Un territoire balafré

D'une superficie de 200 hectares, le site de... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay)

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D'une superficie de 200 hectares, le site de disposition de résidus de bauxite aura atteint sa pleine capacité, en 2022.

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Le Quotidien

OPINIONS / Le DD, ou développement durable, dont parlent nos brillants environnementalistes... Mettez vos lunettes, messieurs, pour voir ce qui se passe dans votre cour.

Un dépotoir de matières toxiques qui va, avec le temps, altérer la nappe phréatique d'une ville, d'une rivière.

Un dépotoir, maquillé avec des graminées (du foin) et là où il sera impossible d'y faire pousser un arbre à cause des matières non organiques qui vont s'y trouver. Voir celui de Laterrière vendu à l'Alcan au début des années 80, avec promesse non tenue de le reconstituer, et celui, plus grand encore, près du quartier Dubose à Arvida qui va, si l'on se fie à Laterrière, balafrer pour de bon, en plein visage, la ville la plus importante d'une non moins importante région du Québec.

Ces matières toxiques vont rendre blèmes et désertiques, avec le temps, quatre des plus naturels quartiers de Saguenay.

Des «citoyens d'abord» qui auront eu le malheur d'avoir été le voisin du «citoyen Rio Tinto d'abord».

Rio Tinto a besoin d'une «acceptabilité sociale». Terme nouveau, jamais entendu d'aucune compagnie, encore moins de l'Alcan, installée depuis presque 100 ans dans la région.

Depuis quand une compagnie a-t-elle besoin de l'acceptabilité sociale? Depuis quand?

Donnez-moi des exemples si cela existe ou a existé?

Quand une compagnie s'installe dans une localité, une région, c'est parce qu'elle y trouve son compte. Elle n'est fidèle à cette région que par ce que ça lui rapporte.

Car si Rio Tinto trouve, ou trouvait encore son compte dans la région, l'effort pour la retenir, ou comme elle appelle «l'acceptabilité sociale», ne devrait pas dépendre uniquement de quatre quartiers, 6200 résidences, des plus modestes par surcroît. Cet effort viendrait de toute la région, du Bas-Saguenay jusqu'au Lac-Saint-Jean. Effort qui consisterait à offrir des alternatives au dépotoir prévu en plein coeur de Saguenay.

Utopique comme solution. Car de solution ici, il n'y en a pas.

Là d'où je viens, il n'y avait pas d'usine, de compagnies sur qui on pouvait se fier, une fois adultes, pour y être engagé et vivre avec un revenu enviable et une retraite assurée.

À 12, 13, 14 ans, si l'on voulait s'assurer d'un avenir moyennement décent, nos parents nous mettaient sur l'autobus, le train, pour aller apprendre un métier, une profession dans une école, une institution. Nous ne dépendions pas d'une compagnie. Il n'y en avait pas.

Ici, à Saguenay, depuis plus de 40 ans, existent deux cégeps et une université, à cinq minutes de chaque maison.

Je lisais le 31 août 2016 qu'on doit importer, par centaines, des étudiants étrangers pour combler les places laissées vides par notre population à l'UQAC.

C'est ce que j'appelle l'effet pervers de la proximité d'une usine, d'une compagnie qu'on prend pour une voisine aimante qui ne voit d'abord que ton bien comme citoyen, comme cité et dont tu dépends.

Car 750 cerveaux bien formés, c'est plus que les quelque 300, 400 emplois que «garantit» Rio Tinto. Qui va profiter de ces cerveaux? Ce n'est pas le monde allumé qui manque dans cette région.

Faisons notre propre conclusion.

Pauline Germain

Chicoutimi

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