Jean Tremblay a l'art de la caricature

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Catherine Delisle
Le Quotidien

Décidément, le sociologue, Gérard Bouchard, et le maire de Saguenay, Jean Tremblay, ne font pas bon ménage. Quand l'historien l'a accusé de faire preuve d'intégrisme religieux, lors de son passage sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche passé, il fallait s'attendre à ce que la faune journalistique soit aux anges. Parce que M. le maire sait comment en beurrer épais devant les caméras. Cette fois-ci, cela n'a pas fait exception. Il a réagi énergiquement. Sa sortie était à l'image de l'homme: fracassante.

Invité dans le cadre du lancement de son livre L'interculturalisme, à TLMEP, Gérard Bouchard a été rattrapé par l'actualité et questionné sur les propos tenus par le maire sur la candidate péquiste de Trois-Rivières, Djemila Benhabib, lors de la dernière campagne électorale. Celle-ci, on s'en souvient, avait soulevé l'ire du maire lorsqu'elle avait proposé de retirer le crucifix du Salon bleu à l'Assemblée nationale. Jean Tremblay était horrifié à la seule pensée qu'une personne, dont il disait être incapable de prononcer le nom, donne son avis sur le sujet. Des propos qui avaient été repris partout. «Le maire Tremblay, c'est exactement ce qu'il faut éviter au Québec», a laissé tomber Gérard Bouchard à TLMEP, ce qui a amusé follement le public. Une position qui a certainement mortifié le maire.

Et encore...

L'universitaire en a remis, mentionnant que le combat de la prière à l'hôtel de ville de Saguenay va trop loin. Il a reproché au maire de s'accrocher même après avoir perdu sa bataille devant le Tribunal des droits de la personne. «Si la Cour d'appel rejette sa demande, il va aller en Cour suprême et si celle-ci la rejette, je ne sais pas où il va aller, mais il va sûrement faire quelque chose», a-t-il ironisé, ajoutant plus sérieusement qu'on était effectivement devant une forme d'intégrisme. Disons que n'était rien pour arranger les choses.

Personne n'est tombé de sa chaise lorsque Saguenay a décidé de porter la cause devant la Cour d'appel. Accessoirement, elle sera entendue le 26 novembre. Jean Tremblay s'est défendu de faire preuve d'intégrisme, insistant sur sa foi en Dieu, qui est la base même de sa vie, et sur tous ces mous devant l'intégration des immigrants.

Marque de commerce

Le maire de Saguenay fait dans la caricature. Souvent. Quand il affirme ne pas être surpris par les commentaires de Gérard Bouchard, «un intellectuel qui est allé à l'école trop longtemps», alors qu'il préfère, lui, être près du monde, ça donne une bonne idée du personnage. Certes, il ne fait pas évoluer le droit comme universitaire, mais il est tout de même notaire. Donc, il a étudié. Les intellectuels universitaires hérissent le premier magistrat de notre ville. Allez expliquer cela! Son réflexe est donc de leur répondre sans retenue.

Par son absence de réserve, ses déclarations intempestives et inconvenantes, parfois même ahurissantes, M. le maire indispose bien des gens. En dépit de ses travers et de son inflation verbale, manifestement il en ravit d'autres. Et cela, on ne peut l'ignorer.

Dans le dossier de la prière, Jean Tremblay a quand même fracassé des records et gagné la bataille du financement populaire contre les défenseurs de la laïcité. C'est dire que la cause qu'il défend compte de nombreux sympathisants, et cela, partout au Québec.

Aux dernières élections provinciales, c'est dans une proportion importante que des répondants à un sondage, effectué dans la région, ont approuvé ses déclarations voulant que le peuple québécois devrait être plus strict quant aux accommodements raisonnables. Au sujet de ses propos controversés à l'égard de Djemila Benhabib, une majorité avait aussi soutenu qu'ils n'étaient ni racistes, ni xénophobes.

Populaire

Jean Tremblay a un style et un langage populaires. C'est dans l'ère du temps. Prenez le maire de Québec, Régis Labeaume. Il ne donne pas non plus dans le raffinement.

Les blogueurs font leurs choux gras des sorties du coloré maire de Saguenay, le gratifiant des qualificatifs les plus méprisants. Mais, ils ont tort de le prendre pour un imbécile. Si c'était le cas, il ne serait pas à la tête d'une des villes importantes du Québec depuis aussi longtemps, au demeurant qui fonctionne bien... à moins que les Saguenéens qui l'appuient soient tous des «cons».

Réagissez: cdelisle@lequotidien.com

LES RIPOUX AU MASCULIN

Coudonc ! Est-ce que fonctionnaires et ingénieurs pourris, ça se décline juste au masculin ? On dirait ça ! On n'a pas encore vu de femmes à la Commission Charbonneau.

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