Que dirait René Lévesque à Alexandre Cloutier? 

Alexandre Cloutier... (Archives La Presse, Martin Chamberland)

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Alexandre Cloutier

Archives La Presse, Martin Chamberland

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Le Quotidien

OPINIONS / J'ai eu l'occasion de rencontrer M. Cloutier lors du tournoi de golf Rêve d'enfantqui se déroulait sous un superbe soleil, au magnifique Club de golf de Chicoutimi, qui, je le rappelle, existe depuis 61 ans et qui conserve toujours sa cote de popularité auprès des amateurs de golf tant par son attrait, son environnement, son parcours digne des attentes que par la courtoisie de son personnel.

Évidemment, le contexte ne convenait pas à des échanges politiques, mais je me demande ce que René Lévesque dirait au député d'Alma. À mon avis, M. Lévesque invoquerait que le temps est venu pour le Parti québécois d'instaurer une réforme du parti et que cette transformation passe par la jeunesse.

L'idée de souveraineté est encore bien présente dans l'esprit des militants du PQ, même si l'indépendance n'a pas de racine dans cette société distincte. Alors, je serais tenté de croire que le mouvement viendra d'ailleurs, sans doute d'une autre province et pourquoi pas de l'Ouest canadien.

Il est donc essentiel de revoir les fondements du parti en se projetant dans une nouvelle ère où le Québec sera écouté et compris sans condition. Il est important de souligner que ce n'est pas demain que le Québec optera pour cette alternative, et ce, dans un contexte où le peuple est divisé, où la population vieillit rapidement, où les partis sont nombreux et diluent le vote, dans un fédéralisme qui bat de l'aile.

Mais c'est un projet réalisable et qui un jour se concrétisera.

René Lévesque dirait sans prétention que rien n'a changé depuis le dernier référendum et que le Québec se compare a un orphelin, «en mémoire aux événements de la nuit des longs couteaux» où le Canada nous a rejeté en nous démontrant sans équivoque que nous n'avions plus notre place dans cette confédération qui, au départ, sous une fédération, ne comptait que quatre provinces: le Québec, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

Aujourd'hui, les ministres des autres provinces canadiennes ont signifié clairement qu'ils ne s'assoiront pas autour d'une table, afin que le Québec signe la Constitution canadienne et encore moins en discuter.

Au Québec, la nuit des longs couteaux est un terme utilisé en référence à la nuit du 4 novembre 1981, au moment où l'acte constitutionnel de 1982 a été accepté par le premier ministre du Canada , Pierre Elliott Trudeau, ainsi que neuf des dix premiers ministres provinciaux, à l'insu du premier ministre du Québec, René Lévesque, qui dormait à Hull. C'est une trahison et un complot inacceptable, disait René Lévesque.

Le Canada venait de nous démontrer l'énorme fossé qu'il creuse et qui nous sépare des autres provinces, dans un affront et une indifférence odieuse qui marquera notre peuple.

Même Robert Bourassa, lors d'une conférence de presse le 22 juin 1990 et après l'échec du Lac Meech, affirmait sans aucune hésitation: «quoiqu'on dise, quoiqu'on fasse, le Québec est aujourd'hui et pour toujours une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement.»

Alors dans ce contexte, nous devons saisir cette opportunité de se doter d'une nouvelle plateforme, de relancer la position du Québec dans la possibilité de créer une nation indépendante avec ses droits, ses richesses, son économie, sa croissance, etc.

Pour nous, l'enjeu est énorme. Je parle bien entendu de l'avenir des régions et de leurs rôles, en considérant leur peu de pouvoirs. Dans la région, 37 pour cent des habitants ont plus de 55 ans et l'exode des jeunes ne s'arrête pas.

M. Cloutier devra donc tenir compte de cette équation et travailler en fonction d'ajuster ses priorités pour ce groupe de personnes, sans en oublier les autres en stimulant cette économie par des programmes et des baisses au niveau fiscal. Non pas avec des promesses irréalisables, mais dans différents scénarios qui l'obligeront à revoir ses priorités avec des actions réelles et bien orchestrées.

René Lévesque dirait: voilà une chance pour nous, Québécoises et Québécois, de se faire valoir en élisant un jeune à la tête du parti, avec une orientation qui relancera cette base et l'option première du fondement de notre parti, tout en envisageant la possibilité que M. Cloutier puisse devenir un jour le premier ministre du Québec.

Il n'en tient qu'à nous d'y croire et d'arrêter d'avoir peur.

Denis Lefèbvre 

Saguenay

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