Selon les informations rendues publiques la semaine dernière, en point de presse, par Rio Tinto Alcan, les entreprises du Saguenay Lac-Saint-Jean ont ainsi obtenu la moitié des retombées économiques directes engendrées par les travaux, soit une somme évaluée à près de 570 M$. C'est davantage que les estimations les plus optimistes faites au moment d'inaugurer le chantier. Toujours selon le bilan dressé par RTA, pas moins de 70% des quelque 4500 travailleurs qui ont oeuvré jusqu'à présent sur le site de la future aluminerie sont originaires de la région.
C'est donc dire que le projet AP60 a constitué, pour le SaguenayLac-Saint-Jean, un véritable moteur économique. D'ailleurs, l'avancement continu des travaux n'est sans doute pas étranger au fait que le nombre d'heures travaillées, dans le secteur régional de la construction, a atteint dernièrement des sommets.
Retombées
Les retombées directes engendrées par la construction de l'usine pilote de Jonquière sont majeures et ont représenté une véritable bouffée d'air frais pour l'économie saguenéenne et jeannoise, et ce, à une période pour le moins mouvementée et marquée par la crise.
Pourtant, les principales retombées, celles qui seront vraisemblablement les plus structurantes, à long terme, pour la région, résident bien au-delà des chèques émis par RTA. Elles se trouvent davantage dans l'expertise, dans la somme d'expérience récoltée par les entrepreneurs et les travailleurs qui ont oeuvré, et qui oeuvreront encore au moins jusqu'en 2013, à la construction de l'aluminerie la plus moderne du monde.
De nombreuses firmes d'ici, dans tous les domaines, sont désormais en excellente position pour obtenir les prochains contrats visant la construction d'alumineries utilisant la technologie de pointe développée par RTA. Cela augure bien pour les prochaines phases de l'aluminerie pilote jonquiéroise, qui seront éventuellement lancées. Cela augure bien, également, pour l'avenir à plus long terme. Car si tout se déroule selon les plans, la technologie AP60, une fois «testée» sous toutes ses coutures dans la région, sera certainement implantée par la multinationale ailleurs dans le monde. Une occasion en or, pour les entreprises du SaguenayLac-Saint-Jean, de récolter d'autres juteuses retombées économiques grâce à leur longueur d'avance en rapport avec cette technologie.
Partenariat
Un vieil adage souligne qu'il vaut toujours mieux apprendre à quelqu'un à pêcher plutôt que de se contenter de lui fournir du poisson. La parabole s'applique à la relation que doit entretenir la région avec Rio Tinto Alcan. La multinationale offre d'excellents emplois bien rémunérés et elle doit certes continuer à le faire en échange des avantages qu'elle retire de l'exploitation des richesses naturelles locales.
Mais surtout, RTA offre à la région, via ses usines, ses centrales hydroélectriques et ses centres de recherche, la possibilité de développer des expertises uniques et de se donner des avantages comparatifs industriels, technologiques et scientifiques, à l'échelle internationale, dans à peu près toutes les sphères d'activités liées à l'aluminium.
Le SaguenayLac-Saint-Jean a su, au fil des ans, profiter de cet avantage puisque pratiquement toutes les alumineries du monde se construisent aujourd'hui avec une touche de «bleuet». Des équipementiers et des firmes d'ici sont actifs partout sur le globe. La région compte des centres de recherche de pointe. Il s'agit d'un héritage majeur qui s'ajoute aux emplois et aux retombées directes générés par RTA dans ses installations saguenéennes et jeannoises. Et cet héritage va croissant. La preuve, les entrepreneurs régionaux n'avaient obtenu qu'environ le quart des retombées reliées à la construction de l'aluminerie d'Alma, érigée au tournant du millénaire.
Grâce au chantier de l'AP60, construit au coeur de la région, l'avenir du Complexe Jonquière s'annonce prometteur. Et, surtout, la région profite d'une occasion unique pour conserver sa position privilégiée sur l'échiquier mondial du métal gris. À elle d'en profiter pleinement