Chicane de famille

Carol Néron
Le Quotidien

Mercredi dernier, à tout juste trois semaines d'intervalle, Serge Simard succédait à Jean-Pierre Blackburn à la tribune du Cercle de presse. Comme son prédécesseur et tout aussi mal à l'aise, le député de Dubuc à l'Assemblée nationale et ministre régional a été bombardé de questions sur le CAMPS.

Il s'agit, comme on le sait, d'un projet avant-gardiste de 37 millions$ mené conjointement par l'Hôpital et le Cégep de Jonquière. L'objectif consiste, notamment, à veiller sur la condition physique des gens en mettant à profit les connaissances actuelles de la médecine sportive. Une fois appliquée, l'idée pourrait faire école à l'échelle du Québec et du Canada.

 

Le dossier a tellement de plomb dans l'aile qu'il faut presque maintenant en parler au passé.

Embarras

Le gouvernement québécois avait jusqu'à la fin du mois de janvier pour s'inscrire dans le programme sur les infrastructures, ce qui lui aurait permis de bénéficier d'importants subsides fédéraux. Jean-Pierre Blackburn a fait des pieds et des mains pour que le dossier connaisse une issue positive. En vain...

Serge Simard se dit prêt à tout mettre en oeuvre pour sauver le projet, si jamais c'est encore possible. Il demande du temps. Bref, l'espoir d'un déblocage s'amenuise de jour en jour.

L'embarras des deux ministres est visible, car ce genre de différend entre élus fédéralistes est rare dans la région.

Jean-Pierre Blackburn, fidèle à son habitude, est tenace. Serge Simard se défend en affirmant qu'il est non seulement ministre régional mais aussi député de Dubuc et qu'il se doit, en conséquence, de veiller aux intérêts des électeurs de son comté. L'argument n'est pas particulièrement habile quoique légitime. Cela dit, cette ligne de défense correspond à une réalité incontournable à laquelle tous les politiciens doivent se soumettre pour assurer leur réélection!

Copenhague

Cette impasse s'inscrit dans la mésentente en train de devenir irréversible entre Jean Charest et Stephen Harper sur la question de l'environnement.

La confrontation s'envenime depuis la déclaration incendiaire faite par Jean Charest lors de la Conférence de Copenhague. Alors que Stephen Harper se tenait à ses côtés, le chef du gouvernement québécois y est allé d'une affirmation signifiant qu'Ottawa faisait carrément fausse route en matière de protection de l'environnement. Le premier ministre conservateur est resté de marbre devant la presse internationale. La réplique de son gouvernement, cinglante, est venue il y a seulement quelques jours par la bouche du ministre Jim Prentice. Ce dernier a qualifié de «sotte» la nouvelle réglementation du Québec visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Québec aussi

La région n'est pas la seule à devoir composer avec ces relations tendues entre Stephen Harper et Jean Charest. Ce qui devait s'avérer une simple formalité, dans le cadre de la vente par Ottawa des terrains situés en face de l'Assemblée nationale, se transforme lentement mais sûrement en guerre de tranchées. La ministre Josée Verner vient de mettre un terme brutal, en effet, aux négociations relatives à ce dossier.

Toujours dans la Vieille capitale, les discussions entre les fonctionnaires fédéraux et provinciaux concernant la construction du «Super PEPS» se déroulent au ralenti.

Entre-temps, La Presse annonce que le Québec perdrait des centaines de millions de dollars parce que, écrit-elle, le gouvernement n'aurait pas soumis à temps des projets susceptibles de répondre aux exigences du programme fédéral sur les infrastructures.

Les libéraux de Jean Charest ont encore trois belles années devant eux. Quant aux conservateurs, même minoritaires, ils pourraient tenir encore jusqu'à l'automne prochain. Les parasites en train de brouiller la communication entre les deux paliers de gouvernement pourraient accoucher d'importants dommages collatéraux...

 

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