Une élection de bilan

OPINION / Avec la démission de mon collègue Denis Lebel dans Lac-Saint-Jean,... (Infographie Le Soleil)

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OPINION / Avec la démission de mon collègue Denis Lebel dans Lac-Saint-Jean, nous serons plongés dans une élection partielle au cours des prochains mois.

La députée de Jonquière, Karine Trudel,... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

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La députée de Jonquière, Karine Trudel,

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Mettons les choses au clair : cette partielle sera l'occasion de juger le bilan de Justin Trudeau pour les régions. Car M. Trudeau est maître de l'image, mais est également maître de la manipulation et de l'abandon de promesses électorales.

Cette semaine en conférence de presse, il a lui-même avoué qu'il souhaitait le vote préférentiel et comme ni le comité, ni les experts, ni la population n'en voulaient, c'était de leur faute s'il avait dû abandonner sa promesse. De quoi nourrir le cynisme pour les cinquante prochaines années !

Et que dire du bilan de Trudeau pour la forêt ? Combien de nos gens ont dû aller se battre à Ottawa pour un programme de soutien dans le bois d'oeuvre ? Et encore, le programme annoncé ne propose que 250 millions d'argent neuf sur trois ans, alors que les travailleurs du surcalandré de Kénogami et Dolbeau attendent toujours un appel d'Ottawa...

Quant au dossier du lait diafiltré, des compensations pour les producteurs de lait ou des quotas d'importation de fromages européens, Trudeau n'a tout simplement pas livré la marchandise, démontrant qu'on ne peut lui faire confiance pour colmater les brèches dans la gestion de l'offre.

Pensons aussi au dossier très important pour les régions de la téléphonie cellulaire. Trudeau a annoncé fièrement un programme de 500 millions pour brancher les Canadiens dans son budget 2016, mais son gouvernement a refusé d'écouter les communautés rurales. Résultat : la technologie cellulaire n'était pas admissible à ce programme...

Pour le dire simplement, Trudeau préfère gouverner pour les grandes métropoles du pays plutôt que de traiter avec tout le respect et la considération que méritent les dossiers des régions du Québec.

Au NPD, nous croyons que ne devons pas récompenser électoralement un gouvernement au bilan médiocre, qui néglige les régions et brise constamment ses promesses. Les électeurs de Lac-Saint-Jean auront bientôt l'occasion de lancer ce message clair à Trudeau : la victoire électorale, il ne la mérite tout simplement pas.

Karine Trudel

Députée NPD de Jonquière

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques alimentaires,... (Photo courtoisie, Université Dalhousie) - image 2.0

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Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques alimentaires, Université Dalhousie

Photo courtoisie, Université Dalhousie

Tim Hortons : au-delà des uniformes bruns

OPINION / À coup de poursuites, les franchisés de la chaîne Tim Hortons se révoltent ces temps-ci. Plusieurs franchisés accusent le siège social, Restaurant Brands International (RBI), basé à Oakville en Ontario, de changer les ententes contractuelles sans avertissement et d'usurper des profits aux restaurateurs franchisés. Certains soupçonnent même que RBI dépense à d'autres fins des fonds destinés à la publicité, et ce, sans le consentement des opérateurs. Bref, la confiance n'existe plus. 

Essentiellement, deux cultures organisationnelles s'affrontent. D'un côté, depuis plus de 50 ans, Tim Hortons s'est progressivement tissé une place dans notre société en devenant un membre socialement engagé au sein de plusieurs communautés, partout. Malgré les interminables files d'attente, les consommateurs demeuraient fidèles et se ruaient toujours pour un café, beigne ou autre. Le service et l'abondance des produits ne faisaient jamais défaut. Aujourd'hui, avec l'approche RBI, le stock pour plusieurs produits vient souvent à manquer en milieu d'après-midi et la qualité du service a changé dans plusieurs succursales, malgré la bonne volonté des opérateurs. 

Mais pour les consommateurs, ces différences restent très subtiles. Pour le commun des mortels, Tim Hortons demeure la même entreprise. Les uniformes bruns, laids à mourir, les longs délais au service à l'auto, la promotion « Déroule le rebord pour gagner » et les campagnes pour les camps d'été sont toujours là. Le design des restaurants n'a pas changé non plus depuis l'arrivée de RBI, mais tout cela n'est qu'un mirage. 

Malgré les apparences, Tim Hortons a changé depuis l'achat de RBI, en 2014. Tim Hortons, un emblème de la restauration canadienne, fait désormais partie d'un portfolio imposant de chaînes de restauration rapide. L'idée derrière RBI se résume à créer un méga conglomérat afin de générer des économies d'échelle à plusieurs niveaux. Les chaînes Burger King et Popeye aux États-Unis appartiennent aussi à RBI. Et pour ceux qui se le demandent, RBI a établi son siège social au Canada pour économiser des impôts, point. Si le président Trump adopte sa nouvelle politique fiscale qui prévoit une diminution considérable des impôts aux entreprises, il y a fort à parier que RBI devienne américaine puisque sa loyauté envers le Canada se justifie simplement par les bilans financiers, ou presque. 

La majorité des actions de RBI appartient à la géante brésilienne 3G Capital. Bien sûr, dans le domaine agroalimentaire, l'entreprise 3G Capital est surtout connue pour son style de gestion insensible, presque impitoyable. Le couperet est son outil de choix et pour un secteur connu pour sa réputation traditionaliste, on accueille toujours mal l'arrivée de 3G Capital dans le portrait. Parlez-en à Kraft et Heinz. 

L'objectif premier de RBI est de faire de l'argent et satisfaire les actionnaires, à tout prix. Et depuis 2014, l'entreprise le fait avec une main de maître. La valeur de l'action a pratiquement doublé depuis trois ans, et sa performance boursière surpasse plusieurs entreprises du même secteur. L'action de RBI vaut environ 80 dollars maintenant. Plusieurs analystes s'entendent pour dire que RBI gère efficacement ses coûts, de façon magistrale, et limite les dépenses futiles. Pour se faire, elle peaufine ses méthodes d'approvisionnement, ses politiques d'achat de produits locaux, ses protocoles pour les pratiques en magasin, tout. L'essentiel mise sur la réduction des coûts pour la maison mère afin qu'elle puisse développer de nouveaux marchés à l'international. Et elle s'attend à ce que les restaurateurs suivent. Mais certains ne veulent rien savoir et les choses risquent de s'envenimer. 

Plusieurs ont investi des centaines de milliers de dollars, parfois des millions afin de démarrer un restaurant Tim Hortons. Pendant des années, une franchise Tim Hortons représentait ni plus ni moins une machine à imprimer de l'argent et fournissait l'accès à un fonds de pension généreux et assuré. Mais plusieurs s'inquiètent de l'avenir de l'entreprise, de l'image de marque de Tim Hortons, l'une des plus connues au pays. Plusieurs associent même la marque de Tim Hortons avec celle du Canada, ici et ailleurs, rien de moins. 

D'une part, les franchisés devront comprendre qu'il faut adhérer à de nouvelles règles. Les choses ne seront plus jamais les mêmes. RBI quant à elle, peut imposer sa loi tout en reconnaissant la valeur de la marque pour plusieurs communautés. Autrement dit, des changements trop importants pourraient nuire à la chaîne à long terme. Un jour ou l'autre, les consommateurs s'apercevront que l'engagement communautaire et le soin que portait l'entreprise envers les régions ne sont plus que ce qu'ils étaient.

Sylvain Charlebois

Doyen de la Faculté en Management et professeur en Distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie




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