Entraide et solidarité

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Des bénévoles remplissent des sacs de sable au centre socioculturel de L'Île-Bizard, le 6 mai.

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Le Quotidien

OPINION / J'ai été touché de près par le même drame que vivent des centaines de sinistrés en ce moment dans la foulée des inondations du Québec. Le déluge du Saguenay de 1996 fut une grande épreuve pour bon nombre de mes concitoyens.

On n'a pas idée de la détresse que peuvent vivre des gens qui voient leurs maisons être complètement inondées par la crue des eaux et qui doivent finalement évacuer les lieux.

Bien que les médias nous offrent des images quotidiennes de la situation des sinistrés, il faut être présent sur place, près d'eux, pour constater toute la mesure du drame humain qui se joue. 

Mais c'est surtout quand on est confronté soi-même avec ce drame qu'on constate que les mots entraide et solidarité n'ont pas de prix. Que sans le secours de ses semblables, il serait impensable de se sortir du chaos personnel dans lequel on est plongé. 

Je voudrais donc ici rendre hommage à tous ceux et celles qui répondent présents auprès des sinistrés des inondations du Québec. Tous ceux qui apportent leur aide et leur soutien. C'est eux qui font toute la différence. 

Pour avoir vécu le déluge du Saguenay, je sais de quoi il en retourne. Je garde en mémoire vive, 20 ans plus tard, des visages si chers, des mots de réconforts, des mains tendues et tous les gestes de soutien posés. 

Je souhaite aux sinistrés actuels le même élan de solidarité que nous avons connu en 1996.

Yvan Giguère

Saguenay

Aux sinistrés

Quelles paroles vous dire, à vous qui, depuis des jours, êtes aux prises avec des rivières qui ont perdu leurs repères ? Quelles paroles, et d'entrée de jeu, car je veux être clair, quelles paroles chrétiennes ? Je suis embarrassé pour les dire, parce que je n'ai pas encore la théologie pertinente pour parler à des citoyens et à des citoyennes d'un Québec sécularisé depuis peu. 

Mais je prends de l'assurance en me rappelant que j'ai été moi-même sinistré, il y a 50 ans. 

J'habitais dans une maison mobile, près du fleuve. Or, un printemps, c'est en chaloupe que je devais sortir de chez moi et y retourner. Inutile d'ajouter que la maison a gardé des traces de cette inondation.

La pire chose qui pourrait arriver à l'un ou l'autre d'entre vous qui est seul serait de désespérer de trouver quelqu'un qui veut, avec vous, traverser cette saison extrêmement difficile. Pourtant, ce quelqu'un viendra, « mais il faut d'abord, disait Martin Gray, croire qu'il existe ». De fait, il y a, selon la parabole du bon Samaritain, quelqu'un qui est en marche vers vous, et ce sera souvent la personne la moins attendue, comme dans cette histoire qu'a racontée Jésus.

De fait, « l'être humain obéit à des lois bien curieuses », disait Etty Hillesum. La misère que l'on fuit est celle qui nous rassemble. Il suffit de vous voir passer des milliers de sacs de sable de main en main, ensemble, livrant ensemble le même combat. Dans cette chaîne, il n'y a plus, pour paraphraser le mot de l'apôtre Paul aux Galates, ni gens de chez vous ni gens d'ailleurs, ni cols blancs ni cols bleus : tous, vous n'êtes plus qu'un.

En fait, l'être humain n'obéit pas nécessairement « à des lois bien curieuses ». S'il est Québécois, « il est conduit, dirait François Varillon, selon une logique intérieure qui est celle du christianisme. Logique, enseignait l'éminent théologien, du style de vie, de la qualité de l'existence que vient instaurer Jésus. En un mot, la logique même de l'amour. »

Quelles sont les perspectives des mois à venir ? Au coeur de l'été, on vous verra assis paisiblement sur les berges, comme une compagnie de vétérans après des semaines de campagne. On dira alors : « La guerre contre l'invasion des eaux et ses suites est bel et bien terminée. Ils ont signé l'armistice avec les rivières. » Vous serez alors des commentateurs existentiels de l'apôtre Paul : « L'espérance ne déçoit pas. »

Je n'ai pas d'autres paroles à ajouter après cette recommandation de Paul : « Donnez du courage à ceux qui en ont peu, soutenez les faibles, soyez patients envers tous. »

Gérard Marier, prêtre

Ex-sinistré

Victoriaville

Le prix de l'inaction

Je sympathise avec tous les sinistrés qui vivent une situation pénible et déstabilisante à moyen terme. Ce qui est le plus épouvantable, c'est le laxisme des politiciens qui pour des raisons bassement électoralistes ont laissé les élus municipaux et de plusieurs résidants de zones inondables agrandir ces zones et permettre le développement ou la reconstruction dans ces nouvelles limites. Beaucoup de résidants sont aussi responsables de leurs malheurs par leur désir de vivre près de l'eau même lorsque les compagnies d'assurances refusent de les assurer ou chargent une prime élevée.

Si les élus de tous les paliers de gouvernements ne mettent pas leurs culottes dans ce dossier, il y aura d'autres dégâts et des pires au cours des prochaines années. Une loi n'empêchera pas les rivières de déborder, mais réduira les malheurs aux personnes et les dommages aux biens si les limites de ces zones sont repoussées. Chaque catastrophe cause son lot de malheurs et coûte des millions de dollars de fonds publics. Cet impact pourrait être réduit en agissant promptement et en pensant aux conséquences de l'inaction.

Yves St-Louis

Québec




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