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Le Quotidien

Le dialogue de sourd entre la région et Rio Tinto est devenu flagrant depuis l'arrivée du nouveau dirigeant, Gervais Jacques, et depuis sa sortie remarquée. Beaucoup ont réagi au monologue du nouveau patron, qui dit ne pas comprendre que nous le l'aimions pas. L'amour n'est pas un sentiment qui s'impose sous la menace, devrait-il apprendre. Mais peut-on réellement espérer un dialogue alors que personne ne peut actuellement parler au nom des citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean? Poser la question, c'est y répondre en même temps.

Depuis la tragédie du Lac Saint-Jean, nous sommes en droit de douter de la volonté des différents gouvernements qui se sont succédés à Québec de défendre les intérêts des citoyens de la région. Depuis Gouin et Taschereau, notre territoire est laissé en pâturage à l'appétit insatiable des multinationales, friandes de nos ressources naturelles abondantes et ce, sans aucune contrepartie. À leur suite se sont signés des baux et des ententes secrètes sur l'utilisation des pouvoirs hydrauliques, sur la gestion du lac Saint-Jean et du lit de la rivière Saguenay. Ces ententes semblent avoir été rédigées de façon à ne protéger que l'intérêt de la grande entreprise, nous laissant en plan de plus d'une façon, presque sans droits, ni levier pour les faire respecter. Nous l'avons vu lors du lockout avec les travailleuses et les travailleurs de l'usine Alma en 2012, nous le voyons avec l'épineux dossier de la gestion des berges du lac Saint-Jean, nous pouvons le constater maintenant, au moment où notre région produit de l'aluminium plus que jamais, et que nos bons emplois, eux, sont réduits à peau de chagrin. « Libre marché », de rétorquer le premier ministre Couillard. Les autres partis ne disent pas mieux...

Mais, hélas, notre région n'est pas à une tragédie près. La perte de nos outils de concertation et de développement, imposée par ce même gouvernement Couillard au nom de l'austérité et d'une prétendue bonne gestion des finances publiques, constitue elle aussi une tragédie. Pas que la Conférence régionale des élus (CRÉ) était une organisation parfaite, loin de là - elle n'était plus que l'ombre de ce qu'a déjà été le Conseil régional de concertation et de développement (CRCD) - mais c'était déjà ça. Un forum où les régionaux pouvaient réfléchir, discuter et débattre des enjeux qui touchent notre région. Nous avons perdu cela, nous nous en trouvons démunis, au moment où on en aurait besoin. On aurait besoin d'une voix régionale, d'un interlocuteur commun pour répondre au monologue de Rio Tinto, pour amener au dialogue, avec l'entreprise, avec le gouvernement, avec la population régionale, pour trouver ensemble les solutions et les chemins de notre avenir. On reconnait les tragédies de par le vide qu'elles laissent dans leur sillage. Nous avons été dépouillés de nos pouvoirs électriques et de notre grand lac en 1926. Nous avons été dépouillés du peu de pouvoir politique que nous avions en 2014. Que nous reste-t-il?

Et bien il nous reste notre intelligence collective, notre détermination et notre volonté de construire ensemble notre avenir ici. Je salue la tenue du forum sur le contrat social de l'aluminium organisé par l'équipe de Marc-Urbain Proulx aujourd'hui. Je souhaite que nous soyons nombreuses et nombreux à y prendre part et à contribuer à cette démarche d'empowerment régional. Nous sommes préoccupés par le fait que ce qu'on appelle la vallée de l'aluminium ne devienne le désert de l'aluminium...

Éric Dubois

Citoyen de Saguenay

Plan stratégique

En réponse à l'article de M. Rosaire Gagnon de Saint-Ambroise,

Je ne sais trop où vous prenez vos informations, mais une chose est sûre, c'est que vous ne suivez pas les activités politiques de la ville de Saguenay depuis longtemps. Sinon, vous seriez certainement au courant que l'ERD s'oppose à tout ce qui se décide à l'hôtel de ville rien que pour s'opposer et acquérir de la visibilité. Le dossier dont vous faites état concerne un prêt de 4,2 M$ remboursable en grande partie par les deux autres paliers de gouvernement. Ce montant sert à ajouter des éléments essentiels afin que le quai d'escales des bateaux de croisières s'inscrive dans le plan stratégique proposé par Québec et Ottawa pour attirer au Québec un plus grand nombre de croisiéristes.

Montréal et la ville de Québec ont déjà adhéré à ce plan en allouant des montants, respectivement 83 M $ et de 60 M $, en grande partie subventionnés.En demandant aux citoyens de s'opposer à cette démarche, souvent par téléphone sans expliquer les véritables enjeux, l'ERD reportait de plusieurs années les retombées essentielles à la région de ce nouveau moteur économique. En plus, la démarche de l'opposition, représentée uniquement que par deux conseillères, dont l'une ne se présentera pas aux prochaines élections, se déroulait alors que Saguenay accueillait le premier ministre du Canada. Faut-il rappeler que les paliers de gouvernements supérieurs ont souvent justifié les refus d'appui financier aux projets de la région, en raison de la discorde qui les entourait.En plus, les décisions souvent spontanées et irréfléchies comme celles mises de l'avant par l'ERD auraient mené à un référendum ayant fait gaspiller 1,2 M$ aux contribuables de Saguenay. Je crois qu'il était de mon devoir, en tant que maire suppléant, d'expliquer aux citoyens les véritables enjeux de cette démarche politique de l'opposition. En démocratie, M. Gagnon, la majorité aussi a le droit de s'exprimer. La population a refusé de se laisser berner et Saguenay poursuit sa progression vers un avenir meilleur. 

Luc Blackburn,

Maire suppléant, Ville de Saguenay

Conseiller district 16, Laterrière 

Membre du Parti des citoyens Saguenay (PCS)

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