Ouellet au Bloc

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De nombreuses critiques continuent de se faire entendre concernant le double statut de Martine Ouellet. 

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Le Quotidien

OPINION / Il n'est pas facile de s'engager en politique active, surtout lorsque la personne est le sujet de nombreuses critiques. Non seulement les adversaires nous attaquent, mais également des personnes provenant du même milieu ou présentant des similitudes de pensées ne se gênent pas pour critiquer. C'est ce qui se passe avec Mme Martine Ouellet qui vient d'être élue par acclamation nouveau chef du Bloc québécois.

Plusieurs lui reprochent de s'en mettre trop sur les épaules en acceptant de demeurer députée à Québec tout en acceptant de nouvelles responsabilités à titre de chef d'un parti fédéral... souverainiste. Laissons Jean-Marc Fournier tenter par tous les moyens de la discréditer à propos de ce double emploi, mais personnellement je m'inscris en faux contre toutes ces attaques. Et voici pourquoi.

Premièrement, Mme Ouellet a été élue démocratiquement par les électeurs de sa circonscription de Vachon et elle a le mandat de bien les représenter jusqu'à la fin, ce qu'elle compte faire d'ailleurs en leur accordant sa présence et sa compétence. Deuxièmement, elle a été élue démocratiquement à titre de chef du BQ, n'en déplaise aux personnes qui auraient souhaité une ou deux autres candidatures. Depuis février 2016, il avait été décidé que la course se tiendrait en février-mars 2017 ; alors il y avait suffisamment de temps pour voir venir les événements.

Enfin, n'est-ce pas là un formidable précédent de pouvoir supporter une femme, de surcroît souverainiste, à la fois déterminée et passionnée, et qui ne peut qu'apporter une contribution constructive à la démarche indépendantiste ? Regardons ce qui se passe en Écosse avec le renouveau du Parti national, lui aussi en mesure de mener le peuple écossais vers son indépendance face à un Royaume-Uni qui a décidé de quitter l'Union européenne. Pourquoi les Écossais, tout comme les Québécois, ne pourraient-ils pas décider eux-mêmes de leurs propres orientations politiques et territoriales ?

Tous les Québécois sont concernés par l'avenir de notre nation. Il en va de la survie de notre langue, de notre culture, de nos valeurs et de notre environnement tout en demeurant ouvert sur le monde. Sachons prendre part sereinement au débat.

Pierre Forest, Jonquière

Félix et Piché

OPINION / Qu'ont en commun Félix Leclerc et Paul Piché, outre le fait qu'ils soient tous les deux des auteurs-compositeurs-interprètes québécois ? Tenez, je vous donne ma réponse bien à moi : ce sont deux artistes de la chanson qui m'ont interpellé dès mon plus jeune âge. Félix à 10 ans à la petite école. Piché a marqué mon adolescence au secondaire.

L'un est disparu, mais est toujours bien vivant dans le coeur des Québécois ou des Français. Son oeuvre est toujours bien vivante ! L'autre du haut de ses 63 ans, célébrera sur scène le 17 mars, au Centre Bell, ses 40 ans de carrière.

Les deux sont des bardes. Les deux ont hissé bien haut le drapeau du Québec et ont fait l'éloge de notre langue française. Félix est devenu un personnage historique. Un géant de notre culture ! Le père de la chanson québécoise, rien de moins.

Piché porte sur ses larges épaules ce qui reste encore de beau à dire de nous. Piché a la stature de ceux et celles qui chantent nos espoirs et qui portent en eux notre fibre identitaire. Et comme Félix, Piché aborde des thèmes universels dans ses chansons ; la fraternité, l'amour, la guerre, la paix, l'espoir, etc.

Mais qu'ont aussi en commun Félix et Piché ? Peut-être le fait qu'on a tendance à les faire oublier. Un jeune commis de supermarché, mi-vingtaine, à qui je disais que j'offrais à l'occasion des conférences sur Félix Leclerc, me dit que ce nom lui disait quelque chose. Il savait bien qu'une autoroute portait son nom de même qu'une école et une rue. Je lui ai alors dit que c'était un grand auteur-compositeur du Québec, de même qu'un écrivain marquant de notre littérature. Quand je le revis quelques jours plus tard, il avait navigué sur le Web sur son téléphone intelligent et il me fredonna fièrement Le p'tit bonheur. Il me dit aussi qu'il passerait à sa bibliothèque pour emprunter le roman Pieds nus dans l'aube, puisqu'il avait aussi lu sur Internet que le cinéaste Francis Leclerc préparait un film inspiré du roman de son célèbre père. Je me suis dit humblement que j'avais fait, malgré moi, mon p'tit devoir de mémoire. Le jeune homme n'avait jamais entendu parler de Félix Leclerc à l'école.

En 2014, dans une auberge de jeunesse où j'étais de passage pour un petit contrat, je demandai à la préposée à la réception, début vingtaine et étudiante brillante en art et en cinéma, si elle connaissait Paul Piché. Non, me répondit-elle ! Mais, en moins de deux, elle empoigna la souris de l'ordinateur devant elle et tomba sur la chanson Un château de sable qu'elle écouta religieusement et qu'elle trouva géniale. Elle ajouta alors Paul Piché à ses favoris et fit jouer, à quelques reprises durant l'été, ses chansons dans ladite auberge de jeunesse. Elle n'avait jamais entendu parler de Paul Piché avant, surtout pas à l'école.

Alors pas trop difficile de faire le constat suivant ; ce n'est pas dans nos établissements scolaires, en 2017, que les jeunes d'aujourd'hui risquent d'entendre parler pour la peine des grands noms de la chanson québécoise. Pas même d'un artiste de la chanson qui a marqué la francophonie et qui fait figure de légende. Et j'ai nommé, Félix Leclerc. Pas plus d'un de nos plus brillants auteurs-compositeurs toujours bien vivant en la personne de Paul Piché.

Yvan Giguère, Saguenay




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