Une entente après 15 ans, ce n'est pas trop tôt!

«Essentiellement, l'Hôpital de Chicoutimi  offre les services d'un... (PHOTO: LOUIS TREMBLAY, ARCHIVES LE QUOTIDIEN)

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«Essentiellement, l'Hôpital de Chicoutimi  offre les services d'un chirurgien général à l'Hôpital de Jonquière sur la base de cinq jours par semaine, de 8h à 16h. Les activités se traduisent par une journée ou deux au bloc opératoire pour couvrir les services de chirurgie générale ambulatoire, deux à trois jours d'endoscopie digestive haute et basse et un jour de consultation et de suivi à la clinique externe.»

PHOTO: LOUIS TREMBLAY, ARCHIVES LE QUOTIDIEN

Catherine Delisle
Le Quotidien

Il n'y a plus grand monde qui croyait qu'une entente de service finirait par être signée entre les hôpitaux de Chicoutimi et de Jonquière, tant ils se sont comportés en frères ennemis. Même si les médecins gardent en mémoire un certain événement entourant les déboires d'un anesthésiste (toujours en poste, d'ailleurs), cet épisode ne constitue plus un irritant. C'est disparu de l'écran radar.

L'offre de service a été signée sans couteau sous la gorge et plus personne ne risque apparemment de glisser sur les pelures de banane. L'harmonie est revenue. Nous pouvons certes parler d'une entente historique gagnante pour les patients.

Essentiellement, l'Hôpital de Chicoutimi  offre les services d'un chirurgien général à l'Hôpital de Jonquière sur la base de cinq jours par semaine, de 8h à 16h. Les activités se traduisent par une journée ou deux au bloc opératoire pour couvrir les services de chirurgie générale ambulatoire, deux à trois jours d'endoscopie digestive haute et basse et un jour de consultation et de suivi à la clinique externe.

Le chirurgien répondra aux demandes des médecins de l'urgence. Il pourra participer, par exemple, aux cliniques du sein et à des activités d'enseignement. Dans le cas d'une chirurgie urgente nécessitant une hospitalisation, le patient sera transféré rapidement à Chicoutimi aux soins du chirurgien de garde.

Selon toute apparence, cette entente en chirurgie générale, dont le travail logistique reste encore à finaliser, serait le début d'une fructueuse collaboration appelée à se poursuivre avec l'Hôpital de Jonquière, notamment en radiologie et en gynécologie obstétrique (excluant les accouchements).

Résolution de problème

Plusieurs facteurs expliquent ce dénouement aussi inattendu, pour la population, qu'espéré. D'abord, le gouvernement a abandonné l'idée de fusionner les hôpitaux. Avec l'entente de complémentarité qui avait dépouillé Jonquière de sa pédiatrie, de sa gynécologie, de ses accouchements... les sensibilités, dans les années 1996-97 et suivantes, sous le gouvernement du Parti québécois, étaient à fleur de peau. D'un côté, l'Hôpital de Jonquière défendait sa culture locale avec insistance et l'Hôpital de Chicoutimi sa culture locale et régionale avec tout autant de détermination.

Ensuite, les acteurs des deux hôpitaux ont changé: nouveaux conseils d'administration et nouvelles directions. Le plan d'effectifs médicaux (PREM) en chirurgie, à Chicoutimi, qui prévoit 11 chirurgiens, en compte maintenant neuf, ce qui permet plus aisément de soutenir l'établissement de santé voisin où le recrutement est laborieux parce qu'il ne se fait que de la chirurgie ambulatoire. L'hôpital régional est un des établissements qui recrute le plus au Québec.

Il faut dire que l'augmentation du nombre d'admissions en médecine ces dix dernières années crée un climat favorable en spécialité.

Mais aussi, les directeurs généraux, en compagnie de leur collègue de l'Agence de santé, sont parvenus à rétablir le dialogue et à réfléchir sur la manière de mettre en place un réseau régional amélioré dans le respect des budgets.

Nouvelle vision

Pendant des années, des actions tout aussi polluantes que politiques doublées de conflits de personnalité ont fait perdre de vue l'enjeu principal qui était d'augmenter l'efficacité du système de santé sur le territoire du Saguenay. Et cela, au bénéfice des patients.

L'arrivée de nouvelles figures dans l'environnement hospitalier et une mission universitaire accentuée créent un momentum pour développer le travail en réseau ainsi que de nouveaux partenariats, non seulement avec l'Hôpital de Jonquière, mais avec d'autres établissements de santé de la région.

Le beau côté de la chose, c'est que cette nouvelle philosophie d'intervention, dans un souci de concertation, ne brime en rien le sentiment d'appartenance de chaque hôpital. Plus encore, elle favorise une plus grande autonomie régionale. Les patients seront gagnants sur toute la ligne.

Réjouissons-nous! Les chicanes de clocher semblent faire partie du passé.

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