On peut ainsi affirmer que, dix ans après la fusion, le nouveau visage de Saguenay a pris forme. Les infrastructures routières, touristiques, aéroportuaires et maritimes de la ville ont été modernisées, ou sont en voie de l'être. La ville s'est dotée de leviers économiques intéressants, comme l'exploitation hydraulique des centrales Pont-Arnaud et Chute-Garneau. Faudra-t-il un jour placer l'eau potable parmi ces leviers? La question risque de faire surface plus tôt que tard... Et de susciter des débats enflammés et intéressants!
Étude
Tout ça parce que Jean Tremblay a eu l'idée originale et pertinente d'investir environ un million $ dans la confection d'une vaste étude destinée à identifier les sources d'eau présentes sur le territoire de Saguenay, dans un contexte où l'or bleu est appelé à devenir aussi rare et aussi précieux que le pétrole.
Grâce à cette initiative, les autorités de Saguenay affirment donc avoir découvert, dans le secteur de Laterrière, une nappe phréatique renfermant une quantité et une qualité d'eau apparemment exceptionnelles. Sans attendre, la ville a déjà amorcé les démarches nécessaires afin d'acquérir les droits sur les propriétés concernées.
L'administration municipale a également commencé à analyser les possibilités d'utiliser cette ressource pour abreuver, éventuellement, les citoyens de Saguenay. Entre les lignes, la possibilité que cette eau soit un jour embouteillée et vendue se profile. Bien sûr, cette éventualité semble aujourd'hui hypothétique, voire bien lointaine. Mais, le débat pourrait bien devenir incontournable... et inconfortable, et ce plus tôt que tard. L'eau potable est essentielle, vitale.
Lorsque Saguenay a émis l'idée d'ajouter du fluor dans l'eau de son réseau, une forêt de boucliers s'est dressée devant le projet. Devant ce vent de contestation, le maire Tremblay a pris la sage décision de reculer. Dans ce contexte, il ne faut pas croire qu'un éventuel projet, piloté par Saguenay, d'embouteillage et d'exportation de l'eau passera comme une lettre à la poste, surtout si la ressource devient aussi rare et aussi précieuse qu'appréhendé au cours des prochaines décennies. D'un autre côté, un tel projet pourrait générer de très précieux revenus.
En définitive, l'initiative de Saguenay est positive car elle permet à la ville de prévoir, dès maintenant, son approvisionnement futur en matière d'eau potable. Un luxe! Elle permet de planifier, de réfléchir, de parer les coups à tête reposée, sans urgence. Et, surtout, elle permet à la ville de s'assurer les droits publics sur la ressource. Pour la suite, on verra!