L'amour : ce n'est pas pour tout le monde

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Le Quotidien

OPINION / En cette belle journée de la Saint-Valentin, on célèbre l'amour et l'entraide, cependant des gens n'ont pas ce droit de vivre ce fameux sentiment amoureux. Une injustice touche les personnes assistées sociales qui partagent un logement. En effet, ces personnes sont coupables de « vie maritale », selon les critères du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Ces gens subissent de lourdes pénalités financières, qui peuvent aussi mener à la suppression totale de leur prestation. En amour, tu paies pour !

Pour considérer la vie maritale, le ministère se base sur trois critères :

La cohabitation : est-ce des colocataires, des amis ou est-ce simplement deux adultes qui partagent le même logement pour réduire les coûts ? Ces accusations peuvent même s'abattre sur des voisins ! Monsieur X a son logement du côté pair de la rue Morin et madame Y, en face du côté impair. Et bien parce qu'ils se voient occasionnellement pour un café chez elle et que monsieur lui donne parfois une partie de nourriture cuisinée en trop, devinez ce que l'agent a fait ? Eh oui, ils les considèrent comme un couple. Pour l'agent d'aide sociale, un des deux paie un logement et électricité pour cacher qu'ils sont un couple.

La commune renommée : ce que le monde peut penser. Les enquêteurs peuvent aller voir les voisins et les proches afin de récolter des indices d'une possible relation amoureuse. Ils vérifient ainsi avec l'entourage si ces personnes passent beaucoup de temps ensemble, ou bien si elles manifestent des marques d'affection en public. Ils demandent aussi si les personnes se font des cadeaux à leur anniversaire ou à Noël.

Le secours mutuel : les agents veulent savoir si des personnes s'entraident notamment pour la préparation des repas, le partage des factures et le soutien affectif. Donc, deux personnes en situation de pauvreté ne peuvent s'aider sans avoir la peur de voir ses prestations être coupées ou annulées. C'est un critère qui encourage l'individualisme et plonge ces personnes dans la solitude. Bref, à l'aide sociale, l'entraide te nuit.

Ces personnes sont mises dans une situation délicate. Est-il préférable de se séparer ? C'est le cas de Monique Girard, militante à L.A.S.T.U.S.E. Saguenay et prestataire de l'aide sociale suite à un accident qui l'a rendue inapte il y a de ça neuf ans, qui a dû mettre fin à sa relation par peur d'être coupé de 300 $.

Pour l'abolition de la coupure pour ''vie maritale'' !

En 2017, il est difficile pour les personnes à l'aide sociale de vivre pleinement l'amour, car cette situation apporte du stress et de l'insécurité. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec de retirer cette clause de la loi sur l'aide sociale et de tout système d'aide. Nous sommes convaincues que chaque personne doit avoir accès à un revenu social universel garanti. Ce revenu, versé individuellement, permettrait de sortir de la pauvreté et d'assurer à tous et toutes la dignité, l'autonomie, la liberté et le respect de la vie privée, peu importe l'état si la personne est en amour ou non. Une personne = un chèque, en tout temps.

Kelly Bélanger-Ampleman

Monique Girard

L.A.S.T.U.S.E.

Pour une véritable réforme

Les Producteurs de grains du Québec, qui représentent quelque 11 000 productrices et producteurs présents dans toutes les régions du Québec, saluent la décision du gouvernement du Québec d'annuler la révision administrative du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA). Ils espèrent du même souffle que le gouvernement profitera de l'occasion pour lancer de véritables travaux pour une réforme de la fiscalité agricole.

Après avoir nommé un expert pour faire le point sur la question, c'était la seule bonne chose à faire. Il aurait été intenable de maintenir en vigueur une révision dont on ne connaît pas les effets réels. Si on se fie à ses déclarations publiques, le ministre Lessard commence donc son nouveau mandat sur une note constructive. Il doit maintenant aller plus loin et mettre fin, une fois pour toutes, au déséquilibre actuel de la fiscalité agricole.

Les producteurs font déjà amplement leur part pour financer les services municipaux. En effet, au net, les entreprises agricoles du Québec versent plus de 42 millions $ par année en taxes municipales et scolaires. Parmi celles-ci, on compte les producteurs de grains, qui cultivent plus de 900 000 hectares de terre. Ils produisent et commercialisent principalement des grains de céréales (maïs, blé, orge, avoine) et d'oléagineux (soya, canola), pour un chiffre d'affaires annuel de 1,1 milliard de dollars.

Christian Overbeek

Président des Producteurs de grains du Québec




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