Quand le ministre pose un mauvais diagnostic

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Le Quotidien

OPINION / Bonne nouvelle, le ministère de la Santé et des Services sociaux est préoccupé par la hausse des congés de maladie prolongés dans le réseau. Mauvaise nouvelle, la solution qu'il met de l'avant risque de ne rien régler, sinon d'empirer les choses. En effet, le ministère a émis au mois d'août dernier un Cadre de référence sur le soutien et la réintégration au travail : vers une approche axée sur la collaboration, demandant à tous les établissements de mettre en place un programme de soutien et de réintégration au travail afin de freiner les congés d'invalidité. Une bonne idée en soi, à la condition qu'on s'attaque à la véritable source du problème. Ce qui est loin d'être le cas.

Pensons-y. Les solutions proposées par le ministère font reposer sur les épaules des employés malades la responsabilité de se rétablir rapidement pour vite redevenir opérationnels dans le réseau. La personne en invalidité devra trouver le moyen de mettre sur pause sa propre maladie pour travailler à son éventuelle réintégration au travail. 

Il faut le faire : désormais, un employé malade n'aura plus le droit de consacrer tout son temps à sa seule guérison et à son rétablissement. Donc, dans le réseau de la santé, même malade, il faut travailler. Ouf !

Agir quand le mal est fait

Et c'est là le grand défaut de cette initiative. On agit une fois que le mal est fait et, surtout, on se comporte indirectement comme si l'employé malade était lui-même responsable de son malheur, ce qui est loin d'être le cas.

Oui, il y a une inquiétante augmentation des congés de maladie dans le réseau. Mais pourquoi en est-il ainsi ? 

Se pourrait-il que les compressions budgétaires récurrentes des dernières années y soient pour quelque chose ?

Se pourrait-il que le manque flagrant de personnel conduise à une surcharge de travail intolérable pour le personnel de la santé ?

Se pourrait-il que les réorganisations continues qui génèrent insécurité, incertitude et stress ne soient pas étrangères à la détérioration de la santé des employés ?

Se pourrait-il que les pratiques de gestion inhumaines (précarité, instabilité, équipes volantes croissantes) aient des impacts dommageables sur le milieu de travail au quotidien ?

Un ministre qui contribue au malaise

Le climat dans le réseau de la santé s'est détérioré à un tel point que la souffrance au travail s'est généralisée et est dénoncée tant par le personnel syndiqué que par les cadres.

Et, ce qui n'arrange pas les choses, le réseau a à sa tête un ministre dont le style bulldozer sans empathie accentue le sentiment d'abandon et d'incompréhension que ressent le personnel au quotidien. Le ministre gère le réseau comme s'il s'agissait d'une chaîne de montage, oubliant que le réseau de la santé ce sont des êtres humains qui soignent d'autres êtres humains avec toute la sensibilité et le doigté que cela nécessite.

Gaétan Barrette et son entourage veulent freiner les congés de maladie prolongés, comme si c'était la cause du mal. Mais le médecin qu'il est devrait savoir que ces congés sont surtout des symptômes, qu'il y a toujours des conditions qui favorisent l'éclosion de la maladie et que si l'on veut une guérison à long terme, c'est à celles-ci qu'il faut s'attaquer.

Un traitement à revoir

J'encourage donc le médecin en chef du Québec à revoir son diagnostic et à prendre les mesures qui s'imposent pour un meilleur traitement et le rétablissement à long terme de notre réseau public de santé et du personnel qui y travaille.

Sonia Éthier, vice-présidente

Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

La baleine noire

OPINION / Cette espèce de baleine a un territoire qui s'étend de la Floride à Terre-Neuve, et quelques fois elle nage dans le golfe du Saint-Laurent. Depuis le mois de juin 2017, on a recensé dix décès de baleines noires dont huit trouvées enchevêtrées dans des filets de pêche et deux qui portaient des meurtrissures causées par des bateaux ou suite aux efforts pour s'échapper des filets, on n'est pas certain.

La seule décision prise pour stopper ces décès a été de diminuer la vitesse des bateaux et de les mettre à l'amende si leur vitesse excédait 10 noeuds, mais rien pour les filets de pêche. En diminuant la vitesse des bateaux de croisières, on met en péril toute cette industrie qui prend forme dans le Saint-Laurent et le Saguenay depuis quelques années alors que ce sont les filets de pêche qui causent la majorité des décès. Et ces baleines se sont peut-être blessées entre la Floride et Terre-Neuve et non dans le golfe du Saint-Laurent, personne ne peut l'affirmer ou l'infirmer. 

Ceux qui ont mis sur pied toute l'infrastructure pour recevoir les bateaux de croisières dans le Saint-Laurent et le Saguenay et les responsables des attraits touristiques que visitent les croisiéristes devraient rencontrer immédiatement les autorités politiques canadiennes pour revenir à une position plus réaliste. En passant, un bateau filant à 10 noeuds peut aussi bien heurter une baleine qu'un autre à 12 noeuds ; on voit bien que cette décision de diminuer la vitesse est non fondée.

Eugène Tremblay

Saguenay




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