L'étude réalisée par la firme Cirrus trace aussi un bilan complet de l'ensemble des retombées sociales et communautaires découlant de la présence des quelque 1700 militaires et de leur famille en plein coeur du territoire régional.
Les chiffres sont certes impressionnants. D'autant plus que les données compilées dans le cadre de l'analyse ne fournissent, en définitive, qu'un aperçu ponctuel, qu'une synthèse, des retombées réelles totales engendrées par les activités de la base aérienne baieriveraine. Le nombre d'employés et de militaires déployés à la 3e Escadre varie effectivement beaucoup, tout comme l'ampleur des travaux de maintenance et de mise à niveau des équipements qui y sont effectués annuellement, souvent dans une relative discrétion. De l'aveu même du commandant Prévost, certaines années, ce sont des dizaines de M$, voire davantage, découlant de contrats et de chantiers divers, qui sont ainsi versés à des entreprises régionales, selon les besoins des opérations de la base.
Stratégie
Au-delà des chiffres, c'est surtout la stratégie de la Chambre de commerce du Saguenay et de ses partenaires qu'il convient de saluer. Conscient de l'importance sociale, politique et économique de la 3e Escadre pour le SaguenayLac-Saint-Jean, mais aussi du fait que les grandes décisions et les grandes orientations concernant son avenir se prennent hors de la sphère d'influence directe de la région, l'organisme a décidé de mettre en place un comité chargé de veiller à la pérennité de la base. Ce comité de travail a aussi pour mandat de sensibiliser la population, les élus et la communauté régionale à l'importance de ces installations pour l'économie saguenéenne et jeannoise. Le dévoilement, mardi, du rapport Cirrus constitue un premier pas dans l'accomplissement de cette importante double mission.
Dans le contexte actuel, alors que le dossier «F-35» piétine et que les budgets fédéraux sont scrutés à la loupe et soumis à de sévères ponctions, la mise en oeuvre d'un tel comité est très pertinente. D'autant plus que ce comité est non partisan, et donc libre de toute attache ou contrainte politique. Il a donc les coudées franches pour défendre d'une seule voix les acquis de la région.
En quelque sorte, la Chambre de commerce du Saguenay innove en se dotant d'un tel mandat axé sur l'action sur le terrain. L'organisme vient ainsi combler, par la bande, un certain vide politique concernant l'avenir de la 3e Escadre. L'ex-député bloquiste de Chicoutimi-Le Fjord, Robert Bouchard, avait fait de la base militaire baieriveraine son principal cheval de bataille. Son successeur, le néo-démocrate Dany Morin, a choisi de soutenir, depuis son élection il y a exactement un an, des causes à caractère plus social.
Avenir
Invité à prendre la parole, hier midi, avant le dévoilement des résultats de l'étude de la Chambre de commerce, le colonel Paul Prévost a par ailleurs dressé un constat optimiste des perspectives d'avenir de la 3e Escadre. Selon lui, le gouvernement fédéral a multiplié, dernièrement, les signes favorables quant au maintien des opérations de la base et quant à l'implantation maintes fois annoncée de la 2e Escadre à déploiement rapide. La ferme volonté d'Ottawa de trouver un nouvel avion de chasse pour remplacer la flotte vieillissante des CF-18 et la confirmation que des appareils de prochaine génération seront déployés à Bagotville prouve que la base baieriveraine figure au coeur de la stratégie d'avenir du ministère de la Défense. De plus, le haut gradé a rappelé que les installations et équipements de la base ont subi plusieurs travaux de remise à niveau récemment, et qu'elles se situent à un endroit parfait sur le plan géostratégique.
Des propos certes rassurants mais qui n'enlèvent en rien à la région son devoir de faire preuve de vigilance quant au maintien de ses acquis.