Les régions, aussi l'affaire des grands centres!

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Le Quotidien

Je remarque, depuis quelque temps, un discours politique plus affirmé en faveur des régions. Heureux qu'il en soit ainsi. Cependant, j'anticipe déjà que le combat sera ardu, simplement parce que les pouvoirs politique et financier des grands milieux urbains du Québec, non seulement ne se sentent pas concernés par la démarche, mais ils ignorent totalement le bénéfice qu'ils ont retiré des régions, décennie après décennie.

Pourtant, pour peu que les régions renouent avec le progrès, ils continueront sans cesse d'en tirer profit. Mais ce phénomène économique, étonnement, ces grands centres semblent malheureusement l'ignorer. Peut-être parce que trop longtemps et trop souvent avons-nous dit « quand Montréal va, tout le Québec va » et que cette maxime est devenue une vérité dans leur esprit. Or, je maintiens que, un pôle économique étant attractif par définition, la réalité est plutôt l'inverse et je m'explique.

Au fil du temps, la croissance démographique des pôles urbains s'est faite en majeure partie à même leur périphérie. Le développement des emplois professionnels de haut niveau qu'on retrouve aujourd'hui dans les grands milieux fut possible par l'effet centralisateur des services et du pouvoir. Encore là, ce fut aux dépens des périmètres régionaux. L'affluence de capitaux neufs qui rebondissent dans les grands centres trouve d'abord, ou du moins souvent, sa source dans le circuit orbital, c'est-à-dire les régions. La forte croissance démographique des régions des années 50 et 60, conjuguée à l'apport de capitaux étrangers en région pour le développement de leurs ressources à la même époque ou avant, a subséquemment été polarisée par les centres urbains. Si cette vitalité naturelle des régions était réelle encore aujourd'hui, je dirais aux dirigeants des grands centres : ne vous inquiétez pas pour votre propre avenir, les régions vont continuer de vous alimenter. Or, l'économie de marché et l'évolution démographique ne sont plus ce qu'elles étaient. 

Ce que je veux illustrer par mon propos, et dont je pourrais étayer par de multiples exemples, c'est d'abord le fait que la prospérité des milieux urbains québécois est tributaire dans son essentiel de celle des régions. Et se préoccuper du sort des régions, c'est en même temps se préoccuper du sort éventuel des grands centres. C'est agripper les problèmes économiques en amont. Ainsi, si le pouvoir politique actuel désire atteindre son objectif de donner un élan réel et permanent aux régions, il doit, bien a priori, faire reconnaitre par les dirigeants politiques des grands marchés comme Montréal et Québec que les difficultés des régions sont aussi les leurs, au même niveau, et qu'à ce titre, ils doivent exprimer ouvertement la même préoccupation. Car souhaitons qu'ils réalisent, plus tôt que tard, que lorsqu'on aura épuisé la capacité des régions à constamment se réinventer pour toujours être le bassin versant en talents, en ressources et en capitaux des grands centres, ces derniers verront alors leur propre prospérité péricliter. Je place donc cette prise de conscience par les grands centres au premier rang des facteurs de succès dans la démarche politique. Sinon, dans deux ans, trois ans, quatre ans, etc., on redira encore la même chose et on en sera encore au rang des intentions et des voeux. Par la suite, on se questionnera alors pourquoi les grands centres québécois sont-ils maintenant aux prises avec la stagnation économique, sinon pire.

Martin Bergeron

Hébertville 

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