Grâce et disgrâce

OPINION / Elle grandit lentement au fil du temps. Son apparence s'affinait et... (Infographie Le Soleil)

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Infographie Le Soleil

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Le Quotidien

OPINION / Elle grandit lentement au fil du temps. Son apparence s'affinait et sa robe immaculée s'évasant jusqu'au sol lui conférait ce port de reine qui la distinguait. En s'élançant vers le ciel, sa grandeur et sa magnificence en imposaient. Son teint d'albâtre s'animait aux caprices du soleil et du vent, et ses joyaux projetaient sur son flanc une variante de prismes multicolores ou de lueurs éthérées faisant la joie des regards.

Sa présence s'intégrait dans la vie de chacun et inspirait calme et abandon. Son coeur débordant d'amour apaisait et redonnait confiance à qui s'extrayait du bruit pour écouter son silence. 

Le réconfort de ses paroles pénétrait les âmes. Tous sentiments confondus, dans un élan de ferveur on lui rendait grâce.

Pourtant avec le temps, on se lassa de sa vision, son règne de gloire faiblit. Son coeur vibrait autant, mais des tourbillons nouveaux engourdissaient les esprits et proposaient des voies différentes. 

On la négligeait, on la renia. L'âme se mourait, elle dépérissait faute de soins et c'est ainsi que l'église Notre-Dame de Fatima, ce bijou architectural de 55 ans fut désacralisé. 

Ce n'était plus qu'un immense bloc de béton qui gênait, personne n'osant s'y attaquer. 

Elle restait debout, défiant le temps et les intempéries dans l'attente du sort qu'on lui réservait. Le couperet tomba : elle fut condamnée à disparaître. 

Sans appartenance, sa jeunesse n'a pu rivaliser avec d'autres monstres, sacrés depuis des siècles et orgueils des générations. 

Aujourd'hui qui peut parler de durée ! La démolition s'opéra et les coups de butoir vinrent à bout de sa résistance. 

Tous les jours, je voyais l'acharnement auquel on l'astreignait.

Et je fis un rêve... En me faufilant à l'intérieur, je sentais m'environnant comme un silence lourd de reproche et je n'osais poursuivre. 

Dans cette immense grotte qui cachait ses plaies sous un amas de poussière et de débris, je levais la tête vers la voûte à ciel ouvert où s'accrochaient encore quelques pans de vitraux qui faisaient la fierté de sa jeunesse. 

Mais le soleil n'y brillait plus et elle sombrait dans la pénombre. J'avançais à pas feutrés et l'écho qui amplifiait mes pas se répercutait sur les parois dénudées, donnant un soupçon de vie à ce silence de mort. 

En fermant les yeux, j'imaginais les confessions, les chuchotements, les espérances, les déceptions flottant au milieu de l'encens. 

Seule et en harmonie, je revis défiler mes années ferventes, attentive au murmure du souffle qui passait, et des poussières qui se déposaient sur ma tête.

Ce rêve me fut la dernière faveur accordée.

Véronique Fortin

Saguenay

Chorégraphies inappropriées

Je suis encore sous le choc !

J'ai vu samedi dernier une chorégraphie composée d'une dizaine de jeunes d'environ 8 à 10 ans.

Il y a eu un moment où les danseuses marchaient en direction du public, de dos aux danseurs. 

Les jeunes garçons, encore des enfants, ont mimé le geste épouvantable de tirer au fusil sur les filles. Les quatre garçons ont en même temps fait feu sur les fillettes qui leur faisaient dos.

Le ou la chorégraphe a fait preuve d'un étonnant manque de jugement.

Et que dire de la direction qui a approuvé ce geste violent.

À plusieurs occasions au courant de la soirée, les choix musicaux ont permis d'entendre des textes extrêmement violents. 

Danser sur des phrases répétitives disant « KILLER MONSTER » ou encore « ASS BITCH » et encore bien d'autres mots vulgaires et violents.

Dans école (de danse), il y a le mot « école » qui est synonyme de lieu d'enseignement.

On y retrouve des enfants à partir de 4 ans, des adolescents et des adultes.

Annie Perron

Chicoutimi

Si diluvienne...

Ample la pluie sur nos terres inondées d'elle,

Déferlante sans pitié dans son déluge infligée,

L'eau ultime force et ardeur dévastatrice,

Elle jadis si fine en nos averses coutumières.

Mais la voici qui sans cesse tombe ardemment,

Sans relâche, abondamment diluvienne sur nous,

Emportant dans sa folie, nos maisons nos attaches,

Se moquant de nos foyers, se fichant de nos repères.

C'est écrit, l'eau dans sa colère reprendra sa place,

À nouveau reine, submergeant tout du terrestre,

Mettra un terme au règne de notre désertification,

Endiguant l'humanité pour redevenir source de vie.

Yvan Giguère

Saguenay




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