Un Canada uni sans la monarchie

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Le Quotidien

Le Canada et l'Angleterre s'intégreraient parfaitement dans la communauté internationale sans la monarchie !

Ce n'est pas par hasard que la grande majorité des nations sont des républiques. C'est le résultat d'une longue marche dans l'inconnu, de tribulations et de sacrifices endurés par l'humanité.

Le premier bénéfice majeur pour le Canada sera le fort dégonflage du mouvement séparatiste québécois, car après un abandon de la monarchie, tout le monde à travers le pays prêtera serment exclusivement à la nation canadienne. Nous prêterons serment d'allégeance les uns envers les autres et cela éveillera un sentiment d'engagement, de responsabilité et d'appartenance en chacun de nous.

Mettons de côté, le temps de lire cet article, les nations autochtones installées sur ce continent depuis des lustres et examinons le fait que les Français sont venus ici avant les Anglais. Ils ont par la suite perdu la guerre coloniale au profit de l'Angleterre et cette dernière a unilatéralement déclaré sa souveraineté sur la totalité du territoire et y a imposé son régime monarchique. Les guerres s'apparentent aux sports dans lesquels parfois on gagne, et parfois on perd. Prêter le serment d'allégeance au monarque anglais ne fait pas vraiment ressortir le meilleur de nos Canadiens français ; cela ne fait que perpétuer le sentiment d'une perte passée.

La France est une grande puissance mondiale, et, grâce à la Révolution de 1789, a aboli la monarchie et le parasitisme qui l'accompagnait, et mit fin à l'Ancien Régime (ancien système). La France est alors devenue une source d'inspiration pour le reste du monde. Alors, qu'est-ce que cela signifie pour un « citoyen français libre » de faire toute une route pour venir au Canada, de commencer une nouvelle vie et de se retrouver étiqueté « sujet » du monarque anglais ? Qui peut décider comment nos Canadiens français devraient se sentir à l'idée de prêter serment d'allégeance à la monarchie anglaise ?

Comme l'histoire de l'humanité l'a montré, la monarchie n'a jamais été un système qui s'exportait. Preuve en est que les monarchies s'effondrent les unes après les autres et, fort heureusement, il est impossible de convaincre une république de se « monarchiser ».

Qu'attendons-nous ici au Canada ? Attendons-nous que les Anglais sortent de leur coma pour se débarrasser de leur monarchie pour nous décider enfin à devenir une république ? La monarchie a toujours marché pour les politiciens canadiens. Tous les premiers ministres ont cherché à occuper la fonction suprême, mais ne se sont retrouvés que premiers ministres, en charge de la routine quotidienne de la fonction, et pour, in fine, toucher leurs gros chèques de retraite !

Saluons l'Australie pour s'être dirigée vers un système républicain. Son ancienne Première ministre, Julia Gillard, a eu le courage de faire du républicanisme son programme de campagne qui visait à abolir la monarchie en Australie. De fait, quand la Reine s'est rendue en Australie, Mme Gillard a eu le courage de ses convictions et a livré son message partisan avec grâce et grandeur tout en refusant de faire la révérence royale. Quel moment inoubliable pour une nation qui va vers la république ! Malheureusement, une clique politicienne malavisée et sexiste a fait tout son possible pour la faire échouer, mais ils ne peuvent pas empêcher l'Australie d'avancer.

Le Canada anglais est convaincu que le mouvement séparatiste s'évaporera de lui-même alors que la monarchie est fermement en place, mais les faits indiquent que ce mouvement est bien réel et qu'il ne reflue que de temps à autre. Depuis que René Lévesque, le fondateur du parti séparatiste (appelé le Parti québécois) et premier chef de gouvernement du Québec provenant de ce parti, a démissionné de la vie politique fin 1985 (premier ministre du 25 novembre 1976 au 3 octobre 1985), il y a eu cinq premiers ministres du Parti québécois au Québec et il y en aura sûrement d'autres à l'avenir.

Cela nous amène à la conclusion logique qu'il faut qu'un grand chef charismatique francophone prenne le pouvoir et sorte les monarchistes afin de donner à la majorité des électeurs, sinon à la totalité, assez de motivation pour dire oui à la « souveraineté » ! Les tristes conséquences de la séparation du Québec sont son coût exorbitant et insupportable pour les Canadiens, et pire, le fait que les États-Unis profiteront de l'éclatement du Canada pour consolider leur domination.

Le temps passe très vite et nous devons agir de manière décisive. Il faut arrêter une fois pour toutes de pointer faussement et complaisamment du doigt nos amis québécois. Nous devons plutôt ouvrir nos yeux et unir nos efforts pour éliminer la cause réelle de nos maux : la monarchie et ses effets diviseurs sur les Canadiens.

Jeffrey J. Cunningham

Vancouver, Colombie-Britannique

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