On fait son épicerie, pas la charité chrétienne

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Catherine Delisle
Le Quotidien

J'ai eu mon vaccin contre la grippe saisonnière, j'ai sorti mon manteau chaud, mes bottes, mes gants. J'ai de bons pneus d'hiver. Les décorations de Noël apparaissent un peu partout. Et les grandes quêtes humanitaires sont commencées. Vraiment, ça sent les Fêtes.

Ce qui m'agace, c'est l'abondance de sollicitations dans les supermarchés. On est pressés, on n'a pas forcément d'argent dans nos poches parce qu'on paie avec la carte. On donne la première fois, on passe notre tour la deuxième fois, ce qui nous met carrément à la gêne. Il y a des gens dont le budget ne permet pas de faire un don étant eux-mêmes dans le besoin. Enfin, on ne peut pas contribuer à toutes les causes. Les grandes surfaces ne sont pas un bon point de chute. En tout cas, moi, je ne fais pas mon épicerie dans une perspective de charité chrétienne.

Parlons de l'aide alimentaire. Chaque fois que je donne, ça me désespère parce que tout le monde devrait avoir les moyens de se nourrir et parce que ces grandes collectes de denrées, pendant la période des Fêtes, mettent manifestement en évidence les failles de notre système social. Pendant quelques semaines, on se découvre soudainement une fibre de solidarité sociale comme si ce geste bienfaisant, pendant cette période effrénée de dépenses inconsidérées, était suffisant pour se donner bonne conscience.

On mange toute l'année. Que font toutes ces familles le reste du temps? Tout le monde doit avoir droit à un logement décent et à la nourriture sans avoir à quêter dans un pays qu'on se plaît à qualifier de riche.

Ciblons les campagnes

J'apprécie les campagnes ciblées, comme la Guignolée des médias et la guignolée traditionnelle dans les foyers. Les citoyens sont invités à donner selon leurs moyens, c'est plus discret. On n'est pas mal à l'aise si on ne fait pas de dons. La collecte de jouets de la caserne de pompiers du secteur nord de Chicoutimi, pour les enfants démunis, est une excellente idée. Les associations et les entreprises peuvent aussi organiser des collectes ou des quêtes dans leur milieu. Les banques alimentaires, les ressources de dépannage, les cuisines collectives sont de belles ressources qui oeuvrent auprès des citoyens les plus défavorisés de notre société. Ces organisations doivent se faire connaître du public pour que celui-ci sache où se rendre pour apporter sa contribution.

Ce qui m'irrite royalement, ce sont les levées de fonds pour les organisations sportives et culturelles, sauf si elles se limitent à la vente de chocolat ou d'agrumes. Il n'y a pas d'obligation et ça contente les goinfres au bureau.

Un non tout net

Je refuse systématiquement de faire un don lorsque ça devient un mode de financement pour qu'un jeune fasse un voyage. Alors, là, je décroche. Il faut choisir ses causes. Les gestes porteurs d'espoir pour la recherche, l'aide directe aux enfants malades, les fondations d'hôpitaux, les associations pour le coeur, le cancer, le diabète.. j'endosse totalement. Je me fais un devoir de donner dès que l'occasion se présente.

Pour permettre à des jeunes de voyager, alors qu'il y a tant de besoins pressants à combler dans notre société, je refuse tout net. Si les parents veulent que leurs enfants voient le monde, qu'ils paient. Il y a des limites à solliciter des gens qui, peut-être, n'ont même pas les moyens de voyager eux-mêmes.

QUAND ON PARLE TROP

La chanteuse de Jonquière, Jeanick Fournier, ne peut plus se présenter aux auditions de la célèbre émission « The voice », en France.

Pourquoi ? Parce qu'elle a fait un usage immodéré des médias sociaux.

Voici l'histoire. Un assistant du directeur de casting la voit sur YouTube. Le Français est charmé par sa voix, il soumet sa candidature, elle est acceptée. Le conte de fées, quoi !

Mais, voilà. Elle en parle sur sa page Facebook, les journalistes reprennent l'info, les réseaux sociaux s'emparent de la nouvelle, ça se rend en France où elle a des fans. Les producteurs l'apprennent et annulent sa prestation. Les juges ne doivent pas savoir qui se présente aux auditions. Le conte de fées tourne au cauchemar.

Les messages dans les médias sociaux se propagent à la vitesse de l'éclair. Ils sont le « Père Ovide » de notre siècle. Quand allons-nous comprendre qu'il ne faut pas dévoiler toute notre vie dans l'espace public virtuel ?

LES CARRÉS ROUGES ONT LA COTE

Les leaders étudiants ont la cote au sein du gouvernement Marois. Après Léo Bureau-Blouin, voilà que Mathieu Le Blanc, une autre figure de proue de la crise étudiante, a fait son entrée par la grande porte en devenant le nouvel attaché de presse de la ministre de l'Éducation. Il a été recruté à la FEUQ. Comment peut-on penser que le prochain Sommet de l'éducation s'inscrira sous le signe de l'objectivité ? Un manque total de jugement !

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