À la table des maîtres

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"On lui prédisait donc le portefeuille de la Justice. Pauline Marois a causé une première surprise en lui confiant la présidence du Conseil du Trésor tout en le maintenant au poste de leader parlementaire et de responsable de sa région."

Reuters

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Ils étaient quatre à rugir dans la royale opposition depuis quatre ans. Un grand mouvement de changement venu de la gauche multicolore les a propulsés aux premières loges du pouvoir. Stéphane Bédard est le plus connu de nos cinq Bleuets qui suscitent une curiosité nationale depuis l'élection générale du 4 septembre dernier. À Montréal comme à Québec, on sait qu'il a baigné dans la potion politique depuis sa naissance. Qu'il est le fils de Marc-André Bédard, la légende vivante qui fait encore discrètement campagne pour la souveraineté et le Parti québécois à travers ses mille activités communautaires et ses sollicitations souriantes pour les bonnes causes. Celui qui fut ministre de la Justice dans les gouvernements de René Lévesque n'a-t-il pas notamment recueilli des sommes impressionnantes, à coups de 100 $, pour la restauration de la cathédrale de Chicoutimi ?

Une équipe loyale

Son fils a repris le flambeau après le retrait de Jeanne Blackburn qui représenta les Chicoutimiens à l'Assemblée nationale, de 1985 à 1996, en qualité de député et de ministre, durant trois mandats. Vétéran de la politique après avoir triomphé dans cinq élections, Stéphane Bédard a siégé depuis 2003 sur les banquettes de l'opposition où il a néanmoins assumé de lourdes responsabilités, plus spécifiquement celles de leader parlementaire au cours des quatre dernières années.

On lui prédisait donc le portefeuille de la Justice. Pauline Marois a causé une première surprise en lui confiant la présidence du Conseil du Trésor tout en le maintenant au poste de leader parlementaire et de responsable de sa région. Au-delà des compétences de ses trois premiers de classe, Alexandre Cloutier, Sylvain Gaudreault et Stéphane Bédard, la première ministre a sans doute aussi voulu ainsi manifester son appréciation à cette équipe du SaguenayLac-Saint-Jean qui s'est montrée d'une loyauté sans faille dans les épreuves comme aux beaux jours.

Car l'attribution à Sylvain Gaudreault de deux ministères majeurs a semé l'émoi chez les chroniqueurs parlementaires. Ils ont failli avaler leur crayon-bille ou leur micro quand madame Marois a précisé, en invitant le député de Jonquière à s'approcher, qu'il serait titulaire des Transports, des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire. Ils ont rapidement empoigné leur portable pour demander à Google des notes biographiques sur ce phénomène.

Pour ceux qui l'ignoreraient encore, Sylvain Gaudreault détient des bacs en histoire et en droit obtenus à l'UQAC et à l'Université Laval. Membre du barreau, il a préféré devenir enseignant au Cégep de Jonquière plutôt qu'avocat en exercice. Parmi ses expériences professionnelles, retenons la direction, durant trois ans, de l'Association des diplômés et amis de l'UQAC. Pour faire mentir ses détracteurs, il s'est entouré de mandarins aguerris comme le professeur-économiste de l'UQAC, Marc-Urbain Proulx, promu sous-ministre aux Affaires municipales responsable du développement des régions.

La tâche la plus difficile sera sans doute pour Sylvain Gaudreault, le novice dans l'administration d'un ministère, d'imposer la discrétion à ses adjoints afin de demeurer la voix politique unique des ministères qu'il dirige. Un peu comme le fait le maire Jean Tremblay... Mais la référence est boiteuse, car les compagnons silencieux de notre maire sont des élus, donc redevables devant leurs commettants, et non des fonctionnaires.

La nomination d'Alexandre Cloutier à la diplomatie canadienne et à la « Gouvernance souverainiste « répond à ses attentes. Ce brillant et charmant esprit, détenteur de deux doctorats, pourra continuer à flotter dans les nuages d'un grand rêve, loin des réalités du pain et du beurre. Mais le doyen Denis Trottier, de Roberval, sera la révélation de l'équipe. Il a déjà commencé à brasser la marmite pour ressusciter l'industrie forestière et redonner aux siens les emplois perdus.

Des Saguenéens en feu

Je ne terminerai pas cette chronique sans vous transmettre l'immense satisfaction que les partisans ont ressentie, samedi, à la première victoire des Saguenéens, cette saison, remportée 6-0 contre les Olympiques de Gatineau. Elle fait oublier amplement la gifle servie par les opulents Remparts du roi Patrick, la veille à Québec.

Et cette performance éblouissante, Christopher Gibson et compagnie l'ont offerte en présence du président de la LHJMQ, Gilles Courteau, de l'ancien Saguenéen Marc Bergevin, nouveau DG du Canadien, et de Pierre-Marc Bouchard, la vedette du Wild du Minnesota qui a pris la relève de Guy Carbonneau à la présidence de l'équipe régionale.

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