Drôles d'arguments

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En 2017, Le Progrès du Saguenay célèbre son 130e anniversaire d'existence.

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Le Quotidien

OPINION / M. Normand Boivin, c'est un euphémisme de dire que la lecture de votre chronique du 22 février m'a proprement soufflé. La démarche dialectique que vous faites est vraiment inouïe. Le mot « week-end », selon vous, serait acceptable, étant donné qu'on peut commettre des fautes plus graves. Dans la foulée de votre logique, je pourrais donc impunément tabasser mon voisin, étant donné que je pourrais tout aussi bien l'occire.

En outre, vous osez soutenir que l'expression « fin de semaine » est une impropriété, parce qu'elle ne désignerait que le samedi. Ne vous a-t-on pas appris que telle expression a tel ou tel sens en vertu d'une convention ? Si « fin de semaine » vous égare, je comprends mal que « week-end » vous semble plus pertinent, puisque c'est la juxtaposition de deux mots dont l'un signifie « semaine », l'autre, « fin ».

Plusieurs de mes connaissances m'ont demandé de réagir, d'envoyer un mot au Progrès du Saguenay pour protester contre le changement de nom du Progrès-Dimanche, mais je m'y refusais, croyant qu'on ne publierait pas mon intervention. Mais votre texte de ce matin m'incite trop forcément à changer d'idée pour que je demeure coi. Si on ne me publie pas, peut-être vous acheminera-t-on mes protestations. Vous l'aurez compris, je ne suis pas seul à penser que le changement de nom du journal est inapproprié. Le mot « week-end » ainsi mis en vedette, ça reste dans la gorge de pas mal de gens. Ça demeure un anglicisme, aussi vrai que « la caque sent toujours le hareng ». Et, si ce mot est francisé, il pue son « british » à plein nez et, au pays de la tourtière, on ne l'aime pas beaucoup.

Il est vrai que les médias parlés font tout pour nous imposer des anglicismes en donnant à leurs émissions des noms qui comportent un ou plusieurs mots anglais.

Il est également vrai que les Français croient se donner un genre en mettant dans leur conversation le plus possible de mots d'outre-Manche. Ils nous ont précisément refilé le mot « week-end ». Cependant, les Français, c'est bien beau de vouloir les imiter, mais, pour paraphraser Molière (Les Femmes savantes) en un peu plus vulgaire, j'affirme que, même quand on veut prendre quelqu'un pour modèle, on n'est pas tenu de roter et de péter comme lui.

Clément Martel

Chicoutimi




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