Curieux tout de même

Stéphan Tremblay... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Stéphan Tremblay

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le Quotidien

Curieux tout de même. Personne n'a souligné que Stéphan Tremblay est depuis 2011 le directeur du marché du carbone et de l'efficacité énergétique chez Mallette, l'importante firme de services comptables, financiers et de gestion stratégique. Lui-même est resté silencieux sur ce point dans les entrevues qu'il a accordées à la suite du mandat qu'on lui aurait confié à GNL Québec.

En fait, Stéphan Tremblay s'est lui-même chargé des relations de presse. Sur le site de Mallette, il est encore présenté comme un expert pour les projets réducteurs de gaz à effet de serre et sur la vérification des GES.

Encore plus curieux. Autant sur le site de Mallette que sur celui de GNL Québec, on ne fait aucune mention du passage de M. Tremblay à Énergie Saguenay (GNL Québec) ni de la nature de son mandat. Le site de Mallette présente toujours M. Tremblay comme un des professionnels de la firme avec les mêmes responsabilités. Conséquemment, je me questionne sérieusement sur son véritable statut professionnel.

Est-il réellement à l'emploi de GNL Québec avec le mandat annoncé, ou a-t-il plutôt été affecté par son employeur Mallette comme consultant en vertu d'une entente contractuelle avec GNL Québec? Il s'agit plus que d'une nuance dans un dossier dont les promoteurs se targuent de transparence et jouent sur la crédibilité de M. Tremblay.

Parlant de transparence, l'étude d'impact environnemental du projet GNL Québec a été accordée à la forme d'ingénieurs WSP Canada (anciennement Genivar) avec la participation du Groupe Conseil Nutshimit-Nippour, une entreprise régionale dont le 2e actionnaire et administrateur est le président de la Chambre de commerce du Saguenay, M. Carl Côté.

Rien d'illégal ni d'immoral évidemment. Mais le fait de le savoir permet de situer les enjeux et les intérêts qui se jouent dans le débat public. Au nom du droit du public à l'information.

Laval Gagnon

Chicoutimi

Des questions

Stéphan Tremblay, devenu subitement chantre du gaz naturel, en acceptant de se joindre à GNL Québec, abuse de sa position d'ex-député bien vu et apprécié pour convaincre la population des bienfaits du projet. D'autant que le prix du pétrole, qui est condamné à rester bas, les chances que le gaz naturel en prenne la place sont loin d'être évidentes. Qui plus est, quand monsieur laisse entendre qu'un déversement de gaz naturel liquéfié dans le Saguenay ne laisserait pratiquement pas de traces dans l'eau puisqu'il s'évaporerait assez rapidement, il veut nous mener en bateau... Comment peut-il déclarer cela avec autant d'assurance et d'aplomb? M. Tremblay, vous venez à peine de signer votre contrat avec GNL que vous avez déjà pris le pli, que vous savez déjà par coeur votre leçon: celle de nous transmettre béatement l'argumentaire de la compagnie. 

Quand on parle de gaz liquéfié contenu dans d'énormes réservoirs à parois épaisses, on parle de gaz qui doit être comprimé sous haute pression et refroidi à basse température pour atteindre cet état. Pour le gaz naturel, il est vrai que seule une baisse de sa température à -163 degrés est nécessaire pour le liquéfier à l'usine. Quand même, si d'énormes quantités de gaz naturel liquide (cent, deux-cents, trois-cent-mille tonnes) sont libérées sous forme gazeuse dans l'embouchure du Saguenay à partir d'un méthanier ébréché de GNL, quels seront les dommages causés à l'environnement, les humains, la faune marine, etc.? Ni vous ni moi ne le savent, puisqu'aucune expérience de grande envergure mettant en cause du gaz naturel subitement déversé en quantité énorme dans de l'eau n'a jamais été pratiquée à ce que je sache.

Mais ce qu'il est logique, par ailleurs, d'inférer, c'est que s'il a fallu d'énormes quantités d'énergie pour emprisonner un gaz à l'état liquide dans des réservoirs prévus à cet effet, la libération soudaine d'autant d'énergie fera davantage que de laisser peu de traces comme le prétend M. Tremblay. Par exemple, l'évaporation rapide d'un gaz liquide (qui sera énorme) produira une baisse importante de la température: et de l'air, et de l'eau, et du liquide gazeux lui-même, qui mettra alors un certain temps à s'éliminer. Parce qu'à la base, l'évaporation produit du froid; un refroidissement d'autant plus important que l'évaporation est grande. Quelles en seront les conséquences sur la biodiversité aquatique de l'eau devenue toxique? De plus, le gaz naturel contient en très grande partie du méthane, un gaz à effet de serre trente fois plus pernicieux que le gaz carbonique. Que pourrait produire un effet de serre de méthane de durée indéterminée localisé, par exemple sur Tadoussac et Baie Saint-Catherine? Les patrons, leurs dévots et les lobbyistes de GNL le savent-ils vraiment? Poser la question, c'est y répondre.

Marcel Lapointe

Jonquière

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