Des élèves marqués à jamais

OPINION / Bonjour M. Blackburn, c'est toujours avec plaisir que je lis vos... (123RF/dolgachov)

Agrandir

123RF/dolgachov

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINION / Bonjour M. Blackburn, c'est toujours avec plaisir que je lis vos chroniques dans le journal Le Quotidien. Mais celui de ce matin (9 février) m'a particulièrement marquée.

C'est pourquoi je tenais à vous partager ce que nous avons vécu lors du décès de maman, âgée de 98 ans et cela, il y a un peu plus de trois ans. 

De ses élèves, à qui elle avait enseigné en première année, sont venus la saluer une dernière fois et dire à la famille quel bon professeur elle avait été pour eux. Ces « élèves » avaient autour de 80 ans ! Bien plus ! Lors de la célébration à l'église des 70 ans de mariage de mes parents, l'un d'eux est venu offrir une rose à maman. Comme vous pouvez le constater, un professeur qui a marqué ta vie, c'est pour la vie. 

Dans ma famille, je me réjouis d'avoir une fille dans l'enseignement à Sainte-Anne-des-Plaines dans le nord de Montréal, milieu très défavorisé. Comme ma mère, elle fait la différence dans la vie des jeunes et même des parents par son engagement et son amour des jeunes. Elle me raconte des événements qu'elle a vécus et vit encore et c'est toujours plein d'émotion. Quand je lisais l'article sur le professeur Jacques Vaillancourt, je ne pouvais m'empêcher de penser à ma belle grande fille qui s'investit corps et âme pour rendre son enseignement vivant et faire découvrir à chaque jeune toute la valeur de sa personnalité. Merci à vous de rendre hommage à ces chers enseignants et enseignantes qui savent faire la différence dans la vie des jeunes.

Merci également de nous offrir ces écrits pleins de joie et d'espérance.

Monique Caron 

Saguenay

Une oeuvre à poursuivre

Bonjour M. Blackburn, je reçois le journal Le Quotidien tous les matins et je lis plusieurs des articles. J'avais bien vu votre article et lu le début où vous parlez des qualités d'un bon prof, mais ne m'étais pas rendu jusqu'à la fin.

C'est mon frère, Gilles, des Verts boisés du fjord, qui m'a téléphoné juste avant le dîner pour me lire le texte au téléphone, et cela jusqu'à la fin.

J'ai été surpris d'être identifié comme l'un de ces bons profs. Oui et non, car j'ai toujours aimé mes élèves au collège, même si ce n'était pas l'enseignement auquel je pensais après ma maîtrise en sociologie à l'Université d'Ottawa. C'était la recherche qui m'intéressait, mais je me suis laissé prendre par l'enseignement et je n'ai jamais regretté. Que mes élèves et moi avons eu du plaisir en classe, même si on travaillait très fort : en classe, à la bibliothèque à l'occasion et en laboratoire informatique où mes élèves apprenaient à traiter et à interpréter des milliers de données quantitatives que je compilais pour eux en santé mentale et physique.

Quelle belle complicité nous avions. C'est pour eux que j'avais commencé cette banque de textes numériques en sciences sociales et humaines ainsi qu'en philosophie pour leur donner le goût de ces disciplines intellectuelles, leur faire comprendre, de manière concrète, pourquoi nous étions en sciences humaines et que mieux nous serions formés, mieux nous pourrions comprendre et espérer intervenir avec succès.

Je suis à la retraite depuis 2011 et j'ai aimé enseigner jusqu'à la dernière journée.

Depuis, je continue ce que j'avais commencé au début des années 90, et mon épouse et moi consacrons tout notre temps au développement de cette belle bibliothèque numérique en libre accès à tous.

Si vous pouviez lire les messages touchants que je reçois de jeunes universitaires haïtiens, du Cameroun, de Côte d'Ivoire, du Maroc, du Sénégal et de combien d'autres pays où je n'irai jamais. Lorsque je suis passé à Port-au-Prince l'an dernier, pour un colloque sur le libre accès aux savoirs, vous auriez dû voir les visages de ces centaines de jeunes universitaires haïtiens que j'y ai rencontrés et qui tous connaissaient et utilisaient Les Classiques des sciences sociales. Que je les ai trouvés attachants : intelligents, garçons et filles, désireux d'apprendre et soucieux du bien commun.

J'ai appris qu'ils me tenaient en haute estime à cause de mon attitude générale d'humilité et de disponibilité. Depuis, plus d'une trentaine de jeunes universitaires se sont joints à moi pour poursuivre le développement de ce lieu de libre accès aux savoirs, notamment en contribuant à la diffusion de leur propre patrimoine intellectuel haïtien.

Et depuis, bien que je sois enthousiasmé par ces jeunes désireux d'apprendre et de participer à cette oeuvre de justice cognitive, la tâche est devenue plus lourde parce que les chercheur (e) s et professeur (e) s d'université sont de plus en plus nombreux à nous accorder leur confiance en partageant leurs publications avec tous. Et c'est là qu'il nous faut faire tout le travail de numérisation, reconnaissance de caractères, révision du texte, mise en page et mise en ligne.

En espérant qu'on jour on puisse avoir un peu d'aide financière pour pouvoir embaucher une ou deux personnes qui prendront la relève et assureront la coordination de la quarantaine de bénévoles oeuvrant aux Classiques dans le monde.

Merci, M. Blackburn, pour ce bel article. Vous avez raison, les bons profs sont ceux qui émerveillent, donnent le goût de savoir, de comprendre et de surmonter les obstacles que nous rencontrons dans la vie. Et j'ai aimé mes élèves et me souciais qu'ils réussissent. Ils m'ont rendu heureux.

Jean-Marie Tremblay, C.Q.

Sociologue et professeur associé

Université du Québec à Chicoutimi

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer