En raison de la «fièvre bleue» qui déferle présentement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce dossier a pris une place importante sur la scène médiatique. La preuve que le hockey est une chose sérieuse! Dans ce contexte, certains se demandent si le moment est bien choisi pour amorcer une période de transition sur le plan de la gestion de l'équipe. Si le processus d'appel d'offres ne risque pas de gâcher la fête, en plus de nuire au bon déroulement de la prochaine saison des «Bleus».
Gouvernance
Depuis la tourmente ayant entouré toute la question de la gestion du nouveau Colisée de Québec, les règles de gouvernance ont changé, ne serait-ce que dans l'esprit des citoyens... Les ententes de gré à gré sont désormais contestées. De telles ententes sont effectivement davantage contestables, de par leur nature même, qu'un contrat de service signé à la suite d'un appel d'offres public et transparent. Est-il raisonnable, serait-il justifié de ne pas respecter ces règles de fonctionnement parce que l'équipe gagne?
Jusqu'à maintenant, dans ce dossier, le maire de Saguenay a agi dans l'intérêt des citoyens, lesquels sont, il convient de le rappeler, propriétaires du club, en confirmant son intention d'aller en appel d'offres afin de déterminer qui seront les gestionnaires des Saguenéens au matin du 1er juillet prochain. Ses arguments à cet effet tiennent la route dans le contexte actuel, alors que l'opinion publique est à la recherche de toutes possibles zones grises ou apparences de zones grises. Un tel processus est d'autant plus nécessaire dans le cas de la gestion d'un bien public valant, aujourd'hui, plusieurs millions de$.
À Saguenay, l'opposition a maintes fois reproché à Jean Tremblay d'agir en secret, avec les membres de son exécutif et sa garde rapprochée. Difficile de dénoncer le fait que le maire lance un appel d'intérêts pour renouveler le contrat de gestion des Saguenéens dans le but de faire fructifier la concession et d'en faire profiter le trésor public municipal! À condition, toutefois, que cet appel d'offres soit irréprochable, bien construit et soit analysé par un comité formé d'individus indépendants et familiers avec ce type de bien. Il faut se souvenir des leçons de «l'affaire BTF» !
La question du «timming» entourant cette procédure est certes plus délicat. Mais, comme l'a rappelé Jean Tremblay, il n'existe pas de moment, pour un club de hockey, pour traverser ce genre de processus. Au début de la saison, au plus fort de la vente des billets? En plein milieu, quand toutes les décisions «hockey» sont déjà prises? Le présent contrat de gestion vient à échéance en juin. Normal que ce soit à ce moment que l'identité des gestionnaires soit connue. À cet égard, les succès des Saguennéens sur la glace constituent un fait heureux qui complique les données.
Écueils
Certes, l'actuel groupe de gestionnaires des «Bleus» se trouve placé dans un contexte particulier. Ils ne peuvent pas vendre de billets de saison ou signer des ententes publicitaires en vue de la prochaine saison. Il leur est difficile, c'est vrai, de préparer les détails du repêchage 2012, et de préparer activement celui de 2013, qui doit se tenir à Saguenay. Ce ne sont tout de même pas des écueils insurmontables.
Le DG Marc Fortier et l'entraîneur Marc-Étienne Hubert seront encore techniquement sous contrat. Ils ont visiblement accompli du bon travail et ils sont en mesure d'assurer la transition sur le plan hockey. Et, compte tenu des succès de l'équipe, il est à croire que les billets de saison et les espaces publicitaires se vendront sans problème après le 30 juin prochain.
D'ailleurs, il est tout à fait possible, tel que l'a aussi souligné le maire, que l'actuel groupe de gestionnaires des «Sags» décroche de nouveau le mandat. Effectivement, ceux-ci ont tous les atouts, l'expérience, les connaissances en main pour proposer une offre solide et profitable tant pour eux que pour la ville. Les faits parlent d'eux-mêmes.
Ils ont réussi à faire d'une concession moribonde, voire en danger de délocalisation, une bonne équipe sur la glace visiblement influente dans le circuit Courteau. Un éventuel nouveau groupe de gestionnaires aurait indéniablement de gros souliers à chausser. Néanmoins, un processus d'appel d'offres transparent et rigoureux demeure, dans les circonstances actuelles, nécessaire.