Autonomie des Premières Nations

Gilbert Dominique... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Gilbert Dominique

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le Quotidien

OPINION / La lecture d'un récent article du journal Le Quotidien, concernant les négociations entre les Ilnus de Mashtueiautsh et les instances gouvernementales, me porte à me questionner sur la situation des négociations.

Je suis partiellement en accord avec M. Gilbert Dominique, chef de bande de Mashteuiatsh, lorsqu'il exige une date butoir afin d'obtenir les conditions permettant l'autonomie gouvernementale de son peuple. Je n'ai rien contre l'autonomie des Premières Nations, je ne suis toutefois pas certain du succès du résultat des moyens de pression utilisés.

En fait, mon opinion est un questionnement. Je m'intéresse vivement, depuis des lunes, aux peuples autochtones. Leur culture, leur lien avec les éléments de la nature m'inspirent grandement. J'ai vécu plusieurs mois dans trois pays d'Afrique où la cohabitation entre les Blancs et les autochtones est harmonieuse en dépit des différentes religions ou cultures de chacune des Premières Nations africaines. Les Africains ont leur culture ancestrale dans la peau et importent leurs us et coutumes, quel que soit l'endroit où ils vivent, s'adaptant à la modernité. D'ailleurs, chaque peuple parle encore sa langue natale couramment; le français ou l'anglais servant à communiquer entre chaque nation.

Je ne crois pas que les menaces de M. Dominique soient une bonne tactique. Je pense qu'une meilleure ouverture d'esprit de part et d'autre, concernant de vraies solutions gagnantes pour nos deux peuples, serait grandement préférable.

La bonne foi est toujours garante de meilleures ententes et de convivialité.

Comme nous sommes tenus au secret face à ces négociations, nous pouvons nous demander si les demandes des Premières Nations sont raisonnables, viables et acceptables. Nous pouvons aussi demander qui va payer la note de cette autonomie gouvernementale autochtone.

Je crois qu'il faudra bien régler, un de ces jours, les problèmes qui divisent nos deux peuples. Il reste à en connaître le prix, parce qu'il y a beaucoup d'argent en jeu. Tous, nous devrons vivre avec les conséquences, qu'elles soient positives ou non.

Les conditions de cette autonomie seront-elles gagnant/gagnant pour les Premières Nations et les autres habitants de la province du Québec et du Canada?

Il est indispensable de revoir la problématique des Premières Nations versus nous, les Blancs, de manière globale et empirique. Un peu de transparence serait de mise afin de gagner la confiance de tous.

Il faudra d'abord commencer par s'accepter et se respecter les uns les autres. Comment considérer et définir l'autonomie gouvernementale des Premières Nations? Est-ce le seul problème et la seule solution? Il y a une cinquantaine de nations autochtones au Québec; serait-il sage et viable de vivre avec cinquante-deux gouvernements autonomes? Comment partager les pouvoirs et la juridiction et le territoire de chacun d'eux?

Est-ce que l'autonomie, qu'exige M. Dominique, signifie que son peuple deviendra autonome à tous les points de vue? Que les Premières Nations s'autofinanceront, ou l'argent des gouvernements provincial et fédéral sera toujours nécessaire? Les Premières Nations sont-elles disposées à renoncer aux avantages qu'elles retirent du système en vigueur en ce moment? Parce que plusieurs injustices ont été commises, il y a de cela plusieurs centaines d'années, et nous n'y étions pas ni l'un ni l'autre.

On ne peut refaire le passé, mais nous pouvons, ensemble se refaire un avenir harmonieux ou tout le monde gagne.

Devrait-on abolir la notion de réserves indiennes? Personnellement, je crois qu'un des problèmes vécus par les Premières Nations est justement leur isolement, en particulier les réserves éloignées d'un grand centre. Pourquoi chaque autochtone ne pourrait-il pas vivre avec ses droits de Premières Nations honnêtement négociés, n'importe où il le désire, sans s'enclaver dans une réserve? Ces réserves, justement, n'avaient-elles pas pour but d'isoler les Premières Nations en les plaçant à l'écart?

Peut-on supposer de l'autonomie réelle des Premières Nations, si elles continuent de recevoir des compensations, des subventions, des financements de programmes spéciaux? À ce que je sache, une majorité des individus reconnus comme faisant partie desdites Premières Nations sont tout de même de grands utilisateurs des bienfaits de la modernité. Il y a surement quelques avantages intéressants à être autochtones, attendu le nombre de personnes qui aimeraient se qualifier pour la carte d'Indiens. Et combien d'entre eux ont le vif désir de vivre selon les méthodes ancestrales?

A-t-on les ressources fauniques et financières afin d'atteindre les objectifs de chaque peuple?

Je souhaite sincèrement à nos deux peuples de s'entendre et de vivre en harmonie en se créant un projet d'avenir commun.

Je souhaite que les gouvernements fédéral et provincial ainsi que les leaders des Premières Nations négocient de bonne foi et en arrive à une entente qui mettra un terme à une situation inconfortable qui a suffisamment perduré. Je souhaite également qu'aucun de nos peuples ne soit perdant ni gagnant. J'espère un résultat gagnant/gagnant.

Et comme nous sommes tous concernés, j'exige de la transparence.

Sylvain Côté

Alma

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