Lettre à mes amis progressistes

OPINION / À celles et ceux qui s'identifient de près ou de loin aux valeurs... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINION / À celles et ceux qui s'identifient de près ou de loin aux valeurs progressistes en général, aux personnes impliquées dans leur syndicat ou association étudiante, militants ou bénévoles de groupes communautaires, membres de partis politiques sociaux-démocrates (ou du moins qui s'en réclame), qui se positionnent dangereusement et parfois radicalement contre l'immigration et l'accueil de personnes réfugiées dans les derniers temps.

Je m'adresse à vous avec qui, plus souvent qu'autrement, je partage plusieurs valeurs et principes, mais qui, actuellement, tiennent des propos et adoptent des positions qui me dérangent, qui détonnent. Malgré le confort de surface que nous pouvons avoir, nous avons beaucoup plus en commun avec ces personnes qui désirent s'installer ici, quoi qu'en disent les partisans de la fermeture et de l'exclusion, les politicien-nes opportunistes et tous ces loups racistes et xénophobes qui désinforment et qui montrent les dents.

La presque totalité des informations sur lesquelles sont basées ces analyses sont fausses et manipulées. Nos frontières ne sont pas de véritables passoires, les migrant-es ne gagnent pas le gros-lot avec leur demande d'asile, et leur statut de résident-e permanent-e ou de réfugié ne leur est pas accordé automatiquement. Elles et ils prennent un grand risque en arrivant ici avec leur famille, mais cette décision est animée par la crainte de bien pire et l'espérance de meilleur.

La peur de l'autre et la désinformation ne doivent pas prendre le dessus sur notre solidarité et la poursuite de nos luttes pour l'équité, la justice sociale et une meilleures redistribution de la richesse. Comme travailleuses, travailleurs, chômeuses, chômeurs, sans-emplois ou étudiant-es, nous partageons une précarité avec toutes ces personnes qui tentent d'améliorer leur sort. Entassé-es dans des tentes et des abris de fortunes, se sont des personnes membres de notre classe sociale, avec qui nous devrions tisser des liens de solidarité et non tenter de les expulser ou de les stigmatiser!

Nos programmes sociaux, notre système d'éducation et notre réseau de la santé ne sont pas mal en point en raison de l'arrivée de personnes immigrantes. Notre filet social pourrait être bien assez grand pour tout le monde si ce n'était de l'austérité imposée par les gouvernements néolibéraux qui se sont succédés, appuyés par les grands lobbys patronaux. De l'argent au Québec, il y en a, et nous l'expliquons sans cesse dans le cadre de nos luttes. Vous connaissez cette démonstration, pourquoi changer de discours maintenant? 

C'est en étant cohérant-es dans nos positions que nous pourrons espérer gagner notre lutte contre les grands possédants et les gouvernements affairistes. La solidarité, l'empathie et l'ouverture contribueront à solidifier notre base. La division ne nous sert pas. Nos luttes n'ont pas de frontières, il ne faudrait pas en ériger nous-même !

Stéphane Dufour

Rivière-du-Moulin, Saguenay

On ne tue pas la vie!

OPINION / Le drame de Barcelone, perpétré dans la foulée de tous les autres de même acabit, a suscité en moi une profonde réflexion sur la vie. Ce geste, comme pour beaucoup de mes concitoyens, m'a bouleversé au point de basculer un moment dans la désespérance. Mais au terme de ma réflexion, j'en suis arrivé à la conclusion qu'on peut tuer des personnes, mais on ne tue pas la vie. C'est le message que j'adresse à tous ces terroristes sans foi ni loi, en réponse à leurs actes barbares. Vous ne réussirez jamais à détruire la vie plus forte que la mort. La vie qui renaît de ses cendres. À travers votre volonté et votre désir de détruire la vie, vous ne faites au fond que la ranimer. Elle ressurgit toujours plus belle, plus féconde, plus généreuse à travers ses multiples manifestations qui ont pour noms solidarité, fraternité, compassion, soutien moral, accueil, partage, etc. 

« Quand croît le péril, croît aussi ce qui sauve » a écrit le grand poète Friedrich Hölderlin. L'expérience nous enseigne que chaque malheur est accompagné de mécanismes qui sauvent. Il existe, en effet, un tel phénomène dans la vie. C'est sans doute ce qui explique cette détermination et ce désir ne pas se laisser dominer par la peur. «Nous n'avons pas peur», scandait récemment la foule à Barcelone. Cela prouve que l'on peut se dégager de l'emprise de la fatalité et de «naviguer» de telle sorte, qu'à travers les débris du malheur, après chaque drame, puisse s'élever à nouveau le merveilleux chant de la vie.

Jean-Paul Simard, écrivain

Chicoutimi




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer