Charles Cantin populaire, mais...

Le criminaliste Charles Cantin se présentera comme conseiller... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le criminaliste Charles Cantin se présentera comme conseiller municipal à Jonquière lors du scrutin de novembre 2017.

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Le Quotidien

OPINION / Personne ne peut nier la popularité du criminaliste Charles Cantin, qui fait mentir le dicton «que le crime ne paie pas». Il a la cote chez les médias, autant pour ses qualités professionnelles que pour son amour du sport.

Même si elle a surpris son entourage immédiat ainsi que ses propres associés, l'annonce de sa candidature au poste de conseiller municipal de Saguenay était dans l'air depuis plusieurs années. La véritable surprise est qu'il s'affiche indépendant, prétextant qu'il pourra ainsi mieux servir la population.

Il ne croit pas aux partis politiques, soit, mais peut-il tout de même travailler en équipe? Lui qui est juriste doit savoir qu'avec tous les amendements apportés par la loi 83, qui touche notamment le financement des partis politiques municipaux, même ceux qui ne voyaient pas d'avantages à se réunir au sein d'un parti politique y sont désormais forcés. Tout comme sur la scène provinciale et fédérale, le parti qui aura la majorité au conseil de ville détiendra le pouvoir.

Même avant les changements proposés par la loi 83, le maire de Saguenay avait rallié la majorité des élus municipaux qui faisaient équipe, ce qui a permis à la ville de se développer tout en gardant la facture de taxe parmi les plus basses des dix grandes villes du Québec.

Demandez à l'ex-conseiller Réjean Laforest s'il aurait pu réaliser son centre de sport dans l'ancien Canadian Tire de Jonquière s'il n'avait pas eu l'appui de tous les conseillers réunis dans l'équipe du maire. Posez la question à la conseillère Sylvie Gaudreault si elle aurait pu investir 12 M$ pour une bibliothèque au centre-ville de Jonquière. À Bernard Noël pour le terrain de soccer à Arvida. À Claude Tremblay pour la revitalisation en profondeur du secteur Kénogami et du parc Price. À Jean-Yves Provencher et à Jacques Cleary pour les barrages hydroélectriques sur la rivière Chicoutimi. À l'ex-conseiller Marc-André Gagnon, à Luc Boivin et à Martine Gauthier, pour les bateaux de croisière à La Baie. À l'ex-conseiller Jean-Marie Beaulieu et à Luc Blackburn pour avoir fait de Laterrière un modèle en matière de services aux citoyens.

Oui, certains indépendants, comme Carl Dufour, ont acquis une notoriété par les investissements importants dans leur quartier, mais ceux-là, incluant Marc Petersen dans le secteur Nord de Chicoutimi, jouissaient alors de l'appui de l'équipe.

Après la prochaine campagne, ceux qui se retrouveront dans l'opposition pourront toujours chiquer la guenille, mais ce sera la majorité qui imposera ses décisions. C'est le prix à payer pour vivre en démocratie; Me Cantin apprendra, sans doute à ses dépens, comme on dit en langage juridique, que la popularité est une chose, mais que la politique en est une autre.

Richard Banford

Ex-chef de cabinet du maire Jean Tremblay

Pitbulls: que penser du groupe de travail?

Il allait de soi qu'un groupe de travail mandaté par le gouvernement Couillard allait tout faire en son possible pour ne pas recommander l'interdiction des pitbulls au Québec. Il était à prévoir qu'il se rendrait aux arguments de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, persuadé qu'on aurait tort de croire que tous les spécimens d'une race présentent les mêmes caractéristiques.

Pourtant, de tous les chiens dits dangereux, c'est bien le pitbull qui a fait le plus de victimes ces dernières années au Québec. 

Ainsi, selon un texte de La Presse canadienne, l'interdiction de posséder un pitbull ne figure pas sur la liste préliminaire des recommandations formulées par le comité chargé d'examiner la question. Ledit groupe de travail ira donc à l'encontre du scénario privilégié en juin par certains ministres du gouvernement, qui voulaient carrément éliminer les pitbulls.

Je constate que ce groupe de travail est incapable de décider de lui-même, préférant se ranger tout simplement du côté des vétérinaires. 

Évidemment, les vétérinaires n'ont aucun intérêt à ce qu'on élimine de la surface du territoire du Québec des molosses dangereux. [...]

Évidemment, aucun vétérinaire digne de ce nom n'oserait se prononcer en faveur de l'interdiction de chiens dangereux, qu'on parle ici de pitbulls ou d'autres molosses. Ce serait aller à l'encontre de leur profession ou encore de leurs intérêts personnels ou pécuniaires.

Alors, influencé par l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, le fameux groupe de travail proposera au gouvernement Couillard ses recommandations.

Et on fait un peu dans le compliqué - voire l'improbable - à en juger la liste préliminaire de ces recommandations. Parmi celles-ci, on peut lire: «mener une campagne de sensibilisation visant deux choses: prévenir les morsures de chiens dangereux et responsabiliser les propriétaires de ces chiens et mettre en place un processus de signalement des morsures, afin d'avoir des données fiables sur le nombre et la gravité des agressions commises.»

Ouf! On en a pour au moins 50 ans à faire dans la prévention et dans le signalement. [...]

Pendant ce temps, d'autres victimes humaines tomberont ou subiront des blessures majeures sous les mâchoires de chiens dangereux, surtout de pitbulls. Mais ce n'est pas si grave puisqu'au Québec, on fera dans le préventif et on réglera le problème au compte-goutte et surtout, en mettant en place des amendes encore plus salées, par exemple contre les propriétaires de pitbulls fautifs.

On continuera de vivre avec la présence de ces chiens et de leurs propriétaires souvent inconscients et irresponsables.

Mais on pourra se rassurer parce qu'il y aura des réglementations sévères mises en place. Et tant pis si elles ne sont pas respectées par plusieurs. Au moins, notre gouvernement aura agi et fait sa part, aidé par son fameux groupe de travail et influencé par les vétérinaires.

Puis, on continuera de lire dans les journaux qu'un enfant s'est fait dévisager par un pitbull ou qu'un Québécois s'est fait tuer à la suite d'une attaque de ce molosse.

Au moins, la présence des chiens dangereux au Québec sera plus encadrée. Quel grand avancement et quelle grande consolation!

Yvan Giguère

Saguenay

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