Une proposition qui répugne

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Le Quotidien

OPINION / La proposition des évêques de l'Ouest canadien d'inviter leurs prêtres à refuser les funérailles religieuses à une personne ayant demandé l'aide à mourir révèle un manque d'empathie et une volonté d'exclusion qui étonne. La position de ces nostalgiques du passé révèle ce qui divise les Églises. D'un côté, des intégristes englués dans des principes figés qu'ils refusent d'adapter à une vie en évolution constante, des fondamentalistes qui estiment posséder la vérité et veulent l'imposer.

De l'autre, les personnes proches de l'évangile qui, à l'instar du Christ, sont dans l'accueil, la compassion, le support, le respect de la liberté individuelle. Il faut se réjouir de la réponse des évêques de Montréal et de Québec qui se positionnent avec le pape François: qui suis-je pour juger?

Il m'est impossible, malgré ma meilleure volonté, de comprendre l'acharnement des personnes qui s'opposent sans nuance à l'aide médicale à mourir. Je comprends d'autant moins, que leurs objections ont été entendues: cette loi n'est imposée à personne, des moyens sont pris pour éviter les abus, des conditions sont en place pour une demande libre et éclairée.

Les opposants à cette loi pleine d'humanité proposent, comme l'écrit Mgr Blanchet, «d'accueillir la mort et d'admirer, plutôt que de saisir pour exploiter et contrôler». Pour eux, seule la première option est bonne, l'autre est mauvaise, et ils préconisent les soins palliatifs. Savent-ils que ces soins, si désirables et si efficaces soient-ils, ont aussi leur limite? On connaît tous des personnes courageuses qui, malgré l'aide bienveillante reçue, n'arrivent plus à voir du positif dans leur souffrance et dans leur vie. On sait que la pharmacologie est souvent impuissante à apaiser les souffrances physiques ou psychiques sans faire tomber dans l'inconscience. Quand des souffrances mobilisent toutes les énergies et font sombrer dans le désespoir, ou qu'une personne entre dans une vie végétative, sous l'effet de puissants opiacés, peut-on encore les inviter à accueillir la mort et à admirer?

Il ne peut y avoir d'attitude plus chrétienne que celle de la personne qui dit: voilà! j'ai fait le tour de mon jardin, j'en fais le deuil. J'ai fait de mon mieux, j'ai donné ce qu'il m'était possible de donner, reçu ce que j'étais capable de recevoir. J'ai usé des ressources de la technologie médicale pour prolonger ma vie, elles se disent impuissantes à apaiser mes souffrances sans me faire perdre ma lucidité. Ma mort est prévisible dans les prochains jours, mes proches sont épuisés, les soignants en ont plein le dos, je veux prendre soin d'eux. Je pars pleinement conscient, en acceptant que ce soit fini et en affrontant les yeux ouverts l'inconnu mystérieux qui m'attend. Cette façon de vivre et de mourir m'élève dans ma spiritualité chrétienne, beaucoup plus qu'une prise de position qui me semble bien peu humaine.

Le Christ a fustigé les pharisiens qui faisaient porter aux autres des fardeaux qu'ils ne pouvaient porter eux-mêmes. Ce maître puissant invite à s'élever dans la conscience, dans l'autonomie, dans la liberté. À rester en tout temps en communion avec le visible autant que l'invisible. C'est en suivant ce modèle que je veux vivre et mourir. En choisissant de faire confiance à la miséricorde de Dieu, plutôt que de me soumettre à des positions peu compatissantes.

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau

Préserver la compétitivité

Le CPQ (Conseil du patronat du Québec) joint sa voix à celle du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) pour interpeller les gouvernements du Québec et du Canada afin qu'ils se penchent rapidement sur les pertes de recettes fiscales provoquées par la montée du commerce en ligne.

Les ventes en ligne constituent un phénomène en croissance attribuable au développement accéléré de l'économie numérique. Il s'agit d'une évolution technologique importante à laquelle on assiste, qui dicte une nouvelle expérience du commerce de détail, adoptée particulièrement par les générations montantes. Cependant, les failles existantes dans le régime fiscal actuel, tant québécois que canadien, produisent une iniquité et une concurrence déloyale avec les détaillants québécois, qui se trouvent désavantagés par rapport aux entreprises étrangères. 

En fait, le prix des biens et des services qu'elles vendent, en raison des taxes à la consommation, est supérieur d'au moins 15% à celui des firmes étrangères.

Ces dernières n'ont pas d'actifs ou d'employés au Canada et vendent des produits aux consommateurs canadiens sans être tenues, selon les règles fiscales actuelles, de percevoir la taxe sur les produits et services/taxe de vente harmonisée ni de la verser aux gouvernements fédéral et provinciaux. Avec le commerce en ligne en croissance soutenue, ce phénomène ira en s'accentuant.

Yves-Thomas Dorval

Président-directeur général du CPQ

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