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En plus des défis liés au secteur du métal gris, le SaguenayLac-Saint-Jean doit... (Photothèque Le Soleil)

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François St-Gelais
Le Quotidien

En plus des défis liés au secteur du métal gris, le SaguenayLac-Saint-Jean doit aussi composer avec celui des «têtes grises». Les données du dernier recensement, dévoilées mardi par Statistique Canada, confirment que la région, tout comme le Québec, vieillit plus vite que le reste du pays.

Ainsi, dans neuf municipalités du «Royaume», on compte 20% de citoyens âgés de plus de 65 ans. Dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Saguenay, 17,5% des résidants ont atteint cet âge. À titre comparatif, dans les sociétés où le vieillissement de la population est devenu une préoccupation et une inquiétude majeure des autorités, notamment au Japon, la proportion de 65 ans et plus atteint environ 25%.

Autre élément, les données du recensement 2011 indiquent qu'environ le tiers des résidants du SaguenayLac-Saint-Jean sont des «boomers» nés entre 1946 et 1965. C'est donc dire que ces citoyens qui composent le gros de la population régionale atteindront bientôt l'âge de la retraite, et quitteront la vie active, avec les conséquences que cela implique sur la population active.

Naissances

Certes, il y a davantage de naissances et de jeunes «Bleuets». Le nombre de résidants du SaguenayLac-Saint-Jean âgés entre 0 et 4 ans a crû de 16% . Au Canada, la hausse a été de 11%. Néanmoins, la tendance lourde est claire. D'ici quelques années à peine, la région devra composer avec moins de citoyens actifs par rapport à la quantité de personnes retraitées. Ce déséquilibre est la conséquence directe de l'exode des jeunes qui a marqué la décennie 90 et le début des années 2000 ainsi que de la mutation économique qui a frappé le SaguenayLac-Saint-Jean.

C'est aussi la manifestation d'un phénomène de retour dans leur région natale de nombreux nouveaux retraités qui reviennent s'établir chez eux après avoir fait carrière ailleurs. À force de travail acharné, les élus et les groupes communautaires concernés sont parvenus à freiner l'exode des 25-35 ans. De jeunes couples sont restés ici. D'autres sont revenus. Le relatif «baby-boom» régional noté par Statistique Canada tend à le démontrer. Il n'empêche que les données du recensement 2011 doivent constituer un puissant rappel pour les élus et les décideurs d'ici.

Oui, des résultats encourageants ont été enregistrés afin de freiner l'autobus rempli de jeunes qui quittait chaque semaine pour s'établir dans les grands centres. Il est clair cependant qu'il faudra continuer les efforts en ce sens, qu'il ne faut pas baisser la garde. Il est impératif de continuer à mettre au point de nouvelles stratégies pour les attirer et les retenir. Parce qu'une région qui compte moins de citoyens sur le marché du travail perd une grande partie de son dynamisme, de son pouvoir d'innovation. Elle perd aussi, en conséquence, sa puissance économique, son attrait, par rapport à d'autres régions où la population active est plus nombreuse. C'est logique.

Une population vieillissante a besoin de produits et de services adaptés. Elle consomme moins même si les retraités «modernes» sont, règle générale, de plus en plus riches et relativement jeunes. Déjà, ces réalités doivent être étudiées avec soin par les élus municipaux au moment d'analyser les projets d'investissements qui se trouvent sur leur planche à dessins, notamment en matière de construction résidentielle, de développement commercial et de projets d'ordre communautaire et social.

Emplois

Il y a un risque, si la tendance restait la même, que l'économie régionale devienne de moins en moins axée sur le savoir et l'industrie lourde, secteurs porteurs de retombées importantes et structurantes. Pour éviter cette situation, il faut un plan d'action. Un plan concerté, pourquoi pas réalisé sous l'égide de la Conférence régionale des élus, ou des spécialistes de l'Université du Québec à Chicoutimi?

Car, le dynamisme des institutions comme l'UQAC, la vitalité des municipalités et la qualité de vie de la région constituent les clés qui lui permettront de lutter contre le vieillissement de la population saguenéenne et jeannoise, des pistes pour attirer les jeunes. Ça et l'emploi. Car, si la région ne parvient pas à offrir d'emplois de qualité, impossible d'espérer attirer des jeunes, et impossible d'espérer garder les «Bleuets» qui amorcent leur carrière ici.

Sur le plan économique et industriel, le SaguenayLac-Saint-Jean traverse déjà une période charnière. C'est aussi vrai sur le plan social et démographique. Une réflexion collective s'impose donc car les solutions à ces deux défis dépendent étroitement les unes des autres.

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