Pendant que l'on joue au Pokémon

En juillet dernier, la glace tombée du ciel sur la région s'est rapidement... (Archives Le Soleil, Yan Doublet)

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Archives Le Soleil, Yan Doublet

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Le Quotidien

En juillet dernier, la glace tombée du ciel sur la région s'est rapidement transformée en cauchemar pour les uns, et en manne pour d'autres.

Certains sont même sortis de leurs vacances estivales pour aider leurs compatriotes, tout en faisant des affaires d'or. Des menuisiers, carrossiers, vitriers, paysagistes, remorqueurs, etc. Plusieurs ont saisi l'occasion pour dénicher de nouveaux contrats, comme l'a écrit une journaliste du Quotidien. Ce malheur des uns qui fait le bonheur des autres arrive à point nommé lorsque notre économie régionale est de plus en plus poussive en raison d'un contexte économique mondial qui ne cesse de se dégrader. C'est à croire que seule la reconstruction après sinistre, à l'instar des « travaux d'hiver » décrétés par le gouvernement fédéral à grands coups de milliards, est devenue la planche de salut pour maintenir l'économie de la région le nez hors de l'eau. 

Dans le même ordre d'idées, pour peu qu'on lise au moins un ouvrage sur l'histoire universelle, il y a lieu de penser que depuis que l'humain habite la Terre, les guerres - petites et grosses - ont émaillé son quotidien. Cela m'a rappelé une conférence prononcée par un économiste de la Banque mondiale, l'américain d'origine serbe, Branko Milanovic, sur la mondialisation et les inégalités sociales. Lors de cette conférence, l'économiste a dit que depuis 1988, l'augmentation des inégalités allait de pair avec la hausse de la richesse globale... Ah bon ! Mais qui alors s'enrichit ? Ce 1 % qui possède davantage que 99 % de la population mondiale, de répondre Oxfam. Et Milanovic d'ajouter qu'il y a un risque non négligeable que le degré d'inégalités atteint dans le monde débouche sur la guerre. Ma foi ! C'est déjà le cas, non ? Même le pape François l'affirme en prenant soin de dire que ce n'est pas une guerre de religion... Cela reste voir. Et si les guerres étaient justifiées pour rééquilibrer les choses ?

Par exemple, une Troisième Guerre mondiale aurait peut-être pour effet de sortir l'économie de la région de sa torpeur en faisant remonter le prix de l'aluminium. Selon l'économiste, le fait est que les guerres financées par les riches détruisent les richesses. Qu'il faut bien reconstruire pour se remettre à croître ! Cela réduirait de ce fait les inégalités, renforcerait la cohésion nationale et obligerait à une redistribution des revenus selon l'économiste.

De 1918 à 1980, affirme Milanovic, il y a eu une forte baisse des inégalités, liée aux deux Guerres mondiales. La période qui a suivi 1945 est unique dans l'histoire universelle, la richesse mondiale ayant crû considérablement dans les pays occidentaux (en Italie, par exemple, elle s'est multipliée par 5) et les inégalités ont diminué du tiers. Les luttes syndicales (n'en déplaise aux jeunes libéraux), l'accès généralisé à l'éducation et le tissage d'un réseau de sécurité sociale, entre autres mesures égalitaires, y sont bien sûr pour quelque chose.

Après la conférence, une question venue d'un journaliste fut posée ainsi : « Faudrait-il donc une autre Guerre mondiale pour inverser la tendance ? » Guerre et économie : sinistre amalgame devenu imparable dans des sociétés dites évoluées ? On dirait bien que ceux et celles qui décident sont en train de nous y entraîner pendant que l'on joue à Pokémon. 

Marcel Lapointe

Jonquière   

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