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Les créanciers de l'usine d'extrusion d'aluminium Pexal-Tecalum Canada... (Archives)

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Les créanciers de l'usine d'extrusion d'aluminium Pexal-Tecalum Canada ont accepté à 95 % la proposition déposée par le syndic Fabien Tremblay cette semaine.

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Le Quotidien

L'éditorialiste du Quotidien, Marc Saint-Hilaire, serait-il dans le secret des dieux à propos de la déconfiture de la compagnie Pexal Tecalum devenue un événement malheureux à oublier pour ce dernier? À peine installée à Alma, cette industrie de deuxième transformation si prometteuse et défrayée avec nos taxes et impôts, serait compromise pour devenir un boulet nuisible à la promotion de la région. Pourquoi des entreprises ont-elles tant de difficultés à prendre racine chez nous? Trop d'apprentis-sorciers? Manque d'inspiration et de vision? Quant à l'argument de l'éloignement des grands marchés,il a le dos large.

La nouvelle compagnie Serres Toundra de Saint-Félicien devrait s'inspirer de Rotobec, principal employeur à Sainte-Justine dans Bellechasse, qui recrute, depuis quelques années, des travailleurs venus du Costa-Rica pour palier le manque de personnel québécois. Mais, comme, malheureusement, on le voit trop souvent au Québec, Rotobec ne s'est pas contenté de ce que l'on pourrait appeler une greffe risquant d'être rejetée. La compagnie, au-delà de la productivité et du profit à court terme, a pris les moyens pour assurer une véritable intégration de ses travailleurs immigrants. Pour ce faire, elle a fait appel aux ressources du milieu: la Commission scolaire, le CLSC, et autres services communautaires, en plus d'investir de l'argent pour assurer une implantation pérenne de ces nouveaux arrivants et de leurs familles. Intégration des enfants par l'école et les activités culturelles; cours de français pour les parents dans l'entreprise; moyens pour favoriser la participation des immigrants aux activités sportives et socio-culturelles. Bref, la trousse que tout entrepreneur visionnaire devrait offrir à l'étranger pour s'assurer qu'il ne quittera pas le milieu, entre autres, à cause de la marginalisation.

Serres Toundra est encore jeune, mais, se pourrait-il que ses penseurs et sa direction n'aient pas envisagé l'écueil que pourrait représenter la passivité quant à l'intégration des immigrants à Saint-Félicien? Auquel cas, ils auraient tout intérêt à consulter ceux qui ont relevé le défi de l'intégration. Car, à n'en point douter, l'entreprise qui projette d'employer, un jour, plus de 400 travailleurs n'aura pas le choix de faire venir chez nous des immigrants qui ne demanderont pas mieux, si on les appuie, que de devenir des Jeannois à part entière. En effet, compte tenu des conditions d'emploi, autant du point de vue normatif que salarial, imposées par la compagnie à ses employés, elle n'attirera pas beaucoup de Québécois pure laine, et elle devra vivre un roulement de personnel tel que la productivité et les profits seront difficilement au rendez-vous.

Ayant milité syndicalement plusieurs années, c'est la première fois que j'entends parler d'une compagnie qui crée un syndicat de la façon dont Serrres Toundra l'a fait. Vrai qu'un syndicat de complaisance se crée sous l'influence des patrons, mais de là à ce que se soit la compagnie qui l'impose à l'insu des travailleurs (accréditation syndicale, gestion des cotisations, contenu d'une convention collective...), cela dépasse l'entendement. Pour ma part, il est évident que la compagnie a voulu prendre le pas sur la volonté des employés de s'approprier les moyens de créer un rapport de force avec elle. C'est plus qu'une attitude paternaliste, c'est de la dictature: les pays du Rideau de Fer imposaient aux travailleurs leur façon de pratiquer un syndicalisme non revendicateur, assujettis aux diktats des dirigeants politiques.

Par le biais des médias, je suis depuis le début l'évolution de ce beau projet: un projet en symbiose avec une compagnie forestière dans une perspective d'économie d'énergie et de développement durable; le développement de la serriculture en territoire nordique; les retombées sociales et économiques d'un projet visionnaire, mais qui semble battre de l'aile. À la lecture des dernières nouvelles sur les Serres Toundra dans les médias, je me suis demandé en faisant l'épicerie chez IGA devant l'étalage de concombres Toundra, si j'allais en acheter ou pas. J'en ai achetés pour donner la chance à la compagnie de refaire ses devoirs. Je sais bien que ça ne pèsera pas fort dans la balance, mais à plusieurs on pourrait persuader les dirigeants de se reprendre. Ils ont été mal conseillés et ont agi de façon impulsive et inexpérimentée.

Marcel Lapointe, Jonquière

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