De Gaulle: de l'enfance à l'âge adulte

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Le Quotidien

OPINION / Le 24 juillet 1967, debout devant un téléviseur 12 pouces noir et blanc posé sur un petit meuble du salon chez nous, je vis apparaître à l'écran un très grand monsieur costumé en militaire sur un balcon de Montréal.

J'avais 5 ans, mais je me souviens encore de sa grosse voix calme et posée qui déclama « Vive le Québec libre ». Mes parents m'avaient informé que ce monsieur était un géant venu de la France et qu'il était un libérateur de peuples.

Évidemment, sur le coup, je ne saisis pas l'ampleur que représentait le passage de cet homme au Québec. Mais ce que j'ai retenu, c'était l'idée de grandeur qui y était associée.

Et 20 ans plus tard, le 1er novembre 1987, lorsque René Lévesque nous quitta, Félix Leclerc écrivit à son sujet : « Dorénavant, il fera partie de la courte liste des libérateurs de peuples. »

Alors je repensai ardemment à Charles de Gaulle, cet homme d'État épris de grandeur qui espérait en 1967 un Québec libre face à son destin. Lui aussi faisait partie de cette courte liste évoquée par Félix.

Yvan Giguère

Saguenay

Nous, les Québécois...

OPINION / Les dernières semaines nous ont permis de constater que la question de l'identité culturelle des Québécois reste au coeur des préoccupations politiques. Il y a quelques jours, des citoyens d'une municipalité québécoise ont voté par référendum contre l'établissement d'un cimetière musulman sur une portion de leur municipalité. Est-ce du racisme ou simplement une question d'intégrité territoriale ? Ce qui m'apparaît évident c'est que les opinions sont partagées ; ce qui est au coeur de cette crise, ce n'est pas le processus politique, mais la question d'identité qui y reste sous-jacente.

Mais qui sommes-nous ? Un Nous avec une majuscule, qui fait référence à la nation québécoise. Comment le Québec peut-il définir son identité. Nous sommes... c'est une question délicate puisqu'elle repose principalement sur une appréciation de notre héritage collectif. Initialement, définir l'identité québécoise aurait pu être facile, mais ce n'est pas le cas. À l'origine, être Québécois, c'est être francophone et catholique. Simple ? Pas tout à fait puisqu'aujourd'hui nos jeunes renient leur appartenance religieuse. Si vous fréquentez un peu les églises catholiques, vous ne trouverez que très peu de jeunes, voire aucun. Pour ce qui est de « francophone », de moins en moins. Combien de fois des jeunes adultes et des ados m'ont tenu des discours sur la suprématie de l'anglais dans le monde ? La langue des affaires. On m'a même affirmé que c'est la langue de l'avenir. Donc, dès la première année, on fait apprendre l'anglais aux tout-petits, avant même qu'ils sachent lire en français. Ainsi, le Nous français et catholique est bien dilué. Mais est-ce tout ce qui définit la nation québécoise ? Je vous dirai que non.

Être Québécois, c'est aussi et principalement être résilient. C'est-à-dire être en mesure de voir le positif dans les situations les plus catastrophiques. De toujours se relever quand on trébuche. Les exemples se comptent par dizaines : les inondations du printemps ne sont qu'une parmi tant d'autres. Que la catastrophe soit naturelle, humaine, financière... Toujours, le Québec se relève et avance. Le Québec sait être solidaire. Ça vient avec la résilience, comment faire autrement ? Mais là, un petit bémol. Jusqu'où sommes-nous solidaires ? L'actualité des derniers jours nous a montré des Québécois plutôt fermés sur eux-mêmes. La crise des cimetières musulmans (pour donner un titre à la situation) nous montre une absence de solidarité dans une épreuve qu'est le deuil. Mais, ne généralisons pas. C'est une autre de nos caractéristiques identitaires qui prend le dessus : le pas dans ma cour. Eh oui, au Québec. On est solidaire, mais du moment que ce n'est pas dans notre cour. 

Ce sont de belles qualités en soi la résilience, la solidarité, mais chaque qualité a son défaut, et le Québec n'y échappe pas. Le Nous québécois est inclusif, mais aussi protectionniste. Pour certains, le Québec serait un peu raciste. Je vous dirais que le Québec est surtout inquiet, traumatisé. Ne nous leurrons pas, la Guerre de conquête a laissé dans nos gênes une peur de l'autre. Est-ce légitime, en 2017, de conserver cette crainte génétique ? Peut-être... J'en aurais long à analyser, mais l'espace me manque. Rappelons juste que les Québécois, c'est du bien bon monde malgré leurs petits défauts...

Annie Bonneau

Roberval




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