Mettre la table !

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«Indépendamment de la météo et de la saison, la prochaine campagne promet d'être très chaude. En raison des enjeux qui seront débattus, certes, mais aussi parce que les plus récents sondages prédisent une lutte à trois serrée. Également parce que les trois principaux chefs en lice, Jean Charest, Pauline Marois et François Legault, y joueront leur avenir politique respectif.»

Photothèque Le Soleil

 

François St-Gelais
Le Quotidien

La table est mise, au SaguenayLac-Saint-Jean, pour le déclenchement des prochaines élections provinciales. Le dévoilement, hier soir, des candidats régionaux du Parti libéral, effectué par le premier ministre Jean Charest en personne, dans le magnifique décor de La Pulperie de Chicoutimi, constitue un indice incontestable, s'il en fallait un autre, que les citoyens du Québec seront convoqués aux urnes incessamment. Probablement dès demain !

Indépendamment de la météo et de la saison, la prochaine campagne promet d'être très chaude. En raison des enjeux qui seront débattus, certes, mais aussi parce que les plus récents sondages prédisent une lutte à trois serrée. Également parce que les trois principaux chefs en lice, Jean Charest, Pauline Marois et François Legault, y joueront leur avenir politique respectif.

Évidemment, les débats aussi houleux qu'émotifs entourant la question des frais de scolarité ne pourront être occultés. Y compris sur la scène régionale, même si, ici, ce dossier a soulevé nettement moins de vagues qu'ailleurs au Québec.

Intérêt

La perception populaire veut que la tenue d'élections en pleine saison estivale ne suscite pas d'intérêt et constitue presque une hérésie. Dans le contexte actuel et compte tenu du bouillonnement social des derniers mois, cette perception risque d'être mise à mal ! Belle température ou non, les électeurs québécois n'ont aucune raison, aucune défaite, pour ne pas suivre attentivement le déroulement de la prochaine campagne.

Au SaguenayLac-Saint-Jean, les motifs pour s'y intéresser de près ne manqueront pas, outre la grogne étudiante. La toujours pénible relance de l'industrie forestière, les pertes d'emplois et d'expertise industrielle engendrées notamment par la fermeture de l'usine Novelis et les difficultés liées à la pérennité et l'expansion de la deuxième et troisième transformation de l'aluminium représenteront des enjeux incontournables.

Les formations politiques en lice devront aussi livrer leur vision du développement régional et leur intention en matière de décentralisation, de développement du Nord et de gestion des ressources naturelles, des réalités intimement liées, justement, au développement des filières régionales du bois et du métal gris et donc à la création d'emplois de qualité et à la vitalité de l'occupation du territoire régional.

De manière encore plus précise, les électeurs du Saguenay Lac-Saint-Jean voudront connaître, avec détails et précision, comment les candidats de chaque parti envisagent leur collaboration future avec Produits forestiers Résolu, incontournable géant industriel régional, particulièrement dans l'épineux dossier de reprise en charge par le gouvernement de la centrale Jim-Gray et des retombées qui en découlent.

Candidats

En prévision de ce scrutin estival, les trois principaux partis en lice, le PLQ, le PQ et la CAQ, n'ont pas ménagé leurs efforts afin de présenter des candidats de renom. Sur la scène nationale, les trois formations ont réussi des prises de choix. La décision du médecin Gaétan Barrette de faire le saut pour la Coalition avenir Québec a suscité bien des réactions !

Sur la scène régionale, le PQ, qui détient déjà quatre des cinq comtés, a ajouté une forte pointure dans Dubuc avec la candidature de Jean-Marie Claveau. Le duel entre ce dernier et le ministre sortant Serge Simard, élu en 2008 par 424 voix de majorité, sera à suivre de près. Avec l'arrivée de Carol Néron et de Jeannot Boulianne et le retour sur les rangs du maire de Dolbeau-Mistassini, Georges Simard, les libéraux peuvent aussi compter sur une équipe de candidats bien implantés dans leur milieu respectif.

Des trois « grands » partis, seule la CAQ ne présente pas encore une équipe complète de candidats régionaux, n'ayant toujours pas de porte-couleur confirmé dans Roberval. Au SaguenayLac-Saint- Jean, où l'ADQ n'a jamais réussi à s'immiscer dans la lutte à deux entre libéraux et péquistes, et encore moins à implanter des organisations solides, les troupes de François Legault partent de loin.

Au fédéral, la vague orange a toutefois démontré que les électeurs de la région sont sensibles aux mouvements qui affectent l'électorat « national ». Le SaguenayLac-Saint-Jean n'est pas à l'abri des sauts d'humeur politique. En fin de compte, la qualité des campagnes menées par chacun des trois principaux chefs pèsera très lourd dans les urnes saguenéennes et jeannoises.

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