Le PQ, mené par des écolos dogmatiques, a eu trois semaines entre son élection et la mise en oeuvre de la taxe, mais n'a rien rectifié.
Le gouvernement confie à Recyc-Québec le soin d'organiser le tout, lequel refile (tout en ramassant sa part de la taxe) la patate chaude à un nouvel organisme, l'Association pour le recyclage des produits électroniques (ARPE). Tout vendeur d'appareils électroniques doit devenir «membre» et prélever «l'écofrais» qui ne doit pas apparaître comme une taxe sur la facture du consommateur. Ce maquillage lexicologique et comptable tente d'anoblir la ponction, de la dissimuler sous de beaux sentiments.
Début
On comprend pourquoi: ce n'est qu'un début. En juillet 2013, une autre série de produits sera frappée de l'écofrais, et cela s'étendra par étape jusqu'aux jeux vidéo...
Plus la taxe sera camouflée dans le prix, plus on l'augmentera facilement. On s'attend à récolter 25 M$. Cela suffit, selon les pronostics, à payer le recyclage. Mais le contribuable sait que le gouvernement ne prévoit jamais de façon réaliste, qu'on nous fait avaler la couleuvre avec un prix acceptable, et qu'ensuite, les frais explosent. Et nul n'en est jamais responsable!
On nous l'a jouée si souvent, la comédie: assurance-médicaments, garderies, congé parental, registre des armes, dossier santé informatisé, sans compter les devis de construction!
En Ontario, le programme similaire est à court de 20 M$. Les «écofrais» risquent de doubler. En les amalgamant discrètement dans le prix, le consommateur n'y voit que du feu!
Bureaucratie
Les écocentres et certains détaillants doivent être accrédités pour servir de points de dépôt. Selon le mode d'emploi édicté, ils s'équiperont de palettes de transport qu'ils enroberont abondamment de pellicule plastique moulante (c'est écolo, ça?). En échange, l'ARPE leur fournira un service de cueillette, pour lequel il faut aussi accréditer des transporteurs. Ceux-ci amèneront les appareils obsolètes vers des centres accrédités comme le CFER de Chicoutimi sur la rue des Oblats. Mais on en manque!
La valse des accréditations et le développement du réseau en sont aux balbutiements. Ce n'est que trois jours avant l'entrée en fonction de la taxe, (alias l'écofrais) que les éco-centres ont finalement rencontré la directrice de l'ARPE... qui peinait à leur répondre. De leur côté, les détaillants «membres» enrôlés de force dans l'ARPE, cherchaient toujours à, comprendre cette semaine: qui paie la taxe? Le fabricant ou eux? Qu'indiquent-ils au consommateur? Facturent-ils TPS et TVQ sur la nouvelle taxe? (Eh! oui! On paiera les taxes sur la taxe!) Comment va-t-on contrôler le grand magasin planétaire du web? L'ARPE peut se mettre le nez dans leurs comptes, mais avec quelle discrétion?
Deux autres questions me turlupinent. La première: pourquoi le consommateur dépenserait-il argent, temps et essence pour aller porter son vieux cellulaire, même pas consigné, à l'écocentre? Cela en vaudra-t-il écologiquement le coût?
La deuxième: si au lieu de recycler, on amenait moins de déchets au dépotoir? En exigeant par exemple des fabricants des garanties minimales de longévité de leurs produits? Les télés, maintenant irréparables, meurent au bout de cinq ans. Si elles duraient deux fois plus longtemps, on en aurait deux fois moins à recycler... Ne serait-ce pas plus écologique que de développer l'entreposage, le transport de palettes momifiées dans le plastique, l'industrie et la bureaucratie du recyclage?