Le tribunal du peuple s'est déjà prononcé

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«Ce dossier hypermédiatisé n'a pas eu raison du conseiller. Non seulement il a été réélu, mais il a battu Daniel Bindley. Et ce dernier n'est pas n'importe quel quidam. Il est le conjoint de Mireille Jean, celle-là même qui s'était présentée contre Jean Tremblay, aux élections de 2005. Louis-Philippe Thibault a aussi perdu ses élections à l'échevinage.»

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Catherine Delisle
Le Quotidien

Le conseiller municipal, Jacques Fortin, et sa conjointe, Hélène Girard, n'ont peut-être pas payé assez cher le terrain du boulevard Renaud, mais l'argent économisé s'est transformé en méchant paquet de troubles.

Voilà que deux contribuables, Louis-Philippe Thibault et Daniel Bindley, ont décidé d'en découdre une fois pour toutes avec le conseiller Fortin. Cette semaine, ils sont revenus à la charge en déposant en Cour supérieure une requête visant à annuler le contrat de vente du terrain. Ils ont mentionné l'article 304 de la loi sur les élections et les référendums.

Leur objectif, en plus de retirer le terrain à Jacques Fortin et à sa conjointe, vise à le rendre inhabile à siéger comme conseiller municipal.

Le maire Jean Tremblay fulmine. Depuis New York où il est en vacances, il a quand même accordé une entrevue au journaliste Stéphane Bégin. C'est dire à quel point il est furieux. Il n'a pas tort. En tout cas, sur le plan monétaire. Car cette poursuite sera payée par les contribuables.

Le maire prévoit déjà des dépenses d'au moins 100 000 $, voire 200 000 $. Selon une disposition de la loi des Cités et villes, quand un conseiller est attaqué sur son aptitude à siéger, la municipalité doit le défendre.

Motivations

La question, maintenant, est de savoir quelles sont les vraies motivations de MM Thibault et Bindley? Le ministère des Affaires municipales a étudié le dossier et il en est arrivé à la conclusion que le processus d'achat a respecté la loi. Le terrain, rappelons-le, a été acheté de la ville au coût de 23 400 $, en 2006, alors que la municipalité a déboursé 60 000 $ quelques années auparavant pour l'acquérir.

Il y a eu au moins deux pétitions initiées par des citoyens: l'une demandant au conseiller de payer un prix plus juste pour le terrain, l'autre exigeant la restitution du terrain et la démission du conseiller. Les élections municipales de 2009 ont donc été enclenchées sur fond de crise pour Jacques Fortin.

Ce dossier hypermédiatisé n'a pas eu raison du conseiller. Non seulement il a été réélu, mais il a battu Daniel Bindley. Et ce dernier n'est pas n'importe quel quidam. Il est le conjoint de Mireille Jean, celle-là même qui s'était présentée contre Jean Tremblay, aux élections de 2005. Louis-Philippe Thibault a aussi perdu ses élections à l'échevinage.

Les contribuables ont tranché. Ils ont voté en connaissant les tenants et aboutissants de toute l'affaire. De toute évidence, cette nouvelle intervention ressemble davantage à de l'agressivité mal gérée et à une amertume politique qu'à une réelle volonté de défendre les intérêts des contribuables.

Animosité

L'ennui, c'est que Jacques Fortin et sa conjointe ont aussi carburé au ressentiment en intentant des poursuites judiciaires contre André R. Gauthier, du Mouvement Chicoutimi-Saguenay, Pierre-Luc Desmeules, de Vision Nouvelle, Christian Joncas, du Regroupement des citoyens, et Laval Gagnon. En agissant ainsi, Jacques Fortin a pensé, à tort, qu'il musellerait les citoyens.

Or, la juge Suzanne Ouellet a rejeté la poursuite, faisant ainsi triompher la liberté d'expression et d'opinion. Mais à quel prix! C'est André R. Gauthier et le Mouvement qui ont assumé les coûts, les autres n'ayant pas embauché d'avocat, faute d'argent. Même que les membres ont paniqué et déserté le regroupement.

Or, ce sont les médias qui ont dévoilé toute l'affaire, les citoyens étant donc le maillon faible. Jacques Fortin le savait. Il s'est attaqué à eux quand même plutôt qu'aux médias. Il pensait qu'il aurait la partie facile. N'eût été André R. Gauthier qui a engagé un avocat, les citoyens auraient été incapables de lutter à armes égales.

Cela dit, peut-être y a-t-il matière à entreprendre des procédures. Certes, il n'est pas déraisonnable de se demander si le couple a payé un juste prix pour le terrain et si le conseiller a bénéficié de certains privilèges auquel cas sa démission pourrait être exigée. Ce sera à un juge d'en décider.  

MM Thibault et Bindley ont le droit de penser que le couple Fortin-Girard a un comportement éthique et moral plutôt élastique. Ils peuvent aussi persister dans leurs récriminations et ainsi tenter de se faire du capital politique.

Mais, n'oublions pas qu'il y a déjà un tribunal qui s'est prononcé. Celui du peuple. Et il a réélu Jacques Fortin et battu son adversaire, Daniel Bindley. Louis-Philippe Thibault a aussi mordu la poussière devant Marcel Jean, un autre candidat du maire.

CLIN D'OEIL

Revenons-en!

Québécois, Québécoise, travailleur, travailleuse, étudiant, étudiante, enseignant, enseignante... Avec les élections qui s'en viennent, on n'a pas fini d'entendre les politciens tout mettre au féminin. Va-t-on en revenir. Pu capable!

Réagissez:cdelisle@lequotidien.com

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