Heureusement, nous avons eu un garçon!

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Le Quotidien

Je me suis surpris à dire cette phrase à ma copine la semaine dernière. Chaque fois que mon fils quitte la maison pour une fête avec ses amis, une petite angoisse me chicotte; je pense à l'alcool, la drogue, les bravades stupides et je me dis pourvu que rien ne lui arrive. Pour dire la vérité, je crois que je serais moins permissif si j'avais une fille, allez savoir pourquoi j'ai l'impression que dans ces fêtes d'adolescents, les jeunes filles sont moins en sécurité que les garçons. C'est dire que même dans l'inquiétude, il y a des doubles standards.

Or, ces doubles standards sont l'un des visages de ce qu'on appelle la culture du viol, phénomène qui nous laisse croire que pour être en sécurité, les femmes doivent être plus vigilantes que les hommes et que lorsqu'elles sont agressées, elles ont une part de responsabilité. En ce sens, le mouvement féministe tente depuis plus de 40 ans de défaire les mythes sur le consentement sexuel et sur les violences faites aux femmes.

Il faut croire que dans notre région, il y a encore beaucoup d'éducation et de sensibilisation à faire. Ici, je pense bien entendu aux propos inacceptables de Serge Simard qui, en guise de compassion, a eu le réflexe de la partisanerie politique. Accabler une victime pour défendre un collègue, c'est indigne de la fonction de parlementaire.

Mais pire encore furent les propos de Russel-Aurore Bouchard qui dans une radio locale affirmait candidement que le féminisme aujourd'hui est comparable à l'islamisme et au nazisme. Comme le ridicule ne tue pas, pourquoi ne pas faire un amalgame entre la lutte pour l'égalité des sexes, la suprématie de la race et la chasse au mécréant? Russel-Aurore justifie sa comparaison vaseuse en évoquant le soutien des féministes au registre des armes à feu. Eh bien, je ne savais pas que l'enregistrement des armes était un débat de société comparable à l'équité entre les femmes et les hommes.

À vous les détracteurs du mouvement féministe, si l'envie de victimisation vous vient, vous pouvez toujours consulter les indicateurs socioéconomiques. Vous y verrez que les femmes sont encore sur-représentée dans les indices de pauvreté, que la disparité des revenus existe toujours et que ce sont elles qui sont majoritairement victimes de violence sexuelle.

Vous allez voir quand on se compare, on se console.

Mario Simard, chargé de cours à l'UQAC

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