de reprendre du service au Québec et dans l'Atlantique. En coupant des postes syndiqués et en recourant davantage à la sous-traitance, la compagnie espère garder l'usine Alma parmi les plus rentables. Une question de survie pour l'ensemble des installations, donc.

Dans les circonstances actuelles, il est difficile de ne pas tracer de parallèle entre les coupes annoncées dans la «Cité de l'hospitalité» et le dossier de la centrale Jim-Gray. Les dirigeants de PFR, le Primois Richard Garneau en tête, se gardent bien et se garderont bien d'établir un lien direct, mais il y en a un. Le maire d'Alma, Marc Asselin, l'a d'ailleurs immédiatement évoqué, lorsqu'invité à réagir à la situation. Privée de l'énergie de son ancienne centrale, l'usine d'Alma, comme celle de Kénogami, perd un important avantage pécunier. C'est indéniable. Pour l'instant, le nouveau gouvernement Marois n'a toujours pas réglé le dossier de la reprise en charge du barrage, alors qu'il avait vertement dénoncé, sur toutes les tribunes, l'inaction du précédent gouvernement dans cette affaire. Mine de rien, il y aura bientôt un an jour pour jour que le ministre libéral Clément Gignac confirmait que la centrale Jim-Gray revenait sous le giron administratif d'Hydro-Québec, pour des motifs du reste, justifiés à l'époque. Dans les circonstances actuelles, il est certain que l'abolition de 110 postes à la papetière d'Alma met beaucoup de pression sur la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et sur le député de Jonquière et ministre poids lourd Sylvain Gaudreault. S'il y a consensus sur le fait que l'énergie doit servir au développement économique de la région, le moyen et la stratégie pour ce faire demeurent nébuleux. Ce qui vient de se produire à Alma démontre l'urgence d'agir. Jim-Gray est assurément une pièce maîtresse de la solution, d'une manière ou d'une autre. Tout comme l'est le sort du régime forestier qui doit entrer en vigueur en 2013.

Lueurs

Les coupures à l'usine d'Alma surviennent à un moment où, pourtant, des lueurs d'espoir semblaient pointer à l'horizon concernant les activités de PFR au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au cours des six derniers mois, Résolu a investi plus de 61 M$, dans la région, afin de moderniser ses infrastructures et rendre ses équipements plus efficaces, une somme appréciable dans le contexte actuel.

Quelque 20 M$ ont été débloqués pour la relance de la papetière de Dolbeau-Mistassini. PFR a ensuite investi plus de 3 M$ dans la modernisation de sa scierie de Girardville et 1,6 M$ pour améliorer les équipements des installations de La Doré. L'injection d'un autre million a été confirmée afin d'optimiser le rendement de la scierie de Saint-Thomas-Didyme. Cette série a culminé avec l'annonce d'investissements de 36 M$ pour accroître le rendement énergétique de l'usine de pâte de Saint-Félicien et remettre à niveau plusieurs équipements stratégiques. Finalement, Résolu a annoncé l'injection de 100 000$ pour faciliter la mise en place d'un programme de formation relié au domaine des pâtes et papiers au Cégep de Saint-Félicien. Le coup de poing que représentent les abolitions de poste à Alma constitue un brusque retour à l'ordre. La crise forestière n'est pas terminée. La quête de solutions durables pour assurer sa relance non plus.

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