Merci Leonard Cohen

Leonard Cohen en concert au Colisée de Québec... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Leonard Cohen en concert au Colisée de Québec le 2 décembre 2012.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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Le Quotidien

Leonard Cohen nous a quittés. Ce poète magnifique a su gagner le coeur de millions d'auditeurs. Il existe entre autres plus de 200 versions de sa chanson Hallelujah. Déjà en 1956 , dans son premier recueil de poèmes Let Us Compare Mythologies, il déclarait : «I heard of a man, who says words so beautilly, that if he only speak their name, women give themsleves to him».

Et cet homme qui disait les mots de façon si parfaite, c'était lui. Il a écrit deux romans formidables : Les Perdants magnifiques qui relate de façon étonnante l'histoire de Katerine Tekakwita, la première sainte autochtone de l'Amérique du Nord et The Favorite Game qui raconte les tourments de la minorité juive dans un Québec,lui aussi minoritaire, qui essaie de prendre sa place dans un Canada souvent intransigeant. Ce point de vue est unique tant dans la littérature canadienne que québécoise. Il faut lire ce livre qui expose l'effervescence du Québec des années cinquante et soixante.

Il a débuté sa carrière musicale à 33 ans en 1967 avec Songs of Leonard Cohen et le coup de foudre a atteint la planète entière. Tout le monde est séduit par cette voix grave qui rejoint l'intériorité de chaque auditeur. Il réussit à fusionner des thèmes souvent opposés : la magie et Dieu, la déprime et l'amour enflammé, la religion et le sexe ainsi que l'intériorité morbide et l'espoir d'une société parfaite. Tout au long de sa carrière, il exploitera et approfondira ces thèmes sous de nouveaux aspects toujours uniques.

Dans Famous blue raincoat, il décrit un triangle amoureux avec une telle lucidité sans oublier un défaitisme tellement touchant. Dans Teachers, il confesse un désir intense de tendresse dans un contexte hospitalier. Chaque chanson de ses 14 disques originaux possède cette touche particulière qui donne le goût de l'écouter de nouveau en y découvrant toujours de nouvelles subtilités. En quelques mots et quelques accords, le poète-chanteur atteint toujours la pureté.

Et Leonard Cohen nous a quittés.

Sa mélancolie envahit mon esprit. J'écoute ses chansons et le coeur saigne en harmonie avec sa voix. Son jeu de guitare exemplaire et peu souvent reconnu berce les sentiments. Sa variété musicale allant du folk, de la musique électronique, d'arrangements symphoniques du «music-all» et même de la «dance» mérite tous les honneurs. Je relis plusieurs fois la dernière phrase du roman The Favorite Game : «Alors on s'en allait, et il restait des empreintes blanches de fleurs, dont nos pas étaient des tiges» . Il laisse dans nos quotidiens cette empreinte blanche.

Merci Leonard Cohen,

Alain Dassylva, ex-critique musical et ex-professeur au cégep, Saguenay

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