Le troisième volet du sondage exclusif Segma Recherche-Le Quotidien, publié mardi dans nos pages, démontre que le maire Tremblay est toujours bien en selle, dix ans après la fusion municipale de 2001. Le coup de sonde révèle également qu'après avoir significativement fléchis, l'an dernier, ses appuis sont aujourd'hui revenus au degré de confort auxquels le premier magistrat s'est habitué au fil des ans.
Jeunes
Élément particulièrement intéressant, le sondage démontre, pour une première fois, que les appuis au maire Tremblay se vérifient autant chez les aînés que chez les plus jeunes contribuables. Près de 35% des 18-24 ans se disent ainsi très satisfaits de son travail. Au sein des 75 ans et plus, ce taux atteint 41%. La thèse voulant que le maire Tremblay soit d'abord le choix des baby-boomers et n'ait pas de «relève politique», souvent évoquée, ne semble donc pas se vérifier.
Fait également hautement significatif, le coup de sonde a été effectué alors que plusieurs mauvaises nouvelles économiques venaient d'éclore dans l'actualité. Dans ce contexte moins favorable, les scores récoltés par le premier magistrat sont d'autant plus évocateurs.
À la lumière des données du sondage, force est donc de constater que le changement de ton à l'hôtel de ville et la nouvelle approche adoptée par le maire depuis environ un an portent leurs fruits. En 2011, à l'issue d'un coup de sonde aussi effectué pour Le Quotidien par Segma Recherche dans le cadre du 10e anniversaire de Saguenay, les appuis à Jean Tremblay avaient atteint un creux. C'était l'époque des «grands procès» perdus par la ville. Le ton à la mairie était nettement plus vindicatif, les sorties du premier magistrat souvent intempestives. Il a parfois été son pire ennemi...
Depuis, le maire Tremblay a choisi d'adopter une nouvelle approche. Saguenay a dévoilé des plans de développement économique et lancé plusieurs chantiers d'envergure destinés à mettre à niveau ses grandes infrastructures comme le port de Grande-Anse et l'aéroport de Bagotville. Il a aussi amorcé les travaux de modernisation du centre-ville de Chicoutimi, très attendus, effectué quelques tournées à l'étranger et lancé des projets inusités mais porteurs, comme celui de la «redécouverte» de la source d'eau de Laterrière. Saguenay, dans ce dossier, aura le mérite d'avoir commandé les premières études d'envergure concernant la capacité de la nappe à alimenter efficacement une ville de 160 000 habitants. Après s'être préoccupé du passé et de réussir la fusion, le maire donne l'impression de se préoccuper davantage de l'avenir et de chercher à doter la ville d'une nouvelle vision. Tant mieux car sur le plan économique, les besoins sont criants compte tenu du contexte difficile des derniers mois.
Convaincre
Outre les défis engendrés par le nécessaire repositionnement économique de la capitale régionale, le maire devra aussi convaincre ses citoyens que l'état des infrastructures routières et du réseau d'aqueduc et des égouts municipaux sont en bon état et ont bien reçu toute l'attention nécessaire. Depuis quelques années, les principales critiques adressées à l'hôtel de ville, notamment par l'Équipe du renouveau démocratique, concernent justement le degré d'entretien de ces équipements vitaux. Si les élus municipaux doivent avoir une vision d'avenir claire, ils ne doivent pas pour autant oublier de s'attaquer aux nids-de-poule!
Le sondage Segma confirme également que le modèle de gestion prôné par Jean Tremblay plaît toujours aux électeurs. À l'image de Régis Labeaume, le maire de Saguenay a choisi d'occuper toute la place disponible sur la scène publique municipale et de gérer directement tous les dossiers d'importance. Cela demeure un couteau à double tranchant. Les succès rapportent gros dans l'opinion publique, mais les échecs plombent d'autant plus durement... Manifestement, Jean Tremblay manie habilement ce couteau. Sa méthode plaît, et même si les prochaines élections sont encore loin, il apparaît qu'il a sa destinée politique bien en main.