Guerre froide

«D'autant plus que, selon le ministre Serge Simard,... (Photothèque Le Soleil)

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«D'autant plus que, selon le ministre Serge Simard, la compagnie savait que sa soumission cheminait bien dans les officines de la société d'État et était à la veille d'être approuvée. D'ailleurs, le même jour, Fibrek, une entreprise justement dans la mire de PFR, un autre dossier chaud, officialisait sa propre entente avec Hydro-Québec, ce qui tend à prouver les dires du ministre régional et député de Dubuc et ajoute une autre connotation au «hasard».»

Photothèque Le Soleil

Le Quotidien

Sur la scène nationale, il y a la «guerre chaude» entre Québec et les étudiants collégiaux et universitaires. Et, sur la scène régionale, il y a la «guerre froide» entre Québec et la direction de Produits forestiers Résolu (PFR)! Car, après une brève période d'accalmie entre les deux partenaires, laquelle a culminé après la tournée médiatique effectuée par le grand patron de la multinationale, en février dernier, force est d'admettre que la partie de bras de fer entre la compagnie et le gouvernement Charest a repris de plus belle.

Salve

PFR a lancé la première salve de cette nouvelle bataille, vendredi, en publiant dans Le Quotidien une pleine page de publicité pour dénoncer les coupures en approvisionnement forestier qui découlent, selon elle, de la mise en application du nouveau régime de gestion de la forêt qui sera en vigueur au Québec à compter de 2013. La veille, la compagnie avait procédé à la mise à pied de la vingtaine de travailleurs affectés aux travaux de redémarrage de l'usine de cogénération de Dolbeau-Mistassini, officiellement parce que le gouvernement du Québec, via Hydro-Québec, tardait à donner suite à sa soumission de vente d'énergie.

Un prérequis pour la relance de l'unité et aussi un élément clé de la réouverture de la papetière de l'endroit.La coïncidence apparaît trop grande pour n'être justement qu'une simple coïncidence. Cette suite d'événements a plutôt l'air de faire partie d'une stratégie destinée à faire pression sur Québec en créant un climat de tension entre les élus et les citoyens du SaguenayLac-Saint-Jean. Du déjà-vu, en somme...

D'autant plus que, selon le ministre Serge Simard, la compagnie savait que sa soumission cheminait bien dans les officines de la société d'État et était à la veille d'être approuvée. D'ailleurs, le même jour, Fibrek, une entreprise justement dans la mire de PFR, un autre dossier chaud, officialisait sa propre entente avec Hydro-Québec, ce qui tend à prouver les dires du ministre régional et député de Dubuc et ajoute une autre connotation au «hasard». Chose certaine, il serait néfaste, tant pour la région que pour la compagnie elle-même, que PFR retombe dans ses vieilles ornières du genre «diviser pour mieux régner».

Tout comme, du reste, une nouvelle partie de tir au poignet prolongée entre le gouvernement et la multinationale risque de s'avérer dommageable à long terme. D'abord, parce qu'il est douteux que le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, soit très sensible à ce genre de stratégie. Ce dernier a démontré, jusqu'à maintenant, notamment dans le dossier de la centrale Jim-Gray, qu'il peut se montrer très ferme lorsqu'il le faut, peu importe la direction du vent. Il serait donc encore plus surprenant que le ministre fasse des entorses à son nouveau régime forestier! Puis, et surtout, parce que les deux parties sont condamnées à s'entendre.

Plan

Produits forestiers Résolu est encore bien fragile, mais il demeure que la compagnie a repris de la vigueur. Pour le meilleur et pour le pire, PFR demeure un très gros employeur au SaguenayLac-Saint-Jean. Elle y détient des CAAF et des installations de valeur. Il est indéniable que plus la multinationale sera solide et générera de profits, mieux l'économie de la région se portera. Cela ne veut pas dire que Québec doive céder à toutes les demandes de la compagnie pour autant. Ni que celle-ci doit avoir tous les droits sur la ressource régionale. Une saine concurrence demeure cruciale. Il est nécessaire que les artisans indépendants de l'industrie forestière régionale aient leur place. À cet égard, l'évolution du dossier Fibrek sera déterminante.

Mais, il demeure que Québec doit aussi, dans ces circonstances, faire son bout afin d'aider, dans la mesure du possible, PFR à revenir sur le chemin de la rentabilité. Ignorer et bouder Résolu, c'est, en fin de compte, comme si le gouvernement boudait toute une région... Comment agir? Jusqu'au aller? C'est là où, c'est le cas de le dire, le ministre Gignac est coincé entre l'arbre et l'écorce et devra innover! En bout de course, c'est quand même Résolu qui doit faire le plus de chemin. La compagnie avait commencé, grâce à plusieurs petites mesures, à renouer des liens avec les Saguenéens et les Jeannois. Ce rapprochement doit se poursuivre. Un bon moyen serait, pour PFR, de dévoiler, finalement, une vraie stratégie d'investissements, quitte à ce que celle-ci fasse abstraction, sur le plan théorique, des conséquences du nouveau régime forestier afin de lancer les discussions sur une base solide.

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