Pas sur le dos des petits

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«Nous représentons 11 000 salarié-es en centres de la petite enfance et quelque 3300 responsables en services de garde en milieu familial régis, en plus du personnel enseignant de l'ordre collégial en éducation à la petite enfance.»

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Le Quotidien

OPINION / Les services de garde à l'enfance font partie du quotidien des familles québécoises. Ils sont des alliés indissociables de la réussite éducative et de la conciliation famille-travail-études. Ces services sont des milieux de vie pour les enfants et pour les milliers de travailleuses et de travailleurs qui y oeuvrent. Mais force est de constater que le gouvernement ne partage pas cette vision.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est bien placée pour rendre compte de l'état des services de garde éducatifs. Nous représentons 11 000 salarié-es en centres de la petite enfance et quelque 3300 responsables en services de garde en milieu familial régis, en plus du personnel enseignant de l'ordre collégial en éducation à la petite enfance. Nous sommes souvent intervenues pour défendre les acquis en matière de politiques familiales, comme lors de notre récente campagne publique « Un réseau qui fait grandir », où plus de 80 000 cartes postales ont été signées par une majorité de parents en faveur du maintien des services de garde éducatifs. Malgré la grogne populaire et les pressions sociales, le gouvernement Couillard a poursuivi le saccage du réseau, sans n'avoir jamais fait la moindre étude d'impact, et à l'encontre de sa promesse électorale de ne pas imposer de choc tarifaire.

Il faut rappeler que c'est sous ce même gouvernement que le réseau a connu ses pires revers : fin de la tarification universelle et imposition de hausses tarifaires selon le revenu familial, révision du mode de financement des services de garde subventionnés, compressions budgétaires de plus 300 millions de dollars depuis 2014, développement tous azimuts des garderies commerciales au détriment de places régies et subventionnées, en plus de la hausse des crédits d'impôt aux parents utilisateurs de services de garde commerciaux. Le nombre de places dans les garderies non subventionnées a ainsi grimpé de 784 % depuis 2009, selon les données du ministère de la Famille. Outre quelques millions de dollars saupoudrés ici et là pour calmer le jeu, le gouvernement poursuit ses politiques régressives dans les services de garde, malgré des surplus de plus de 5,7 milliards de dollars engendrés par des compressions budgétaires dans différentes missions de l'État.

La CSN entend poursuivre la bataille pour mettre fin à la volonté du gouvernement de faire de nos enfants des occasions d'affaires. Nous porterons ce message au cours des prochains mois : « Pas de profit sur le dos des petits » est le slogan de notre nouvelle campagne et nous le répéterons sur toutes les tribunes !

Les 4 et 5 mai, 500 intervenantes et intervenants ainsi que des spécialistes en services de garde éducatifs se réuniront dans le cadre du Sommet sur l'éducation à la petite enfance. Organisé par l'Association québécoise des centres de la petite enfance, avec le concours de l'Institut du Nouveau Monde, cet événement fait suite à une série de consultations menées dans 14 villes du Québec, à l'automne dernier.

La CSN et plusieurs des syndicats qu'elle représente en petite enfance ont contribué activement à alimenter le rapport de la Commission itinérante sur l'éducation à la petite enfance qui contient plusieurs résolutions fort pertinentes. La tenue de ce sommet constitue un moment privilégié pour faire le bilan des politiques familiales et pour dégager des pistes de solution et les consensus nécessaires visant à consolider et à développer des services de qualité, accessibles et universels.

Il est à souhaiter que la tenue du Sommet sur l'éducation à la petite enfance envoie le message que le temps de l'austérité et des politiques néolibérales est révolu et qu'il n'est pas question de faire des profits sur le dos des tout-petits !

Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN




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