Signes
Tous les partis politiques multiplient les signes de préparation électorale. Le premier ministre a lancé une campagne de promotion de son bilan et de sa vision de la gestion de la crise étudiante. La chef péquiste Pauline Marois a répliqué de la même façon, soucieuse de ne pas céder un pouce sur le terrain. Elle a même profité de l'occasion pour se débarrasser de son carré rouge avant la pause estivale. La Coalition avenir Québec multiplie les annonces de candidature. De son côté, Québec solidaire a déjà lancé publiquement, à titre de ballon d'essai, l'idée de former un genre de pacte de non-agression pour éviter que des candidats d'envergure d'allégeance souverainiste ne se fassent la lutte et ne se nuisent mutuellement dans des comtés chauds de la province.
Bref, tout le milieu politique sera prêt à découdre en campagne électorale dès la fin du mois d'août. Et, une fois les machines électorales bien huilées et sous pression, le moindre prétexte devient le bon pour déclencher les hostilités.
Toutes formations politiques confondues, c'est cependant un groupe d'élus et de candidats affaiblis qui s'apprêtent à se livrer la prochaine bataille électorale. Aucun chef politique, aucun député ne sort réellement grandi de la crise étudiante qui s'est enlisée et qui est devenue, pour plusieurs groupes de militants sociaux, un moyen de réclamer ce fameux changement, souhaité apparemment par tous mais bien difficile, finalement, à définir et à rendre tangible...
La preuve, aucun des grands chefs de parti en lice ne s'impose dans l'opinion publique comme le meilleur prochain premier ministre, ce qui est hautement révélateur. À peu près tous les sondages effectués au cours des derniers mois l'ont démontré. Malgré la tourmente, Jean Charest peut encore prétendre obtenir un autre mandat. Pauline Marois, qui devrait apparaître comme la solution de rechange «officielle» pour le poste, ne se démarque pas. Pas plus, du reste, que la chef coalisé François Legault, lequel, finalement ne semble plus incarner le changement avec un grand «C» comme il c'était le cas l'hiver dernier.
Ce constat est clairement visible au SaguenayLac-Saint-Jean, où le dernier sondage Segma Recherche-Le Quotidien a démontré que le Parti libéral et le Parti québécois sont au coude à coude dans les intentions de vote, et que la CAQ ne parvient pas à prendre son envol. Cette perspective de lutte à deux n'a rien d'étonnant; la défunte ADQ n'a jamais su s'imposer dans la région. Alors, à moins d'une forme de «vague orange caquiste» bien improbable, oubliez toute chance de percée...
Bourbier
D'une perspective régionale, le bourbier dans lequel la classe politique s'est enlisée mine la crédibilité de l'ensemble des élus. Les débats se sont polarisés entre les tenants du gel et du dégel... Aucune solution novatrice n'a été soulevée. Pas d'avenue nouvelle ou audacieuse non plus. Aucun parti n'a vraiment su prendre la pôle, se démarquer, frapper les électeurs, montrer une nouvelle voie à suivre. Occasion manquée!
Ainsi, dans une région comme le SaguenayLac-Saint-Jean, relativement épargnée par la crise étudiante, le fameux carré rouge est devenu un boulet lourd à porter, parce qu'il ne profite pas plus à l'opposition qu'au gouvernement contre lequel il est arboré.
Pauline Marois l'a bien compris en le remplaçant la semaine dernière par une fleur de lys. Cela crée quelques remous, mais, au retour des vacances d'été, après la saison des partys et des BBQ, la controverse sera moins forte... juste à temps pour la campagne électorale.
Une campagne qui se dessine à forte saveur nationale et dans laquelle les enjeux et les préoccupations régionales risquent malheureusement fort d'être difficiles à insérer.