Pour la multinationale, cette décision constitue un gage de bonne foi, une preuve d'engagement concret envers le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle est aussi un signal porteur d'avenir. Le milieu régional a souvent décrié le peu d'efforts consentis par AbitibiBowater, devenue Produits forestiers Résolu, en matière de recherche, de développement et d'innovation durable, même si, depuis 1992, les « ancêtres » de PFR ont versé quelque 3 M$ au consortium.
Approche
Cette annonce s'inscrit vraisemblablement dans la foulée de la nouvelle approche d'ouverture adoptée par la compagnie. Elle suit effectivement de très près la tournée médiatique effectuée par le grand patron de PFR, le Primois Richard Garneau, dans l'ensemble de la région, à la fin du mois de février. Ce dernier a alors plaidé pour que les Saguenéens et les Jeannois acceptent de tourner la page sur le passé difficile de la multinationale, et ardemment milité en faveur d'un nouveau départ.
La contribution financière de PFR au consortium est un geste concret en ce sens. Il s'agit certes d'un bon début vers un partenariat renouvelé entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l'entreprise. La somme peut sembler modeste, elle demeure néanmoins importante compte tenu de l'état des coffres de la compagnie. Tout de même, PFR devra continuer à agir concrètement dans cette voie avant de pouvoir affirmer que ses relations sont de nouveau au beau fixe avec les Bleuets! Sauf qu'il faut commencer quelque part.
De plus, la contribution financière octroyée par PFR à l'UQAC s'ajoute à un autre geste tout aussi symbolique de la compagnie. Cette dernière a ainsi décidé d'offrir du papier fabriqué à 100 % dans la région aux organisateurs de quelques festivals, dont Regard sur le court métrage, le Festival Jazz et Blues et le Festival des vins de Saguenay, une manière de donner une touche encore plus locale aux brochures officielles remises aux participants.
Modèle
Pour l'université régionale, ainsi que pour le Consortium de recherche sur la forêt boréale commerciale, les montants octroyés viennent confirmer la vigueur et la réputation du modèle de fonctionnement mis en place. L'UQAC mise en effet, lorsque cela est possible, sur une étroite collaboration entre ses professeurs et le secteur privé afin que les travaux scientifiques qui y sont accomplis permettent autant de créer des percées et de repousser les limites de la connaissance que de répondre à des besoins et des défis concrets qui se posent dans la région.
Les faits démontrent que ce plan d'action a porté ses fruits. L'UQAC se classe ainsi à la porte du premier tiers des universités du pays en matière d'activités de recherche, avec des budgets atteignant 20 M$. C'est énorme, puisque les institutions qui la devancent font de la recherche en santé, un domaine qui draine évidemment les subventions les plus généreuses.
L'université régionale, autant que les connaissances scientifiques liées à la forêt boréale, profitera donc de la contribution financière octroyée par Produits forestiers Résolu.
S'il convient de saluer les derniers gestes de rapprochement posés par la compagnie envers le Saguenay-Lac-Saint-Jean, il faut souhaiter que ce soit là les premiers jalons envers la création d'un véritable partenariat gagnant entre PFR et toute la région et non uniquement une décision intéressée dans le seul but de séduire les élus locaux pour qu'ils appuient les dernières exigences formulées par la compagnie envers le gouvernement du Québec. Les cadeaux faits de façon désintéressée sont généralement ceux qui plaisent le plus et le plus longtemps...