En campagne

«En enregistrant un communiqué vidéo afin de déplorer... (Photo Jeannot Lévesque)

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«En enregistrant un communiqué vidéo afin de déplorer ce geste isolé, et en donnant une connotation politique à cette affaire en s'en prenant, par la bande, à ses opposants, le maire a jeté inutilement de l'huile sur le feu et leur a fourni une vitrine pour se glisser dans l'actualité, qui tourne au ralenti en cette période de vacances.»

Photo Jeannot Lévesque

 

François St-Gelais
Le Quotidien

Il n'y a pas que sur la scène provinciale que l'on se prépare fiévreusement à une campagne électorale enflammée. À Saguenay, le maire Jean Tremblay a visiblement le couteau entre les dents et fourbit également, déjà, ses armes en vue du scrutin municipal de novembre 2013.

Ce constat explique vraisemblablement pourquoi le premier magistrat a réagi avec autant d'éclat à la découverte, en début de semaine, d'un graffiti peu élogieux à son endroit dessiné sur un mur de la bibliothèque publique de Chicoutimi. Pour lui, la campagne est déjà lancée !

Portée

Le graffiti peint à proximité de l'hôtel de ville de la rue Racine était assurément l'oeuvre d'un quelconque délinquant en manque de sensation forte. Après tout, même si les murs de la capitale régionale sont relativement épargnés par ce genre de méfaits, même si Saguenay a eu l'excellente idée de réserver des endroitsspécialement dédiés aux manifestations de ce genre d'art urbain, il reste que l'apparition de graffitis, ça et là, n'est pas chose si rare à Saguenay. Le phénomène s'est d'ailleurs reproduit au centre- ville de Chicoutimi dans les jours suivants la découverte de ce premier dessin. Un autre graffiti à connotation politique, plusvague cependant quant à sa cible, a notamment été tracé à l'avant du Palais de justice.

En enregistrant un communiqué vidéo afin de déplorer ce geste isolé, et en donnant une connotation politique à cette affaire en s'en prenant, par la bande, à ses opposants, le maire a jeté inutilement de l'huile sur le feu et leur a fourni une vitrine pour se glisser dans l'actualité, qui tourne au ralenti en cette période de vacances.

Car l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), qui forme actuellement la seule véritable opposition structurée à Saguenay, s'est évidemment sentie directement attaquée par la sortie de Jean Tremblay, et a aussi réagi avec vigueur.

En lui-même, le graffiti, très rapidement effacé du reste, constituait un fait divers relativement anodin. Il a été traité comme tel par les médias. L'histoire s'arrêtait là et serait arrêtée là si le maire n'avait pas décidé de réagir avec autant d'emportement.

Ceci étant dit, on ne saurait reprocher au maire de défendre sa réputation bec et ongles. C'est normal et très compréhensible, surtout dans le contexte actuel, où l'ensemble de la classe politique, peu importe le palier, est attaqué de toutes parts et cible d'allégations diverses.

Jean Tremblay et son entourage politique ont d'ailleurs bien fait de porter plainte à la Sécurité publique de Saguenay et d'exiger qu'une enquête officielle soit ouverte.

Si tracer des graffitis ne constitue pas un crime violent comme on l'entend traditionnellement, cela ne veut surtout pas dire que ces gestes doivent être banalisés ou tolérés. À plus forte raison lorsque ces oeuvres représentent des attaques personnelles et obligent la ville à dépenser des fonds publics pour procéder au nettoyage.

Avant-goût

Ce fait divers constitue néanmoins le point de départ de la campagne électorale municipale de novembre 2013 dans la capitale régionale et fournit un avant-goût du ton que celle-ci adoptera. Jean Tremblay est un politicien redoutable, un guerrier de la chose publique, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Visiblement, il ne compte pas baisser sa garde même si sa première élection à la mairie, à Chicoutimi, date de 1997. Il a encore le goût de se battre.

On peut aussi déjà saisir qu'à cette époque de médias sociaux omniprésents et de rectitude politique exacerbée, le maire ne compte pas changer son style direct et tomber dans les faux-fuyants et la rectitude politique.

Ce style est du reste à l'origine de sa popularité, encore confirmée récemment par un sondage réalisé pour Le Quotidien/Progrès-Dimanche par la firme Segma Recherche. Sur la scène municipale, les citoyens du Saguenay, et d'ailleurs au Québec, apprécient les maires présents, qui gèrent étroitement les grands dossiers. Évidemment, cette implication et cette exposition publique peuvent s'avérer un couteau à deux tranchants...

Avec l'ensemble des festivités liées au 175e anniversaire du Saguenay Lac-Saint-Jean et la tenue d'élections municipales, 2013 sera certes fertile en action.

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