Une réflexion n'empêche pas l'action

Selon différentes études, les aliments biologiques sont de... (Photothèque Le Soleil)

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Selon différentes études, les aliments biologiques sont de 10  % à 30  % plus chers que les produits conventionnels.

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Le Quotidien

À l'invitation du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, la FCCQ a participé à la première rencontre thématique préparatoire à l'élaboration d'une politique bioalimentaire. Il s'agissait d'un forum de discussions sur les façons de répondre aux attentes très diverses des consommateurs à l'égard de l'alimentation.

Cette première rencontre thématique sera suivie de deux autres « sommets ». Tout cela pavera la voie à la publication d'une nouvelle politique bioalimentaire. En tenant compte du processus actuel, cette politique ne verra vraisemblablement pas le jour avant la fin de 2017. 

Nous comprenons l'importance de mener une réflexion stratégique afin de doter le Québec d'une vision à long terme de tout le secteur agroalimentaire. La FCCQ est cependant d'avis que cette réflexion peut être menée de pair avec la prise de certaines décisions structurantes qui s'attaquent dès maintenant à des enjeux touchant l'industrie. 

C'est le cas, par exemple, du soutien à l'innovation. Nous avons la capacité de produire, pour les consommateurs d'ici et ceux à l'extérieur de nos frontières, des quantités nettement plus grandes d'aliments frais et transformés. Cette production accrue aurait des retombées immédiates et très tangibles dans toutes les régions du Québec. Il s'agirait même d'un important gisement d'emplois pour les régions. 

Mais pour cela, il faut investir davantage dans les technologies qui vont permettre notamment de réduire les coûts, de prolonger la préservation et la qualité des aliments, de développer de nouveaux produits pour satisfaire l'extraordinaire diversité des attentes des consommateurs d'ici et d'ailleurs. 

Le secteur agroalimentaire doit bénéficier, sans autres délais, du soutien du gouvernement à l'innovation et à l'investissement. Il existe déjà des mesures d'aide, mais il faut les mettre à jour, les simplifier et accompagner de manière plus conviviale les investisseurs et les entrepreneurs. La future stratégie québécoise d'innovation, qui doit être rendue publique le printemps prochain, doit comporter des volets clairement destinés au secteur agroalimentaire, qui constitue en termes d'emplois, le plus important segment du secteur manufacturier au Québec. La future politique fédérale d'aide à l'innovation doit aussi faire une place à l'agroalimentaire, un secteur qui a été largement oublié lors des exercices précédents. 

L'autre geste d'appui attendu du gouvernement a trait à la main-d'oeuvre. Les producteurs agricoles et les transformateurs sont confrontés depuis longtemps à des difficultés de recrutement et de rétention de la main-d'oeuvre. Des efforts ont été consentis au cours des dernières années afin d'améliorer les conditions de travail et il faut poursuivre dans cette voie. Mais des mesures accompagnatrices doivent être mises en oeuvre : la révision des programmes de formation professionnelle et technique, l'accès à la formation continue, la simplification du processus d'apprentissage en milieu de travail, la stabilisation relative de la main-d'oeuvre agricole saisonnière, et les travailleurs immigrants temporaires constituent des exemples de ce qui pourrait être fait à court terme. 

À dessein, nous ne retenons que ces besoins pour lesquels il serait nettement contre-indiqué d'attendre la mise en oeuvre de la prochaine politique bioalimentaire. Quand on retarde des investissements, on manque des occasions qui ne se présenteront plus, car nos concurrents en auront déjà profité pour occuper le terrain. 

Le MAPAQ et le gouvernement peuvent et doivent à la fois réfléchir à l'agriculture des 20 prochaines années et apporter dès maintenant des solutions qui vont relancer le secteur agroalimentaire et l'économie des régions. 

Stéphane Forget, MBA

Président-directeur général

Fédération des chambres de commerce du Québec

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