Les vrais chiffres

La Banque Nationale versera 60 000$ annuellement, au cours des dix prochaines... ((Archives))

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François St-Gelais
Le Quotidien

La Banque Nationale versera 60 000$ annuellement, au cours des dix prochaines années, soit un montant total de 600 000$, afin d'associer son nom à la nouvelle salle de spectacles du Cégep de Chicoutimi. L'information, obtenue hier après-midi par Le Quotidien, permet de mieux juger du partenariat conclu entre Saguenay, Diffusion Saguenay et l'institution financière qui a soulevé, au cours des derniers jours, la controverse.



Irritant

Le dévoilement de la somme versée permet d'aplanir le principal irritant qui teintait le dossier. Pour des raisons d'affaires et afin d'éviter de nuire à d'autres discussions d'affaires du même ordre en cours et à venir, les dirigeants de la Banque Nationale ont initialement refusé de révéler le montant de la commandite.

Ils ne souhaitaient certainement pas mal faire, mais ils ont tout de même manifestement bien mal jugé la portée de cette décision, à un moment où la transparence est une vertu cardinale et où la moindre zone grise dans la gestion des affaires publiques soulève le doute. Ils avaient probablement aussi sous-estimé le haut degré de sensibilité de l'ensemble du dossier de la salle de spectacles de Chicoutimi.

Cet irritant disparu du dossier, les contribuables de Saguenay peuvent donc considérer le partenariat financier sur le fond. Dans les circonstances, force est d'admettre que la ville a fait une bonne affaire. La somme de 600 000$ obtenus de la Banque Nationale constitue 30% des dépassements de coûts survenus en cours de route dans le projet. C'est autant d'argent de moins à financer... auprès d'une institution financière. Et des frais d'intérêts importants épargnés.

Il s'agit donc d'un montant très appréciable qui diminue d'autant la facture que les citoyens doivent collectivement assumer. Une somme qui dépasse les partenariats similaires déjà connus au Québec, notamment à Rimouski, cas souvent cité en exemple. Bref, l'accord respecte le fait que Saguenay est une ville plus importante, dotée d'une salle de spectacles qui sera très fréquentée et forcément prestigieuse.

De même, toujours selon les informations obtenues par Le Quotidien hier, Saguenay prévoit effectivement conserver bien vivante la mémoire de monseigneur Joseph-Wilbrod Dufour en lui réservant un espace à son nom dans le Théâtre Banque Nationale. Il s'agit aussi d'un morceau important de l'affaire. Car, si on peut comprendre qu'il peut être avantageux financièrement pour la ville de vendre le nom de la salle à un commanditaire majeur, on comprend aussi les conséquences culturelles et patrimoniales d'un tel geste, lequel est loin d'être anodin.

À ce propos, il demeure que Saguenay et Diffusion Saguenay auraient dû publiciser davantage leurs démarches concernant leur recherche de commanditaires et en expliquer davantage les tenants et aboutissants. La surprise aurait été moins grande pour les citoyens plus sensibles à l'histoire, aux arts et à la culture. La contestation en aurait été d'autant diminuée. La même démarche aurait dû être appliquée quant au sort réservé à la mémoire de Mgr Joseph-Wilbrod Dufour.

Émulation

Une fois la poussière retombée, il sera intéressant de voir si la confirmation de la commandite de la Banque Nationale aura un effet d'entraînement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Rares sont les grandes entreprises, sociétés et multinationales qui investissement massivement hors des grands centres urbains. Même les sociétés d'État comme Loto-Québec et la SAQ sont plutôt absentes du milieu régional des commandites majeures.

Au chapitre de la grande entreprise, il y a bien sûr, Rio Tinto Alcan qui continue à donner des sommes importantes à une foule d'organismes et causes régionales et qui constituent toujours le plus grand citoyen corporatif du «Royaume». Citons aussi le Mouvement Desjardins toujours présent et qui notamment, dans le cadre de la grande campagne de financement 2008-2013 de l'UQAC, a versé 1,5 M$ pour accoler le nom de Pavillon Alphonse-Desjardins au Pavillon des Humanités.

À cet égard, l'initiative de la Banque Nationale est donc rafraîchissante. Enfin de l'argent neuf provenant d'un nouveau commanditaire national injecté dans les régions! En cette période de crise économique, le geste est donc, au final, porteur.

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