Les bons côtés

«Plus que jamais, la clé, tant pour l'Usine... (Photo Mariane St-Gelais)

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«Plus que jamais, la clé, tant pour l'Usine Lapointe que pour l'industrie locale, c'est de mettre au point des produits uniques dont les propriétés sont suffisamment attrayantes et novatrices pour compenser les coûts de transport plus élevés et les assauts de la concurrence internationale.»

Photo Mariane St-Gelais

 

François St-Gelais
Le Quotidien

La vente de l'Usine Lapointe de Jonquière, et de l'ensemble de la division « Câble « d'Alcan, au groupe américain General Cable Corporation (GCC), la semaine dernière, a soulevé l'inquiétude au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des inquiétudes bien légitimes, du reste, compte tenu de l'accumulation de mauvaises nouvelles dans le secteur de l'industrie lourde dans la région et du coup de tonnerre survenu à l'Usine Novelis. C'est bien connu, chat échaudé craint l'eau froide!

Maintenant que la poussière commence à retomber, certains aspects positifs de la vente de l'Usine Lapointe commencent à émerger. Après avoir considéré le verre comme à moitié vide, il convient maintenant de se dire qu'il est également à moitié plein, et d'agir en conséquence...

Transition

L'achat des installations de la rue Neuville par la GCC marque en effet la fin de la période de transition, voire d'incertitude, pour les travailleurs de l'usine. Il faut en effet prendre en compte dans la réflexion que l'usine est en vente depuis cinq ans. Une longue période durant laquelle, et c'est logique, peu d'investissements importants et structurants ont été consentis. Une longue période, somme toute d'incertitude.

Les travailleurs et les dirigeants de l'Usine Lapointe, et par ricochet les élus et les citoyens de la région, savent désormais à quoi s'en tenir. Ils connaissent l'identité du nouveau propriétaire. Ils peuvent donc préparer leur stratégie en conséquence.

À cet égard, les élus de la région auraient intérêt à se montrer dès maintenant proactifs. Pourquoi ceux-ci n'adopteraient-ils pas la même stratégie que dans le dossier Novelis? Pourquoi ne se rendraient-ils pas, dès maintenant, au Kentucky, afin de rencontrer les grands dirigeants de la General Cable Corporation? Pourquoi ne pas établir des ponts positifs immédiatement, une ligne de communication efficace? Il vaut mieux prévenir que guérir...

Évidemment, l'organisation d'une telle opération aurait été inimaginable il y a quelques années à peine. La tenue d'activité séduction auprès des grandes entreprises pour préserver des emplois industriels de qualité dans une région réputée pour la qualité et pour l'abondance de sa main-d'oeuvre ainsi que pour ses avantages concurrentiels indéniables aurait apparu loufoque.

Désormais, c'est pourtant devenu une nécessité tant la concurrence internationale est farouche. Le moindre détail fait la différence.

Rassurant

Par la voix de son président et chef de la direction pour l'Amérique du Nord, Gregory Lampert, la GCC s'est évidemment montrée rassurante dans la foulée de la transaction. La multinationale, qui compte une cinquantaine d'usines dans 25 pays, entend donc opérer son usine de Jonquière. La General Cable Corporation, qui a aussi acquis une autre usine de l'ex-Alcan à Shawinigan, justifie sa volonté par le fait que les installations de Jonquière produisent un alliage unique complémentaire à ce que la compagnie fabrique ailleurs sur la planète et que, de toute façon, les autres usines de la compagnie en Amérique du Nord tournent déjà à plein régime.

On peut également se réjouir que la haute direction de la GCC ait accepté d'accorder une entrevue exclusive au Quotidien la semaine dernière, dans la foulée de la transaction, plutôt que de se murer dans le silence ou de se retrancher derrière des phrases toutes creuses formatées par de grandes firmes de relations publiques. On peut y voir un signe de bonne volonté.

La vigilance reste tout de même de mise maintenant et pour l'avenir. Les derniers événements survenus dans le domaine de la transformation de l'aluminium ont démontré avec acuité à quel point l'éloignement du Saguenay-Lac-Saint-Jean des grands marchés mondiaux constitue un handicap. Et comment la région est exposée aux contrecoups des effets négatifs de la mondialisation.

Plus que jamais, la clé, tant pour l'Usine Lapointe que pour l'industrie locale, c'est de mettre au point des produits uniques dont les propriétés sont suffisamment attrayantes et novatrices pour compenser les coûts de transport plus élevés et les assauts de la concurrence internationale.

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