Perfectible !

«Le vélo constitue une magnifique façon de se... (Photo Frédérique Sauvée, collaboration spéciale La Presse)

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«Le vélo constitue une magnifique façon de se mettre en forme, avec des progrès mesurables, même si on reste loin des performances du Grand Défi.»

Photo Frédérique Sauvée, collaboration spéciale La Presse

 

Myriam Ségal
Le Quotidien

Devenue une adepte du vélo, j'explore de plus en plus en pédalant. Nous sommes gâtés. À part Québec qui dispose d'infrastructures chromées, parce que les politiciens l'arrosent généreusement de fonds publics, bien des régions se contentent de pistes cyclables en poussière de pierre. Non seulement nous roulons sur la véloroute jeannoise, mais le secteur de Jonquière s'est superbement développé.

Souvent, je commence par la seule piste agréable de Chicoutimi, qui part du Bassin et file au-dessus du quartier Panoramique. Elle longe le boulevard Saguenay jusqu'à Kénogami, et rejoint la piste cyclable de la rivière aux Sables en enjambant un barrage. Elle rallie CÉPAL, en sinuant joliment le boisé le long de la rivière.

Par le nouveau tronçon entre la rue des Mouettes et l'autoroute 70, on peut rejoindre, malgré la signalisation déficiente, la piste de la rue Panet et du boulevard du Royaume pour revenir par le chemin de la Réserve et le boulevard Barrette vers Chicoutimi. On allonge cette boucle de 50 kilomètres en poussant jusqu'au Saguenay ou au lac Kénogami. On la rétrécit en piquant vers le boulevard du Royaume par Mellon ou René-Lévesque.

Pépins

C'est beau, mais perfectible. Par exemple, sur les boulevards René-Lévesque et du Royaume, le gravier envahit périlleusement la piste à plusieurs endroits. Un coup de balai, SVP ! Les traverses du boulevard, installées à l'envers, piègent le cycliste sur le terre-plein, dos au trafic. Il les boude, s'aventurant plutôt aux carrefours.

La signalisation reste misérable. À l'embranchement, rien n'indique que la piste de la rivière aux Sables se rend maintenant jusqu'au Saguenay, complétée par un ponton vers Shipshaw.

Le territoire de Jonquière a un fichu problème de délinquance et craint pour ses panneaux. Les amateurs de motos et de VTT arrachent les portillons. La ville les remplace par de hautes clôtures doublées de blocs, obligeant le cycliste à se faufiler à pied.

La nouvelle piste « Horst de Kénogami », bien balisée, va du Saguenay à Métabetchouan : 72 kilomètres, dont la moitié pour routier aguerri, surtout s'il faut revenir ! Sur le territoire de Saguenay, on sort de la piste au Camping Jonquière, vers les routes des bâtisseurs et de Lac-Kénogami, aux larges accotements asphaltés. Mais cela se gâche au Lac-Saint-Jean. On partage alors avec les autos la chaussée abîmée d'étroites routes vallonnées, dont les montées découragent les néophytes. La carte routière imprimable du site de la Véloroute reste sibylline, minable, sans légende ni détails.

Type de vélo

Il y a trois ans, je pesais 60 livres de trop ; avec un lourd vélo de randonnée, je m'arrêtais, à bout de souffle, à la moindre butte. Je roulais à 12 km/h sur le plat. Mon fils, juché sur son vélo léger, me raillait. Humiliant.

L'année suivante, avec 40 livres de moins, motivée tout l'hiver par mon podomètre, je me suis acheté un vélo de route. Pas moyen de s'en sortir à moins de 1000 $. J'ai atteint le 20 km/h de moyenne. Le bon outil ne fait pas le bon artisan, mais il aide ! Je franchissais lentement les buttes, mais terminais encore à pied bien des côtes.

Cet été, à dix livres de mon poids santé, j'ai poussé une balade jusqu'à 120 kilomètres, je tourne autour du 24 km/h de moyenne et je me tape sans stopper l'aller-retour à La Baie, pédalant la grande montée de la route 170. D'ailleurs, la bretelle sans bordure, étroite et défoncée, que les cyclistes doivent prendre vers le boulevard du Royaume, est terriblement dangereuse. Il vaudrait mieux leur permettre de rester sur l'accotement bien protégé de l'autoroute jusqu'à Talbot.

Le vélo constitue une magnifique façon de se mettre en forme, avec des progrès mesurables, même si on reste loin des performances du Grand Défi.

Pour avoir sillonné quelques régions, je réalise que l'aura de Pierre Lavoie peut nous aider à devenir une Mecque du cyclisme de randonnée. Mais il faut soigner nos circuits, mieux les baliser, les peaufiner et les faire connaître.

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