Dans le contexte actuel, la position du maire Tremblay se défend aisément.
Frein
À Saguenay, même moyennant un coût minime, l'instauration d'une forme de stationnement public payant ne peut que constituer un frein à la fréquentation du secteur concerné. Les automobilistes sont désormais habitués à se garer partout librement, à Saguenay et dans la région, sans acquitter de facture, aussi minime soit-elle. Nul doute qu'un retour en arrière aurait pour effet d'inciter les consommateurs, voire les simples promeneurs qui aiment flâner dans le centre-ville de Chicoutimi, à aller ailleurs.
Cela est d'autant plus vrai que, dans la capitale régionale, il ne faut guère que quelques minutes pour se rendre, peu importe où l'on se trouve, dans un centre commercial aux «parkings» vastes et totalement gratuits! Et, le transport en commun n'étant pas aussi efficace et développé que dans les grandes métropoles, pour des raisons du reste très faciles à comprendre, il n'est pas réaliste de croire qu'advenant le retour des parcomètres, les habitués du coin troqueront simplement leur voiture pour l'autobus...
Par conséquent, réinstaurer des stationnements payants dans le centre-ville de Chicoutimi, ou dans tout autre centre-ville de Saguenay, ne ferait que torpiller les nombreux efforts et les sommes importantes investies au cours des dernières années afin, justement, de leur redonner un nouveau souffle et un nouvel achalandage.
Ce serait d'autant plus néfaste dans le cas chicoutimien, alors que le processus de revitalisation vient à peine de s'enclencher effectivement sur le terrain, mettant un terme à une bien trop longue attente.
Les premiers appels d'offres concernant la construction de la Place du citoyen, infrastructure qui deviendra la pierre angulaire du «nouveau» centre-ville, viennent en effet à peine d'être lancés. Le projet de quelque 10 M$ prévoit dès l'an prochain la construction d'un espace public entre l'hôtel de ville et la bibliothèque municipale, l'installation d'un écran géant haute technologie et d'une patinoire en hiver, ainsi que l'implantation d'un pavillon de services que l'on souhaite particulièrement audacieux au plan architectural. Une passerelle sera aussi érigée au-dessus du boulevard Saguenay afin de relier physiquement la zone portuaire et le bas de la rue Racine, facilitant ainsi la circulation des piétons entre ces deux pôles.
Sans compter que, dans le «bas» de la Racine, des promoteurs privés investissent actuellement des millions afin d'implanter de nouveaux services, de nouveaux condos et de nouveaux résidants. Bref, d'y donner un tout nouveau coup d'oeil.
Ce qu'il faut viser, du moins à court et moyen terme, c'est donc de rendre le plus accessible possible l'ensemble du centre-ville plutôt que d'en restreindre ou d'en contraindre l'accès.
Accessibilité
Dans cette optique, Saguenay doit donc, tout en rendant la rue Racine attrayante, notamment pour les piétons, s'assurer que le secteur demeure aussi accessible qu'actuellement aux automobilistes. La zone portuaire comporte déjà beaucoup d'espaces de stationnements gratuits. L'aménagement minimal des terrains de l'ancienne zone ferroviaire permettrait facilement d'en ajouter d'autres, en attendant que cet espace unique tourné vers la rivière Saguenay trouve une autre vocation plus structurante.
Il faudra également que la ville s'assure de maintenir dans un état acceptable les stationnements à étages qui ceinturent la rue Racine et qui sont particulièrement pratiques.
Tout cela nécessite évidemment des sommes considérables, mais ces mesures sont nécessaires pour assurer le développement du secteur et en générer des retombées concrètes. Un jour, peut-être, l'achalandage sera tel qu'il faudra absolument trouver des moyens pour gérer l'affluence dans les stationnements gratuits du centre-ville. Peut-être même faudra-t-il alors les rendre payants! Ce sera alors un heureux problème à résoudre et la preuve d'un dynamisme renouvelé et d'une transformation réussie.