Le respect des valeurs collectives

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Le Quotidien

OPINION / Lettre d'opinion adressée au professeur titulaire de l'UQAC, Daniel Gagnon.

Pour mettre fin à l'ambiguïté volontaire ou non dans laquelle baignent vos propos, il me semble primordial de clarifier certains des points que vous soulevez dans votre réplique aux propos que j'ai tenus, samedi dernier, lors de l'assemblée générale du SDEG CSD.

Tout d'abord, vous ne semblez pas complètement maîtriser la différence qui existe entre une centrale et un syndicat, c'est du moins ce qui se dégage de la lecture de votre texte. Alors, mettons les points sur les «i». J'espère ne rien vous apprendre en vous disant que la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) est une des quatre centrales syndicales que compte le Québec. Elle regroupe quelque 300 associations et syndicats affiliés, dont le Syndicat démocratique des employés de garage du Saguenay-Lac-Saint-Jean (SDEG CSD), une entité distincte et autonome.

Concernant ce que vous appelez la «paie de grève», les règlements de la CSD prévoient le versement d'une indemnité de soutien à la solidarité aux membres des syndicats affiliés qui font face à un conflit de travail, grève ou lock-out. La CSD est l'une des organisations syndicales à verser une telle indemnité et elle le fait depuis sa fondation chaque fois qu'un de ses syndicats affiliés lutte pour la défense des droits des membres qu'il représente, pour l'amélioration de leurs conditions de travail et de vie.

La CSD a donc versé aux membres du SDEG CSD une indemnité hebdomadaire de 225$, qui n'a pas à être remboursée et qui se compare à celle octroyée par d'autres centrales. Au nom des valeurs de solidarité et d'entraide qui sont siennes, la CSD a apporté aux membres du SDEG CSD une contribution financière non remboursable totalisant quelque dix millions de dollars. Ce montant exclut tout autre déboursé effectué par la CSD au soutien de cette lutte.

Quant au SDEG CSD, ses membres, réunis en assemblée générale, ont décidé de se verser une aide financière additionnelle de 175$ par semaine. Il s'agit du choix d'un syndicat autonome. Les membres savaient que le conflit terminé, ils auraient à rembourser les montants reçus de leur syndicat. Comme observateur éclairé des relations du travail, vous avez dû voir que tout au long du conflit, la question a été abordée à plusieurs reprises sur la place publique, dans les journaux, rien ne s'est fait en catimini.

Mais ce que les membres du SDEG CSD ne savaient pas, c'est que l'employeur ne rappellerait au travail que le tiers d'entre eux. Parmi les autres salariés qui ne sont toujours pas rappelés, une bonne partie se retrouve victime de l'entêtement de certains employeurs, qui refusent d'accepter le renouvellement de la convention collective de travail, furieux de ne pas avoir obtenu les reculs qu'ils espéraient.

Comme la plupart des gérants d'estrade, vous parlez abondamment de stratégie de négociation, mais pour ces femmes et ces hommes, il s'agissait, avant tout, de principes, de pouvoir continuer à travailler debout dans la dignité et le respect. Ce que leur employeur leur refusait.

Tout ce pour quoi ils s'étaient battus au cours des dernières décennies aurait été balayé du revers de la main. Ils ne l'ont simplement pas accepté. À plusieurs reprises, lors de la tenue d'assemblées générales, ils ont pu s'exprimer en toute liberté et c'est collectivement qu'ils ont décidé de poursuivre le combat en toute connaissance de cause. À la lecture de vos propos, il aurait donc été préférable qu'ils abandonnent la lutte et acceptent des reculs ignobles. Ils auraient donc dû évaluer la situation en fonction du seul facteur économique, mais en agissant ainsi, ils couraient le risque que négociation après négociation, les employeurs exigent d'eux des concessions de plus en plus importantes.

Maintenant que le conflit est terminé, rien ne vous permet aujourd'hui d'affirmer que l'intérêt des membres du SDEG CSD a été oublié. Insinuer que le syndicat a manqué à sa responsabilité de défendre «les intérêts économiques, sociaux et moraux» de ses membres trahit votre ignorance des enjeux de ce lock-out. C'est aussi fouler aux pieds le courage et la détermination des salariées et des salariés, c'est nier l'appui inconditionnel que la CSD leur a apporté et leur apporte encore comme la solidarité exceptionnelle qu'a générée le lock-out au sein de tout le mouvement syndical québécois.

Résister était la seule option possible, c'est ce que les membres du SDEG ont voulu et la centrale ainsi que leur syndicat leur ont donné les moyens de le faire.

Serge Tremblay, trésorier

Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

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