Débordements haineux indignes des étudiants

 

Catherine Delilsle
Le Quotidien

Parce que les étudiants fréquentent le cégep et l'université, on a tendance à penser qu'ils sont mieux informés, plus éduqués et qu'ils se conduiront dignement. Erreur! Depuis qu'ils ont pris la rue pour dénoncer l'augmentation des frais de scolarité et qu'ils prennent des votes de grève, ils s'abreuvent d'injures, profèrent des menaces, crient leur hostilité dans les assemblées, expédient des messages haineux sur Facebook, Twitter... Tenir des propos aussi inconvenants n'a rien de reluisant.

Ce ne sont pas tous les jeunes qui agissent comme des cons. Je sais cela. Mais, ça n'excuse pas les cons pour autant. Lorsqu'une étudiante de l'UQAM, Arielle Grenier, favorable à la hausse des droits de scolarité, reçoit le message d'une espèce d'andouille qui réclame rien de moins que sa tête sur son bureau, là, on tombe dans les bas-fonds.

Elle n'est pas la seule à s'être fait descendre en flammes.  Nous avons aussi notre bouc émissaire, à Jonquière, Kim Samson, la présidente de l'Association étudiante du Cégep de Jonquière, qui, elle, est favorable à la grève. « On va te tuer ma grosse câlisse », lui a-t-on écrit. Charmant! Depuis ce temps, elle ne veut plus rester seule. On la comprend!

Pour être lu, c'est lu

La preuve que ces menaces de mort ont frappé l'imaginaire, ce texte est celui qui a été lu le plus souvent, et de loin, sur le site Web du Quotidien. Ce sont des dizaines de milliers de lecteurs qui ont cliqué pour lire la nouvelle. Comme quoi celle-ci ne laisse personne indifférent.

Ce qui est désespérant, c'est qu'aucune association étudiante n'ait dénoncé avec autorité ces dérapages odieux, indignes des universitaires et des cégépiens. Certes, on a signalé l'événement, mais tellement mollement, que cela en est indécent. C'est d'autant plus troublant que l'intimidation est fortement dénoncée sur toutes les tribunes.

Dans une situation aussi émotive, on peut comprendre que les machines de propagande fassent une rude campagne, que les étudiants manifestent bruyamment, qu'ils tiennent des propos musclés et, qu'à la rigueur, ils se crêpent le chignon. Dès l'instant où quelques têtes folles... et fortes dépassent les limites de l'acceptable, alors là, les associations étudiantes ont le devoir de dénoncer énergiquement ce fait et de prendre tous les moyens pour détecter ces cornichons.

La population n'applaudit pas les débordements haineux. Me semble que les étudiants ont intérêt à ne pas miner le capital de sympathie qui leur reste.

Ça nous prend notre «char»

Il y a des situations qui me font tourner en bourrique. En voici une: me chercher un stationnement à l'Hôpital de Chicoutimi. Le bordel, que je vous dis. Lundi, autour de 12h45, j'ai tourné en rond une bonne quinzaine de minutes dans l'espoir de me trouver un espace. En vain. J'avais beau avoir des yeux tout le tour de la tête, suivre comme une tache tous ceux qui sortaient de l'établissement, rien à faire.

C'est que j'étais loin d'être la seule automobiliste à faire le même manège et à enrager en me disant que j'allais être en retard pour mon examen. Dès que tu penses avoir ta chance, en voilà un qui se pointe comme un vautour sur sa proie. Il te coupe sans aucune gêne et tu te retrouves Gros-Jean comme devant.

Pour finir, il y a l'abruti qui arrive avec son gros 4x4, qui se stationne tout de travers, occupe deux espaces, rendant encore plus difficile la circulation. Quelle merde!

De guerre lasse, j'ai finalement trouvé un emplacement... dans la rue. Comme je n'ai pas 80 ans et que je ne souffre d'aucun problème de mobilité, j'ai marché jusqu'à l'hôpital. Que font les bénéficiaires qui se déplacent péniblement, surtout en hiver quand il y a des plaques de glace partout? Encore chanceuse, je n'ai pas eu de contravention. Ouf!

Tout un défi!

En arrivant au bureau, j'ai signalé mon irritation au conseiller en communication, Patrice Vachon, qui m'a mise en contact avec le directeur des services techniques, Michel Maltais. Eh oui! J'ai décoléré. Quand c'est bien expliqué!

Parce que les problèmes de stationnement, ils connaissent et ils évaluent constamment des solutions pour décongestionner l'endroit. Sauf que le défi est titanesque. Il n'y a plus de terrain vacant et la clientèle de l'hôpital ne cesse de croître. Construire un stationnement à étages de quatre à cinq millions$, auquel il faudrait ajouter les coûts inhérents à l'entretien, n'est pas la solution privilégiée. La direction mise sur des mesures alternatives et écologiques pour ses 2300 employés afin de libérer des espaces et d'en faire profiter la clientèle.

Par exemple, la carte mensuelle d'autobus est payée à 50 pour cent, un stationnement alternatif avec service de navette est instauré sur le boulevard Talbot (à l'ÉNAP), le covoiturage est récompensé, mais le succès n'est pas foudroyant. Actuellement, les employés sont invités à répondre à un questionnaire pour faire part de leur réalité. Des taxis-bus pourraient être implantés, la technologie améliorée pour augmenter l'efficacité. La direction imagine plein de solutions pour décongestionner l'endroit.

Mais, bon! Les employés, encore majoritairement, sont comme vous et moi. Ils veulent leur «char» pour se rendre au travail. On est des indécrottables! Je vous prédis que ce n'est pas demain qu'il y aura plein de stationnements libres.

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